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Savez-vous bien utiliser votre ordinateur de plongée ?

L’ordinateur de plongée est un outil indispensable, jouant un rôle crucial dans la gestion de notre décompression et notre sécurité. Bien que ce dispositif soit doté d’une puissance de calcul impressionnante, il est primordial de faire appel à notre logique et notre esprit critique. Explorons ensemble les éléments essentiels pour maîtriser cet appareil technologique et en tirer le meilleur parti.

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La qualité des réglages nécessite connaissance des algorithmes et vigilance. © Fabrice Dudenhofer

Savez-vous bien lire votre ordinateur ?

(À l’attention de tous les plongeurs)

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Si petit et pourtant crucial, l’ordinateur se voit confier la lourde tâche d’assurer la qualité de notre dénaturation. © Fabrice Dudenhofer

Les ordinateurs de plongée se distinguent par divers aspects, notamment leur design et la clarté des informations affichées. Les données, bien que variées selon les modèles, incluent toujours les éléments fondamentaux comme le Temps (Time), la Profondeur (Depth), et le No Dec Time (NDL), qui indique le temps avant de devoir effectuer une décompression. En plongée, la NDL se décompte jusqu’à atteindre zéro, puis il est remplacé par la Durée Totale de Remontée (DTR ou TTS), qui représente le temps minimal pour remonter en toute sécurité, en tenant compte des paliers requis.

Ce que les fabricants ne nous disent pas…

(À l’attention des plongeurs Nitrox confirmés)

Consulter la notice d’utilisation d’un ordinateur demande de la motivation et de la persévérance, car il y a souvent de nombreuses mises en garde, dont le message principal est : « La plongée est dangereuse ! Trouvez une autre activité… ». Malheureusement, les fabricants négligent souvent d’expliquer les réglages des ordinateurs pour la plongée multi-gaz au nitrox.

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En recycleur, l’ordinateur assure également la fonction de contrôle de la PPO2. Un coup d’oeil toutes les deux minutes maximum est de mise. © Fabrice Dudenhofer

Un point crucial à retenir : le paramétrage de vos gaz en mode ACTIF ou INACTIF (ON ou OFF selon les appareils) peut avoir des conséquences majeures sur votre plongée. Par exemple, si vous activez AIR et Nx 80, la DTR indiquera le temps nécessaire pour remonter en tenant compte du Nitrox, ce qui pourrait être problématique en cas d’erreur de configuration. Il est donc essentiel de se former à ces aspects.

Pour certains ordinateurs, il n’y a pas de choix concernant le statut des gaz. Vous pouvez tester leur état en modifiant la composition des gaz lors de votre plongée. Si en passant de l’air au nitrox votre NDL augmente, cela signifie que votre gaz de déco est inactif. Si les valeurs restent constantes, alors le gaz est considéré comme actif. Dans tous les cas, assurez-vous de valider chaque changement de gaz dans l’ordinateur !

Comment bien régler votre ordinateur ?

Avant d’aborder les réglages, un peu d’histoire s’impose. L’évolution des ordinateurs commence avec John Scott Haldane en 1907, suivi par des améliorations successives qui ont permis d’optimiser la sécurité des plongées. L’algorithme ZHL-16 de Bühlmann est aujourd’hui utilisé dans la majorité des ordinateurs, offrant des options pour des réglages de conservatisme personnalisés, appelés Gradient Factors (GF).

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La facilité de lecture, l’intuitivité des menus et la pertinence des informations sont indispensables à tout bon ordinateur. © Fabrice Dudenhofer

La M-Value (Maximum Value) représente la limite au-delà de laquelle les risques d’accident augmentent. Les GF permettent à l’utilisateur d’ajouter une marge de sécurité. Par exemple, un réglage GF 100/100 posera une limite strictement sur la M-Value, tandis que des couples comme 90/90 ou 80/80 sont courants pour divers types de plongées. Attention aux GF asymétriques qui, bien que populaires en trimix, sont à éviter en plongée à l’air, comme l’ont démontré des études militaires.

