Créée en 1948, peu après la guerre, la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM) a su s’adapter aux évolutions de son époque. Depuis les débuts de la chasse sous-marine jusqu’aux innovations technologiques en plongée autonome, sans oublier l’engouement pour l’apnée suscité par le film « Le Grand Bleu », cette institution a toujours réussi à attirer les passionnés de sports subaquatiques.

Un lieu chargé d’histoire
Notre rencontre a lieu dans les locaux de la fédération, situés au 24 quai de Rive Neuve, sur le Vieux-Port de Marseille, une adresse inchangée depuis 1961. Avant d’y entrer, un regard vers les bateaux amarrés révèle une longue barge, qui a été le premier domicile de la FFESSM et celui de l’un de ses clubs fondateurs, le GPES (Groupement de pêche et d’études sous-marines). C’est donc ici, à Marseille, ville emblématique de la plongée scaphandre, que cette fédération a pris son envol.

À l’intérieur, les locaux témoignent d’un développement progressif au fil des années. Le service communication partage l’espace avec l’équipe du magazine Subaqua. La pièce dédiée aux licences abrite un immense mur de petits tiroirs, contenant les cartes de 130 000 licenciés en 2023. Au total, 23 employés et des élus travaillent ensemble pour faire vivre la fédération. Une bibliothèque contient tous les numéros de la revue de la “Fédé”, illustrant son histoire à travers des couvertures colorées, allant des années 80 à nos jours.
Nous découvrons ensuite le bureau du président, Frédéric Di Meglio, en fonction depuis 2021. À côté, un portrait du Commandant Le Prieur, inventeur du scaphandre Fernez-Le Prieur, rappelle les racines de la plongée en France. La vitrine expose des objets historiques, tels que ses palmes et une bouteille de plongée.
Le fonctionnement unique de la FFESSM
La FFESSM est familière tant aux plongeurs novices qu’aux expérimentés, mais son rôle peut parfois sembler flou. Le président précise : « La Fédé structure et organise la plongée en France, dans tous les milieux, et pour tous les publics. » La fédération comporte 15 commissions qui englobent diverses activités subaquatiques, sportives (apnée, hockey, nage avec palmes) et culturelles (archéologie, photographie, biologie).

C’est la seule fédération en France à fonctionner de cette manière, permettant de traiter des activités variées. Les commissions sont dirigées par des bénévoles élus, tandis que des salariés à Marseille et des cadres techniques de l’État contribuent au bon fonctionnement de l’organisation. Valérie Felix, trésorière adjointe, souligne l’importance des bénévoles : « Sans elles, cette fédération n’est rien. Sa richesse réside dans sa diversité d’activités. »
Une évolution constante
Au départ, la pêche sous-marine et l’étude du milieu marin étaient au cœur de ses préoccupations. Avec le temps, les techniques et l’équipement de plongée ont évolué, ouvrant la discipline au grand public. Des nouvelles activités, telles que la nage avec palmes et le hockey subaquatique, ont vu le jour. L’énorme succès du film « Le Grand Bleu » en 1988 a propulsé l’apnée sous les projecteurs, ajoutant 50 000 licenciés en quelques mois. Depuis, l’éthique a conduit à l’abandon des compétitions de chasse sous-marine, tandis que la pêche de loisir, avec 18 000 pêcheurs licenciés, persiste.

Les priorités ont également évolué pour répondre à des enjeux sociétaux. Jean-Lou Ferretti, secrétaire général, a quitté sa carrière de dentiste pour s’investir pleinement dans la fédération, soulignant l’importance de la connaissance et de l’engagement à long terme.
Focus sur la jeunesse et la préservation de l’environnement
La fédération mise aujourd’hui sur la jeunesse. Bien que l’apnée et la nage avec palmes attirent les jeunes, la plongée en scaphandre commence à devenir moins populaire. Le président insiste sur la nécessité de recruter des jeunes encadrants pour attirer les nouvelles générations. L’accès à l’enseignement de la plongée a été abaissé et facilité, permettant aux jeunes de se familiariser avec ce milieu dès leur plus jeune âge.

En parallèle, la FFESSM s’engage activement en faveur de l’environnement, participant au Conseil national de la mer et du littoral, créant des labels comme Écosub, et publiant des guides sur le développement durable. En 2021, l’OFB a reconnu la FFESSM comme la première fédération sportive partenaire de la nature, consolidant son rôle dans la conservation des milieux marins.
L’ère du sport santé
Pour combattre l’image de dangerosité associée à la plongée, la FFESSM promeut cette pratique comme un sport-santé. En mettant en avant les bienfaits de l’hyperbarie et des activités dans la nature, elle espère attirer davantage de pratiquants. Frédéric Di Meglio évoque le rôle bénéfique de la plongée sur la santé mentale, particulièrement pour ceux souffrant de stress post-traumatique.

La FFESSM ne cesse de se transformer. Post-Covid, elle a lancé le projet One Health, qui relie la santé de l’environnement à celle de l’homme. De plus, une plateforme de e-learning pour l’enseignement théorique de la plongée est en cours de développement, accompagnée d’un observatoire pour étudier les incidents de plongée.
Les premiers pas de la FFESSM
Née le 15 juin 1948, la FFESSM portait initialement le nom de Fédération des sociétés de pêche à la nage et d’études sous-marines. Elle a vu le jour dans les locaux du GPES, fondé par Jean-Flavien Borelli, son premier président. Créée en réponse à des préoccupations de concurrence, la fédération a toujours intégré la dimension d’études de la faune et de la flore marines dans son ADN.

Les 15 commissions d’activité de la FFESSM
- Apnée : Plus de 24 000 apnéistes licenciés.
- Archéologie : Protection du patrimoine subaquatique.
- Biologie et environnement : Développement de la connaissance sur les milieux subaquatiques.
- Hockey : Au premier rang mondial.
- Juridique : Conseil et solutions pour les problématiques fédérales.
- Médicale : Professionnels de santé au service des pratiquants.
- Nage avec palmes : En piscine et milieu naturel.
- Nage en eau vive : Disciplines variées (descente, slalom, etc.).
- Photo/vidéo : Organisation de stages et compétitions.
- Orientation subaquatique : Pratique en équipe ou individuelle.
- Pêche : Chasse sous-marine.
- Souterraine : Gérée avec la spéléologie.
- Plongée sportive en piscine : Compétition et pratique.
- Technique : Gestion de la plongée autonome. 65 000 brevets délivrés par an.
- Tir sur cible : Discipline à part entière.

Les grandes dates de la FFESSM
- 15 juin 1948 : Création à Marseille.
- 1953 : Trois premières commissions fédérales.
- 1955 : Changement de nom en FFESSM.
- 1958 : Première parution du bulletin officiel.
- 1961 : Déménagement au 24 quai de Rive Neuve.
- 1988 : 150 000 licenciés après « Le Grand Bleu ».
- 2006 : Lancement de DORIS.
- 2011 : Création du programme handisub.
- 2019 : Mise en place du dispositif CHROMIS.
- 2021 : Module sport-santé instauré.
- 2022 : La FFESSM devient membre titulaire de l’UICN.
Cet article, initialement écrit par Margot Harty pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.
Images © FFESSM



