Dans un précédent numéro (voir Plongez n°42), nous vous avons invité à explorer les filières qui permettent de concilier engagement au sein de la Marine nationale et plongée, soit à temps plein, soit combinée avec un autre métier. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir d’autres corps d’armée pour lesquels la plongée fait partie intégrante des missions, réalisées avec la même rigueur et détermination !

Plongée et carrière militaire : un parcours nécessaire
S’engager dans un parcours alliant plongée et vie militaire requiert de passer par le stage « plongeur de bord » de l’école de plongée de Saint-Mandrier. Ce stage de six semaines permet d’acquérir une certification précieuse ! Pour certains, cette certification est un but qui leur permet de pratiquer la plongée tout en exerçant une autre fonction à bord de leur bâtiment. Pour d’autres, elle représente une étape essentielle vers des formations plus spécialisées.

La formation des plongeurs démineurs
Les plongeurs démineurs, quant à eux, suivent une formation de 10 mois, durant laquelle ils apprennent à plonger jusqu’à 50 mètres avec de l’air et jusqu’à 80 mètres en utilisant un recycleur CRABE, tout en intégrant les techniques de déminage. Contrairement aux plongeurs de bord, ils se préparent à un métier à part entière, exigeant compétences techniques et conditions physiques accrues.

Les nageurs de combat et le commando Hubert
Chaque année, quelques se voient décerner la certification de nageur de combat, rejoignant ainsi le commando Hubert, spécialisé dans les interventions sous-marines sensibles : lutte contre le terrorisme, libération d’otages, renseignement et destruction d’objectifs.

Intervention maritime : les plongeurs certifiés
Environ 70 plongeurs à bord des bâtiments de la Marine nationale possèdent une certification leur permettant d’intervenir en mer depuis un hélicoptère. Ce type d’intervention requiert un apprentissage spécifique incluant hélitreuillage, plongée et secours aux victimes. Par ailleurs, une cinquantaine de plongeurs relèvent directement de l’armée de l’air.
Bien qu’ils aient tous débuté à Saint-Mandrier, l’école de plongée forme également d’autres stagiaires, comme les plongeurs de combat du génie, les gendarmes maritimes et les enquêteurs subaquatiques, ainsi que les scaphandriers autonomes légers qui appartiennent aux Sapeurs-Pompiers.

Les plongeurs de combat du génie
Autrefois connus sous le nom de « SAF » (Spécialistes de l’aide au franchissement), les plongeurs de l’armée de terre ont été renommés en 2006 « PAT », Plongeurs de l’Armée de Terre. Leur domaine d’interventions se limite aux milieux d’eau douce, tels que lacs, rivières et réseaux souterrains inondés. Travaillant dans des eaux souvent froides et peu visibles, ils doivent faire preuve d’une rusticité et de compétences techniques exceptionnelles.
La formation des plongeurs du génie

Les « PCG » se forment en partie à l’École de plongée de la Marine nationale, pour leur formation initiale, et se perfectionnent à l’École supérieure et d’application du génie (ESAG) d’Angers. Un moment marquant de leur parcours a eu lieu le 17 octobre 2019, avec la remise du 2000ème brevet à un plongeur de combat du 2ème régiment étranger de génie (2e REG).
Les gendarmes maritimes : une force en évolution
Les pelotons de sûreté maritime et portuaire (PSMP) se développent pour prendre en charge les missions de contrôle et d’inspection des navires, contribuant à la lutte contre le terrorisme et les trafics clandestins. Formés par la Marine nationale, les gendarmes maritimes sont des plongeurs de bord qui s’occupent de l’entretien des coques et de la détection d’engins explosifs.
Le rôle de la Gendarmerie maritime
Unique force de police à compétence générale en mer, la Gendarmerie maritime assure de nombreuses missions : sauvegarde maritime, police générale, protection des établissements de la Marine, sûreté maritime et portuaire, ainsi qu’assistance aux personnes en danger.

Enquêteurs subaquatiques de la Gendarmerie nationale
Les militaires plongeurs de la Gendarmerie peuvent se spécialiser en tant qu’enquêteurs subaquatiques au Centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie (CNING). Ce centre, basé à Antibes, forme des Techniciens d’investigation subaquatique (T.I.S), aptes à réaliser des constatations judiciaires sous l’eau.
De la formation initiale à la spécialisation
Après avoir réussi le concours de la gendarmerie et effectué deux années de service, les candidats peuvent rejoindre des unités spécialisées, à condition d’avoir suivi des formations précises à la gendarmerie en mer. Le CNING forme également les plongeurs du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), qui s’entraînent aux côtés du commando Hubert de la Marine.
Les scaphandriers autonomes légers (SAL)
Sous statut militaire, les plongeurs à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et au bataillon des marins-pompiers de Marseille (BMPM) peuvent acquérir une spécialité de scaphandrier autonome léger. Les formations sont dispensées dans les départements pour les SAL, tandis que les autres niveaux, tel que chef d’unité, sont enseignés au Centre national de plongée et des activités nautiques de Valabre.
Focus sur les plongeurs de combat du génie
Les plongeurs de combat du génie (PCG) du 2e régiment étranger de génie (2e REG) sont formés pour opérer en milieu hostile, souvent dans des conditions extrêmes, comme les lacs et rivières. Composé de 1 020 hommes, le 2e REG joue un rôle fondamental dans les opérations extérieures de l’armée de Terre.

Autonomie et résistance : des qualités essentielles
Tous les membres du Groupement de commandos de montagne (GCM), qui fait partie du 2e REG, sont des soldats autonomes et résilients, capables de s’adapter à des environnements divers. Leurs interventions, qu’elles soient en milieu aquatique ou en terrain hostile, requièrent des compétences variées, acquises à travers une formation rigoureuse.

Le CNING : un centre de formation unique
Établi à Antibes depuis 1965, le CNING forme les gendarmes à l’investigation subaquatique, un domaine exigeant une expertise spécifique des plongeurs enquêteurs. Ces derniers suivent une formation technique rigoureuse sur les différents environnements aquatiques, allant de la mer aux eaux intérieures.

En résumé
La formation et les missions des plongeurs militaires et gendarmes témoignent de l’engagement et de l’expertise requis pour opérer dans des milieux aquatiques variés et souvent hostiles. Grâce à des programmes de formation comme ceux offerts à Saint-Mandrier et au CNING, ces professionnels assurent des missions cruciales pour la sécurité maritime.
Cet article, initialement écrit par Jean de Saint Victor de Saint Blancard pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.
Images : Victor de Saint Blancard



