La photo sous-marine en piscine : créativité, technique et complicité
Envie d’associer votre passion pour la plongée et la photographie d’une manière originale ? La photo sous-marine en piscine est une discipline unique qui, dans un espace restreint et épuré, encourage une créativité débordante, une forte complicité avec le ou les modèles, et une jolie dose d’humour. Alors, prêt(e) à donner libre cours à votre imagination sous la surface ?

Les règles de base : sécurité et attention au modèle
Comme pour toute activité en plongée, la sécurité reste une priorité absolue. Le photographe doit rester vigilant et attentif aux réactions de son modèle, afin de respecter ses limites physiques, notamment pendant les séances en apnée. En piscine, avec l’espace réduit et la surveillance facilitée, cette vigilance s’impose d’autant plus !

Un modèle à l’aise en apnée pour des poses naturelles
Selon la profondeur de la piscine, le photographe peut travailler en bouteille tandis que le modèle est souvent en apnée : un choix plébiscité notamment pour l’esthétique des images et la liberté des mouvements, d’autant que la majorité des modèles sont féminins dans cette discipline. Cependant, la pose en apnée comporte ses contraintes : accessoires à manipuler, maintien de la pose, expression faciale et gestion du souffle sont autant de défis pour le modèle. Il est donc indispensable de s’appuyer sur un(e) modèle « aquatique », habitué(e) aux contraintes de l’eau, qui saura conjuguer grâce, souffle et créativité.

Le modèle, presque un acteur devant l’objectif
Bien plus qu’un « sujet », le modèle doit aussi déployer toute sa palette d’expressions, adopter des attitudes théâtrales et s’immerger dans le jeu de rôle. Que l’on mise sur le côté artistique avec des vêtements amples, ou que l’on choisisse des postures sportives, l’expression reste au cœur de la réussite des photos. C’est ce qui distinguera un simple cliché technique d’une véritable image artistique.
La complicité photographe-modèle : secret de la réussite
La photo sous-marine en piscine est avant tout une affaire de complicité. Très vite, l’activité se transforme en loisir familial ou en projet d’équipe ! Pour progresser, des séances régulières s’imposent. Il faut de la patience pour obtenir des images élaborées – gestes de communication sous l’eau, briefing avant immersion, surveillance de l’état du modèle, gestion des accessoires : tout doit être bien orchestré. Parfois, un simple accessoire comme un tulle s’avérera difficile à maîtriser si le courant de la piscine intervient… D’où l’importance d’une parfaite entente entre photographe et modèle !
Créer son univers avec des accessoires
En piscine, l’absence de décors naturels vous oblige à imaginer toute l’ambiance. Ici, tout est permis : tissus, objets insolites, supports, jeux de couleurs… Veillez simplement à ne rien utiliser qui puisse polluer ou dégrader le milieu aquatique. Les magasins de matériaux, souvent insoupçonnés, peuvent révéler leur lot de bonnes idées pour trouver des accessoires originaux. Le maquillage waterproof devient alors un incontournable pour donner vie à vos compositions : un masque transparent révélera mieux le visage et participera à des jeux de lumière. La pose de gélatines colorées sur un flash externe, jaune orangé par exemple, réchauffera l’ambiance de vos images en lumière artificielle.

Commencer simplement avec la lumière naturelle
Avant de complexifier votre installation, exploitez la lumière naturelle ! Les reflets de surface, la clarté de l’eau, les contrastes, sont autant de ressources pour créer des images vibrantes. En piscine extérieure, la lumière vive et la limpidité de l’eau autorisent des vitesses rapides et rendent les bleus plus profonds. Les contre-jours donneront du caractère à vos prises de vue. En intérieur, les rampes d’éclairage et la surface de l’eau se combinent pour multiplier les effets lumineux, même près de la surface.

Maîtriser l’éclairage pour sublimer vos prises de vue
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à expérimenter avec plusieurs flashs. Un flash principal suffit parfois à dynamiser le premier plan, mais, dans le calme de la piscine, rien n’interdit d’installer deux, trois, voire quatre flashs esclaves, fixés avec des plombs, pour donner de la profondeur et du relief à vos scènes. Laissez votre imagination guider votre installation pour créer votre propre « studio » sous-marin.

Jouer sur la vitesse et les angles de prise de vue
La vitesse d’obturation peut transformer vos compositions : utilisez la douceur de l’apesanteur pour créer des mouvements fluides et poétiques. Privilégiez le grand angle, du 24 mm au fish-eye, et travaillez en mode manuel pour maîtriser l’exposition, surtout lors des prises de vue en contre-plongée où l’écart de lumière entre la surface et le fond peut être important (jusqu’à deux diaphragmes). Les flashs esclaves doivent généralement être réduits à la moitié de leur puissance. Ajoutez une bâche flottante… et votre studio créatif est prêt ! Que vous soyez photographe débutant ou expert, chacun pourra se laisser happer par la quête d’effets spéciaux et d’images toujours plus inventives. À vous de jouer !

La parole aux modèles : expérience et émotions
Claire et Valérie : complicité familiale et récompenses nationales
Claire et Valérie ont participé avec l’auteur aux championnats de France, transformant cette discipline en véritable aventure familiale. Ce travail d’équipe a été couronné par un titre de Vice-Champion de France pour Philippe Joachin, et les prix du meilleur modèle attribués à ses filles pour leur « aquaticité », leur expression et leur créativité.
Claire, la créativité sportive
Cadette sportive et gymnaste accomplie, Claire s’est facilement approprié les pauses et caches sous l’eau :
« C’est une expérience unique qui mérite d’être découverte : une discipline créative, amusante, mais encore trop méconnue… J’ai adoré y participer et en garde des souvenirs forts ! Si c’était à refaire, je foncerais. Lors des séances, l’enjeu est de trouver des idées toujours plus originales pour atteindre nos objectifs. Être modèle n’est pas toujours facile : tenir la pause avec des costumes parfois peu adaptés à l’apnée, patienter pendant que le photographe ajuste son cadrage, et parfois… remonter avant le bon déclenchement ! Obtenir le prix de meilleur modèle subaquatique à 16 ans reste pour moi une grande émotion, même 12 ans plus tard. »

Valérie, la mise en scène comme terrain de jeu
Valérie, l’aînée, moins portée sur le sport mais passionnée par la créativité et la « mise en scène », a également su séduire le jury :
« Quel bonheur d’entrer dans la piscine pour ces épreuves ! Les équipes préparent les accessoires, les idées fusent… Dès les premiers contacts avec l’eau, c’est parti pour deux heures de compétition, quelques minutes de pause à peine. Le photographe attend patiemment sous l’eau que son modèle reprenne son souffle et laisse place à l’imagination. Pour chaque plongée, il faut transmettre un message à travers les couleurs et les matières – pas seulement canaliser l’énergie, mais faire passer des émotions. Le résultat est toujours surprenant : l’abstrait devient concret sous l’œil du photographe, et le suspense est à son comble en attendant les résultats. »

Où pratiquer la photo sous-marine en piscine ?
Obtenir une autorisation pour des séances photo dans une piscine municipale n’est pas toujours simple. Le plus souvent, il faudra vous rapprocher d’un club de plongée qui dispose de créneaux réservés : l’occasion de pratiquer avec des modèles disponibles, parfois très curieux, et d’échanger autour de cette passion commune. N’oubliez pas : la photo est un formidable moyen de communication, saisissez cette opportunité !
Pour toute information pratique : Commission nationale photo-vidéo sous-marine
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Cet article, initialement écrit par Philippe Joachin pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.