Il est également possible que votre ordinateur ait un mode « Deepstop », qui impose des paliers profonds. Bien que cette pratique ait ses fondements scientifiques pour certaines animaux marins, il est conseillé de le désactiver, car les humains ne réagissent pas de la même manière.

L’ordinateur de plongée pour recycleurs : un concentré d’efficacité

À l’instar des ordinateurs pour plongeurs en circuit ouvert, ceux pour recycleurs offrent des fonctionnalités similaires mais ajoutent des mesures spécifiques. La gestion de la composition du gaz respire revêt une importance capitale. L’ordinateur CCR, connecté à trois cellules d’oxygène, fonctionne sur le principe du « voting », ne considérant que les deux mesures les plus proches pour établir la PpO2.

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Un plongeur tek valide un changement de gaz suroxygéné pour optimiser sa décompression sur son ordinateur de plongée.

Les informations de désaturation affichées (NDL, TTS) sont calculées sous l’hypothèse que la PpO2 reste constante, ce qui peut générer des fluctuations pendant un palier, notamment lors de rinçages à l’oxygène.

Planifier sa plongée avec un ordinateur

(À l’attention de tous les plongeurs)

Jusqu’à récemment, les ordinateurs de plongée offraient des options de planification limitées, se concentrant uniquement sur la courbe de sécurité. Aujourd’hui, des modèles « Tek » permettent des planifications avancées, générant des Run-Time sur mesure et évaluant la consommation de gaz en fonction des besoins spécifiques.

Avec ces avancées, la planification des plongées devient plus précise, rendant obsolètes les anciennes méthodes basées sur des temps de fond rigides.

Les limites de l’ordinateur

À noter que les ordinateurs de plongée ont des limites d’utilisation. Ils ne gèrent pas les plongées à profil yoyo ni les incidents de remontée. L’utilisateur doit donc s’appuyer sur des procédures éprouvées et évaluer les composants de sécurité, notamment par rapport à la nécessité d’arrondir certaines valeurs pour garantir une sécurité supplémentaire.

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Au palier, tout comme le parachute, l’ordinateur est un outil indispensable pour gérer la fin de plongée. © Fabrice Dudenhofer

Gardez à l’esprit que l’ordinateur reste un outil mathématique simplifiant un phénomène physiologique complexe, sans prendre en compte des variables individuelles comme l’hydratation ou les facteurs génétiques, qui sont souvent à l’origine des accidents de désaturation.

Encadré : L’ordinateur, héritage de la table de plongée

Depuis la création des premières tables de plongée modernes par John Scott Haldane, des avancées significatives ont été réalisées avec l’établissement de tables fiables, comme celles des marines MN90 et US Navy. Bien que les tables soient souvent considérées comme plus sûres en raison de leur approche stricte et de leurs marges de sécurité, elles nécessitent vigilance et compétence, car des erreurs humaines peuvent avoir des conséquences dramatiques.

L’intégration des algorithmes dans les ordinateurs, capables d’adapter les paramètres de plongée en temps réel, a transformé l’usage des tables d’un simple outil de planification à celui d’un assistant à la décompression.

Encadré : Shearwater, un « game-changer » sur le marché des ordinateurs

L’innovation n’a pas échappé à Shearwater, qui a su révolutionner un marché dominé par Uwatec et Suunto. Avec une capacité de calcul comparable à celle d’un Apollo 11, ses ordinateurs se démarquent par leur robustesse et leur simplicité d’utilisation. L’affichage de données comme le Δ+5 permet de suivre la progression de la décompression, tandis que les modèles Petrel 3, conçus pour les recycleurs, introduisent un système d’alarme vibrante, alertant en cas d’urgence, comme en cas d’hyperoxie ou d’hypoxie.

Cet article, initialement écrit par Nicolas Seksik pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

Images © Fabrice Dudenhofer

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