Curaçao… Un nom qui fait rêver, évoquant des soirées de détente, un cocktail à la main, accompagné de la célèbre liqueur bleue. Mais je ne vous parlerai pas des bars à cocktails. Je vous invite plutôt à découvrir l’île éponyme à travers une expérience inédite : plonger sur des épaves à bord d’un sous-marin !

L’idée d’une exploration sous-marine
Cette idée a été inspirée par un ami, Yves Omer, ancien membre de l’Équipe Cousteau. Après dix années passées aux côtés du célèbre explorateur, Yves s’est spécialisé dans le pilotage et la conception de sous-marins. En discutant de mes passions pour les épaves, il m’a donné envie de les explorer via un submersible. Après des recherches pour trouver une société qui propose ce type d’excursions, je me suis heurté à quelques obstacles en France. Bien qu’un arrêté de 2017 ait permis aux sous-marins privés de naviguer en Méditerranée, les conditions restent strictes, et aucun opérateur n’a encore tenté le coup.

J’ai donc élargi mes horizons et découvert Substation, une société basée à Curaçao, qui propose ce genre d’aventure. Elle utilise un mini-submersible pour des études scientifiques, mais également pour des sorties privées lorsque leur planning le permet.
À la découverte de Curaçao
Substation est située sur l’île de Curaçao, au large du Venezuela et faisant partie des Petites Antilles. L’île est entourée par Aruba et Bonaire, regroupées sous le terme des « îles ABC ». État autonome du royaume des Pays-Bas, Curaçao attire principalement des touristes néerlandais, bien que l’anglais soit aussi couramment parlé.

Mon voyage a eu lieu en août, en compagnie de ma fille Clotilde, plongeuse passionnée elle aussi. Après un long trajet de 16 heures, nous avons été accueillis par une chaleur écrasante et 80 % d’humidité. Le lendemain matin, nous avons rencontré Jordy, le responsable de Substation, qui nous a chaleureusement accueillis et fait visiter les locaux, nous présentant le sous-marin « Curasub ».
Le Curasub : Un bijou technologique
Le Curasub, fabriqué par Nuytco Research à Vancouver, mesure 4 mètres de long, 1,80 mètre de large et 2 mètres de haut. Bien que conçu pour accueillir quatre passagers, nous étions seulement trois ce jour-là, ce qui a rendu notre expérience beaucoup plus confortable.

Le submersible est propulsé par six moteurs électriques, lui permettant de naviguer dans toutes les directions avec une vitesse maximale de 4 nœuds et une autonomie de 8 heures. Les plongées durent généralement jusqu’à 3 heures, ce qui laisse une belle marge de sécurité. Une batterie secondaire garantit la communication et le bon fonctionnement de l’épurateur de CO₂. Pour la vision, un grand dôme en acrylique et des éclairages extérieurs améliorent la visibilité.
Briefing avant la plongée
Avant d’embarquer, Tico, notre pilote, a effectué un briefing complet. Avec plus de dix ans d’expérience sur ce sous-marin, il nous a expliqué le parcours et les profondeurs que nous allions atteindre, ainsi que les procédures de sécurité. Un élément amusant de cette préparation était la « bien nommée expérience du gobelet », où nous avons décoré des gobelets en polystyrène qui, une fois immergés, ont rétréci à cause de la pression.

À bord du Curasub
L’excitation montait alors que nous montions à bord de ce petit sous-marin orange. Les conditions maritimes étaient idéales, et nous avons pris place par un étroit sas d’accès. Tico a vérifié les instruments, et dans un soupçon de nervosité, nous avons commencé à plonger.

La magie sous-marine
À mesure que nous descendions, j’avais l’impression de devenir le Capitaine Némo d’un nouveau monde. Tico commentait tout ce que nous voyions sous l’eau. Une rascasse volante, petite et colorée, a attiré notre attention. Grâce à la forme du dôme, nous avons découvert que les objets nous apparaissaient plus petits d’environ 30 %. La clarté de la vision à 80 mètres de profondeur m’a surpris, tout comme la température de l’eau, restée à 21 °C.

Nous avons atteint notre objectif : l’épave du Stella Maris, un cargo de 93 mètres de long, coulé volontairement à la fin des années 80. Malheureusement, une manœuvre ratée l’a fait glisser à près de 150 mètres de profondeur.
Plongée à 160 mètres
L’exploration nous a menés à plus de 160 mètres, ce qui a renforcé mon bonheur. Au fur et à mesure de notre remontée, Tico communiquait avec la surface via des transpondeurs pour s’assurer de notre sécurité. La plongée se faisait dans un silence presque total, brisé uniquement par le doux murmure des propulseurs.

Après deux heures d’immersion, nous avons fait surface, accueillis par une chaleur de 35 °C. Les gobelets avait rétréci de moitié, une illustration amusante des effets de la pression sur notre corps lors de plongées classiques.
Une expérience à renouveler
Le lendemain, nous avons plongé encore plus profond, atteignant 182 mètres pour rechercher deux épaves de petits remorqueurs. L’expérience était si incroyable que je souhaitais déjà y retourner.
Concernant l’aspect financier, le tarif est raisonnable pour une aventure de ce type, avec moins de 500 dollars par personne par plongée. Les souvenirs et les étoiles dans les yeux que nous avons rapportés en valent largement la peine.

Si vous souhaitez vivre cette aventure unique, n’hésitez pas à visiter le site de Substation : substation-curacao.com. Un grand merci à Jordy et Tico pour leur accueil chaleureux et leur savoir-faire inestimable.
Curaçao offre une opportunité unique aux amateurs de plongée. Que vous soyez novice ou expérimenté, explorer les épaves en sous-marin est une aventure à ne pas manquer.
Cet article, initialement écrit par Marc Langleur pour notre édition papier, a été adapté pour le web
image d’ouverture. © Marc Langleur



