Un artiste présente ses œuvres inspirées par l'océan, combinant créativité et passion pour le monde marin. #OcéanArt

Pascal Lecocq : Les pieds dans l’eau, la tête dans le ciel et les nuages


Souvent surnommé « Le peintre du bleu », Pascal Lecocq est avant tout, depuis plus de 35 ans, le peintre des plongeurs. Qui n’a pas en tête sa célèbre toile, La Corrida ? Il nous dévoile son parcours, des décors d’opéra à un univers surréaliste où plongeurs, animaux marins et scènes du quotidien se rencontrent. Un monde où l’imaginaire et la préservation des océans sont intimement liés.

De Fontainebleau à Honfleur : une attraction irrésistible pour la mer

Comment votre lien avec le monde marin a-t-il commencé ?

« Je suis le peintre des plongeurs, mais ironiquement, je ne plonge pas ! Né à Fontainebleau, loin de la mer, j’ai eu très jeune des problèmes d’oreilles qui m’empêchent de profiter pleinement du monde sous-marin. Pourtant, j’ai toujours été attiré par la mer. C’est pourquoi je me suis installé en Normandie, à Honfleur, où j’ai ouvert ma galerie dès la vingtaine. Ma devise ? « Les pieds dans l’eau et la tête dans le ciel et les nuages ». Venise, avec sa beauté architecturale unique, est ma ville de cœur, malgré son déclin, elle reste une source d’inspiration inépuisable et j’y retourne dès que possible. »

Fabrice et chevalet
Pascal Lecocq au travail dans son atelier de Fort-Lauderdale, où il est installé depuis plus de 20 ans.

Des décors d’opéra aux profondeurs marines : une transition surprenante

Vous n’avez pas toujours été « Le peintre du bleu », n’est-ce pas ?

« En effet, j’ai longtemps travaillé sur des décors d’opéra, notamment pour Wagner, comme Le Vaisseau Fantôme. C’est d’ailleurs le sujet de ma thèse : le décor doit servir l’œuvre musicale, et non l’artiste. »

Comment êtes-vous passé de l’opéra à la peinture sous-marine ?

« C’est en travaillant sur Le Vaisseau Fantôme au Théâtre d’Angers, en 1986, que j’ai eu l’idée de ma première toile sous-marine avec un plongeur. En 1992, j’ai participé à mon premier salon nautique. En 1993, j’ai peint La Corrida, inspirée de Carmen de Bizet, une œuvre qui m’a ouvert les portes du monde de la plongée. La même année, j’ai découvert le Festival d’Antibes, et l’aventure du « peintre du bleu » a commencé ! C’est plus amusant d’être le peintre des plongeurs que d’être plongeur moi-même. De 1986 à 1993, j’ai continué les décors d’opéra avant de me consacrer pleinement à ma peinture, avec une parenthèse en 2016 pour La flûte enchantée. »

The dentist
Ses oeuvres mêlent en permanence le milieu sous-marin et la vie quotidienne, entre humour et univers onirique.

Un surréalisme aquatique : la signature de Pascal Lecocq

Comment définiriez-vous votre peinture ?

« Je suis un peintre surréaliste, même si je représente des scènes de la vie quotidienne sous l’eau. Dali et Magritte sont mes principales sources d’inspiration. Mon plongeur, présent dans toutes mes toiles, est un peu comme l’homme au chapeau melon de Magritte. Je travaille à partir de modèles, d’abord mon épouse, puis des modèles numériques. J’ajoute souvent des chevaux et des éléments architecturaux. Même si je ne plonge pas, les histoires des plongeurs me donnent des idées. Mais au-delà des thèmes, c’est le bleu qui domine mes toiles. »

L’imaginaire collectif et le sourire du spectateur

On retrouve des images de l’imaginaire collectif dans vos toiles…

« J’aime détourner des images connues, comme les Beatles traversant Abbey Road ou le Minotaure. Mais chaque spectateur crée sa propre histoire, laissant son imagination travailler. Ma récompense ? Voir le sourire, amusé ou émerveillé, de ceux qui découvrent mes tableaux, les emmenant ailleurs… »

Un message pour la planète : l’importance de la connexion avec la nature

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre art ?

« Le monde subaquatique est une source d’évasion ! C’est ce que les gens ressentent devant mes toiles. Mais je veux aussi dire : « Nous, humains, sommes un peu inadaptés, déconnectés de la nature ! ». Les requins, par exemple, nous rappellent que nous ne sommes que de passage et que nous faisons partie d’un tout. Le requin est une créature parfaite. (NDLR : Pascal soutient des associations de protection des requins). Être dans l’eau n’est pas naturel pour l’homme, et nous connaissons mal notre planète mer. Les plongeurs sont plus concernés par l’environnement que le grand public. »

Fabrice
Pascal Lecocq au Salon de la plongée 2024 à Paris, devant ce qui est sans doute sa toile la plus connue, Corrida.

De l’Europe à la Floride : un nouveau départ

Pourquoi avoir choisi de vivre aux USA ?

« Je vis en Floride depuis plus de 20 ans. Les invitations à exposer aux USA se sont multipliées, et c’était plus simple d’y vivre. En Europe, je ne pouvais transporter que de petits formats. À Fort Lauderdale, j’ai retrouvé le bonheur d’avoir les pieds dans l’eau et de courir au bord de la mer. Là-bas, j’ai rencontré Big John McLaughlin, la doublure de Sean Connery dans James Bond, qui a inspiré mes personnages ! En France, je rencontre un public différent, un vrai renouveau. »

Pour en savoir plus et découvrir les œuvres de Pascal Lecocq, visitez son site web : https://www.pascal-lecocq.com/

Six dates clés dans la vie de Pascal Lecocq

  • 4 juin 1958: Naissance à Fontainebleau
  • 1977: Première exposition de peinture
  • 1979: Rencontre avec son épouse Françoise, qui apparaît dans nombre de ses toiles
  • 1986: Première toile sous-marine
  • 1993: Premier Festival de l’image sous-marine d’Antibes
  • 1998: Premier DEMA aux USA, ouvrant la porte à tous les shows américains

Cet article, initialement écrit par Isabelle Croizeau pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

Images © Alary-Gilbert / Sub-images

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