Une Nouvelle Ére pour Hurghada
Pour de nombreux plongeurs, Hurghada évoque parfois des images de surpopulation et de récifs abîmés. Pourtant, après trois décennies, Daniel Brinckmann a redécouvert cette destination sous un jour nouveau. Son retour était synonyme de promesses : rencontres avec des dauphins, exploration de récifs enchanteurs, découverte de tombants impressionnants, d’épaves historiques et de grands prédateurs marins. Sans oublier des sites idéaux pour la photographie macro, où l’absence de navires à l’horizon offre une expérience unique.

La Magie des Dauphins à Fanadir
Lors d’une plongée sur le tombant de Fanadir, les dauphins ont joué les vedettes, captivant l’attention de tous les plongeurs. Le « Monde du silence » était perturbé par leurs cliquetis et sifflements. Les grands dauphins, à la fois curieux et espiègles, observaient les plongeurs avant de s’élancer avec agilité dans les profondeurs. Un groupe de neuf dauphins, indifférents aux plongeurs, s’est approché à portée de bras, captivant les cœurs, tout comme on pourrait l’imaginer à Rangiroa ou Socorro.

Après cette rencontre, le site de Sha’ab el Erg s’est présenté comme un véritable tableau vivant. Des récifs colorés, propres et sains, s’étendent à perte de vue, grouillant de vie. Des lutjans rayés de jaune (Lutjanus kasmira) et des espèces typiques de la mer Rouge, comme les poissons-cochers (Heniochus intermedius) et les poissons-papillons jaunes masqués (Chaetodon semilarvatus), se mêlent aux coraux qui émergent au-dessus du sable.
Grâce à des actions menées par l’HEPCA (Hurghada Environmental Protection and Conservation Association – NDLR) et les initiatives écologiques, comme Green Fins, Hurghada a connu un renouveau majeur.

Une Pause Bienfaisante pour l’Écosystème Marin
« La crise économique et le coronavirus ont permis une pause bénéfique au monde sous-marin », souligne Isam, guide de plongée. En effet, depuis quelques années, les dauphins, autrefois plus présents dans le détroit de Suez, se montrent régulièrement au large d’Hurghada. Les retours de plongeurs, comme celui de Jane Godo, en témoignent : des rencontres fréquentes avec des dauphins, des requins de récifs et des raies aigles ne font que confirmer ce changement.

Cependant, des préjugés persistent quant à la qualité de la plongée. Doris Ehrlich, de « Lüne Dive » en Allemagne, note que beaucoup hésitent encore à explorer cette destination, la jugeant trop « stérile ». La réalité peut être pourtant bien différente, surtout en choisissant les bons centres de plongée.

Choisir le Bon Centre de Plongée
Avec une centaine de compagnies opérant à Hurghada, il est essentiel de faire le bon choix. Certaines entreprises privilégient des sites populaires au détriment de la qualité, alors que d’autres se concentrent sur des plongées de qualité, évitant ainsi les foules. Ces centres, souvent dirigés par des capitaines et guides expérimentés, connaissent parfaitement la région et savent naviguer hors des sentiers battus. Optez pour un petit centre spécialisé ou un grand opérateur disposant de plusieurs bateaux capables de s’adapter aux niveaux et envies de chaque plongeur.

En effectuant des plongées d’exploration ou des sorties à la dérive avec un semi-rigide, les plongeurs peuvent découvrir des lieux méconnus et préservés, loin des foules habituelles. À noter que 99 % des récifs entre El Gouna et Safaga restent inexplorés. Si des raies mantas se manifestaient à proximité de Carless Reef, peu de plongeurs en auraient connaissance.

L’Âge d’Or de la Plongée à Hurghada
Dans les années 1970, lorsque Hurghada a émergé comme destination phare de plongée, les rencontres avec d’importants prédateurs marins étaient quotidiennes. Les plongeurs du passé racontent des histoires fascinantes, comme celle des requins gris de récif qui exploraient les eaux près de l’île de Big Giftun. Bien que ces expériences ne soient plus la norme, des centres de plongée expérimentés savent encore où trouver ces géants des mers, comme au bord de Shaabruhr Umm Gamar.

Des Jardins Coralliens aux Épaves Emblématiques
Une mer agitée peut rebuter certains, mais elle a l’avantage d’éloigner les bateaux de jour. À l’est de Big Giftun, aucun bateau en vue, les profondeurs se dévoilent. Les jardins de coraux durs, riches et en bonne santé, sont à couper le souffle, offrant un spectacle de raies aigles, de thons et de barracudas, tous attirés par la vie marine dynamique.

En parallèle, le cimetière d’épaves d’Abu Nuhas, avec des épaves comme le Carnatic et le Giannis D, reste une attraction incontournable. Ces sites plongent les visiteurs dans l’histoire tout en offrant un abri à diverses espèces marines.

Trésors de la Macrofaune
Les eaux de Hurghada sont également connues pour leur grande diversité de sujets macro. Les plongeurs expérimentés savent que des trésors tels que les danseuses espagnoles (Hexabranchus sanguineus) et les nudibranches (Chromodoris quadricolor) peuvent être découverts près des côtes, notamment dans des zones moins fréquentées comme le lagon de Giftun et l’épave du MS Balena.

En somme, Hurghada, souvent négligée par certains plongeurs, revêt un charme indéniable à redécouvrir. Grâce à ses eaux riches en biodiversité, ses paysages sous-marins enchanteurs et ses centres de plongée de qualité, cette destination mérite votre attention. Que vous soyez un plongeur novice ou expérimenté, les profondeurs d’Hurghada vous offrent une aventure inoubliable !


Informations Pratiques
- Meilleure saison : Les mois d’octobre et novembre, lorsque les conditions météo sont favorables.
- Température de l’eau : Varie de 22°C en janvier à 30°C en été.
- Formalités d’entrée : Passeport valide de six mois après la date de retour, visa à l’aéroport (50 dollars).
- Accès : Vols directs depuis Marseille, Paris et Nice à certaines périodes.

Exploration Hors de l’Eau
Au nord-est de la ville, plusieurs oueds offrent d’excellentes possibilités de randonnée pour le dernier jour de voyage sans plongée. Le paysage et les couleurs changent tous les quarts d’heure. Les sommets sombres de près de mille mètres d’altitude sont remplacés par de petites dunes et des plaines poussiéreuses. Plus loin, un petit ruisseau surgit de nulle part, menant à l’oasis protégée de Malacha, avec ses forêts de roseaux denses, ses conifères, ses palmiers dattiers et ses nombreuses empreintes de pas de fennecs.

Si l’on préfère opter pour la ville, juste à côté de la « nouvelle » marina de style méditerranéen, se trouve Sekalla, le plus ancien quartier de cette ville de 200 000 habitants. À l’ombre de l’imposante mosquée Al Mina et de la halle aux poissons voisine, on fait griller des daurades sur des poêles à charbon comme il y a des décennies, tandis qu’à quelques minutes de marche, les vendeurs des marchés proposent des pigeons et des lapins, des épices et des montagnes de fruits d’une qualité à faire pâlir les supermarchés européens.

Cet article, initialement écrit par Daniel Brinckmann pour notre édition papier, a été adapté pour le web.
image d’ouverture © Daniel Brinckmann



