Laissez-vous emporter par un documentaire unique, une invitation à la rêverie où souvenirs d’enfance, mélancolie, légendes ancestrales et rencontres inoubliables se croisent au rythme des narvals et des bélugas.

Préparez-vous à vivre les fêtes de fin d’année d’une manière poétique et immersive, grâce à la sensibilité artistique des frères Marie. Ouvrez grand vos yeux, aiguisez vos sens et laissez la magie opérer! Alors que certains apnéistes recherchent la chaleur des eaux tropicales, les couleurs vives des poissons et l’exubérance des récifs coralliens, d’autres sont irrésistiblement attirés par la rudesse du froid, la lumière douce des pôles et la simplicité des paysages glacés.

C’est ce monde en nuances de gris que Laurent Marie, plongeur-explorateur passionné, nous dévoile dans ce documentaire qu’il a coécrit et coréalisé avec son frère Vincent, professeur d’histoire. Leur quête : le narval. Ce film de 75 minutes est une plongée au cœur d’un échange culturel délicat entre une équipe d’expédition française et une communauté inuit du Nunavut, vaste territoire canadien peu peuplé, coincé entre le reste du Canada et le Groenland.
L’Expédition, Source d’Inspiration
Laurent Marie n’en est pas à sa première aventure polaire. Que ce soit en Arctique ou en Antarctique, sa profession de plongeur professionnel et sa passion pour l’apnée l’ont conduit à explorer les mers les plus froides du globe. Bien que ce Breton de Saint-Malo vive aujourd’hui dans le Finistère, où il a fait de la pointe du Conquet et des îles de la mer Celtique son terrain de jeu, il passe plusieurs mois par an loin de l’océan Atlantique, dans des contrées glaciales. Au moment où vous lisez ces lignes, il est probablement dans les Terres australes et antarctiques françaises, naviguant entre les archipels des Kerguelen et Crozet, pour une mission consacrée aux orques australes.

Qu’est-ce qui motive ces expéditions lointaines dans les paysages immaculés? « Partager des moments authentiques avec les communautés autochtones, vivre des rencontres sincères et émouvantes, découvrir des lieux vierges, peu peuplés et peu développés, et en capturer des images furtives et magiques qui incitent à mieux connaître et protéger l’océan. »
Ses récits et les images qu’il rapporte de ses voyages alimentent les projets de son association, « L’Âme Bleue » ( http://www.amebleue.fr ), créée en 2012 pour sensibiliser les jeunes à la protection de l’environnement marin. Ses interventions scolaires s’appuient sur des expériences d’immersion hors du commun qui fascinent les élèves : des plongées de plusieurs heures dans une eau à -2°C alors que la température extérieure atteint -40°C ! Des rencontres avec des créatures marines fascinantes, des paysages glacés à perte de vue où il faut sonder la glace pour avancer en toute sécurité… quoi de plus captivant pour des enfants qu’un tel contraste avec leur propre réalité ? Un ambassadeur idéal pour inspirer l’envie de protéger un écosystème fragile!

Au-delà de l’adrénaline, ces missions lui fournissent aussi des rushes et des idées de scénarios inspirés par ses rencontres. Le contact initial avec l’eau glaciale est saisissant, mais cède rapidement la place à un sentiment de plénitude et à une clarté d’esprit. Laurent explique qu’après ces plongées, il se sent apaisé, serein et en harmonie avec les éléments. De quoi stimuler son imagination pour l’écriture et la réalisation de ses futurs documentaires, et favoriser le dialogue avec les populations locales et une meilleure communion avec les paysages.
À la Recherche du Narval
C’est lors d’une de ses dernières expéditions, en écoutant les récits des anciens, qu’il découvre une légende inuit qui servira de base au scénario du film. L’histoire raconte l’émancipation d’un jeune aborigène aveugle. Un conte où les animaux polaires – ours, bélugas, oiseaux aquatiques – se lient pour guider le jeune homme vers la découverte de son environnement. Les expériences répétées en apnée lui permettent de recouvrer la vue, et son parcours culmine avec l’apparition du narval.

Cette histoire est d’autant plus étonnante que ces peuples, vivant dans un archipel arctique de plus de 36 000 îles et donc entourés d’eau, n’ont que très peu de contact direct avec elle. Bien que l’eau soit froide en toute saison, l’immersion ne fait pas partie de leur culture, car la mer évoque les dangers venant des nombreuses voies d’accès que représentent la baie d’Hudson et la mer de Baffin : ours polaires, colons, et une météo de plus en plus imprévisible.
La quête du narval, qui constitue le fil conducteur du documentaire, est pour Laurent une opportunité de plonger et d’inviter la communauté inuit à le rejoindre. Il souhaite leur faire découvrir leur environnement sous un nouvel angle, leur faire expérimenter les sensations de l’immersion et partir à la rencontre des cétacés. Parmi eux, le narval, chassé depuis des générations, a permis aux habitants du Nunavut de survivre, en utilisant sa chair, sa graisse pour l’éclairage et ses tendons pour la fabrication de fils. Avec la diminution de leur nombre et leur migration vers le nord, la chasse devient plus rare et difficile. Laurent souhaite offrir à ce peuple l’occasion de porter un regard nouveau sur cet animal mythique.
Les Harmonies Invisibles
Dans ce pays de contrastes, Laurent se sent à l’aise : « Montrer l’invisible, c’est la vocation de mes expéditions. » Qu’il s’agisse de partager en France les images rapportées de ses voyages les plus au nord, de révéler aux Inuits la beauté de leurs paysages sous-marins, ou de plonger sous un iceberg pour en dévoiler la face cachée, son but est toujours le même : le partage.

« Cette valeur prend une dimension encore plus importante sous ces latitudes, » confie Laurent. La nature hostile encourage l’entraide, l’échange et la communication. Dans ces communautés, la communication passe davantage par le regard et l’action que par la parole, une réalité que l’apnée illustre à merveille grâce à la puissance des images capturées dans le monde du silence.
L’esthétisme est omniprésent, mettant en valeur les jeux d’ombre et de lumière, les contrastes entre la blancheur des paysages terrestres et la noirceur des fonds marins, soulignant la dissonance entre tradition et modernité.
Le silence, la respiration, l’apnée, la perception du temps qui varie au fil des saisons, les jours et les nuits sans fin, les sons étouffés par la neige, le craquement de la glace sous l’eau… les contrastes sonores rythment les séquences du film, donnant au spectateur l’impression d’être tantôt bercé par une comptine dans une boule à neige, tantôt entraîné dans les profondeurs obscures.

« Les Harmonies Invisibles », un titre inspiré des écrits du géographe explorateur Jean Malaurie, met l’accent sur la puissance du silence et le langage visuel pour inviter le spectateur à une vision animiste de la nature, où l’eau devient un élément vivant qui crée des liens entre l’homme et son environnement.
Les Inuits Face à la Modernité
Depuis que les communautés nomades autochtones ont été expropriées de leurs terres par l’État canadien pour exploiter les ressources pétrolières et minières du sous-sol, les populations natives ont été relogées et sédentarisées. La jeune génération a du mal à se projeter dans l’avenir : le chômage atteint des sommets, le coût de la vie est exorbitant, entraînant délinquance, alcoolisme et suicide, et perturbant le mode de vie paisible de ces communautés.

En offrant aux jeunes la chance d’explorer le monde sous-marin, en leur ouvrant les yeux sur de nouvelles perspectives, Laurent espère leur montrer un autre chemin pour reprendre le contrôle de leur territoire. Il imagine un éco-tourisme axé sur l’exploration sous-marine, la découverte d’un Nunavut inédit où la chasse au narval et au phoque serait remplacée par une économie basée sur la connaissance, la protection et la découverte de ces animaux emblématiques, ainsi que sur la préservation du Grand Nord canadien.
Ce documentaire révèle les paradoxes d’une société en transition, tiraillée entre la survie et le consumérisme, entre les bottes en peau de phoque et les doudounes synthétiques, les motoneiges dernier cri et les traîneaux traditionnels… Dans ce contexte, l’apnée est un trait d’union entre tradition et modernité, et tente de restaurer le lien essentiel entre l’homme et l’océan. Si les terres ont échappé aux Inuits, l’océan est toujours là, riche de trésors insoupçonnés, et avec lequel ils entretiennent une harmonie profonde.
Une Ode au Monde du Silence
L’eau boréale est loin d’être inerte ; elle regorge de vie, de plancton aux formes étranges et psychédéliques, illuminée par la bioluminescence, évoquant un ciel étoilé en montagne. En descendant dans les profondeurs, l’obscurité devient totale, la lumière du soleil étant bloquée par la glace. Seules les formes aériennes et laiteuses des bélugas, observant les plongeurs, émergent de ce fond sombre. Les icebergs réapparaissent, se dressant tels des cathédrales sous-marines devant l’apnéiste devenu minuscule.
Laurent immerge le spectateur dans un monde de sensations, perçant la glace, glissant sous la banquise, escorté par des milliers de bulles d’air scintillantes.

Par temps clair, une lumière incroyable filtre sous la glace, stimulant tous les sens. L’eau est si cristalline qu’il est difficile de croire que l’apnéiste se trouve sous la surface, flottant parmi les blocs de glace comme un oiseau dans les nuages. Laurent incarne le rôle de l’oiseau aquatique, le « plongeon arctique », faisant écho à la légende et ouvrant les yeux des jeunes Inuits sur la beauté de leur environnement.
L’apnée devient une expérience émotionnelle qui guérit une forme de cécité particulière. Elle redonne la vue à ceux qui ont oublié de contempler et de s’émerveiller. Elle offre une vision nouvelle à ceux qui n’ont jamais rien vu, qui sont passés à côté de l’essentiel, qui ignoraient ou ne voulaient pas savoir… Puissent nos activités subaquatiques, ici et là-bas, susciter un amour profond pour le vivant et un respect accru de notre planète! Découvrez ce voyage initiatique en famille, une immersion au cœur du pôle Nord, au pays du Père Noël.
Pour explorer l’univers de Laurent Marie :
- Suivez ses expéditions sur le site de l’association L’Âme Bleue : http://www.amebleue.fr
- Procurez-vous le DVD du film « Les Harmonies Invisibles » (20€), coproduit par Les Films de la pluie, Adala Films, Lyon Capitale TV et L’Âme Bleue.
- Découvrez le livre jeunesse « La Légende du Narval » (10€), aux éditions L’Âme Bleue, une adaptation poétique et éducative du film.


