Un groupe de poissons-lunes majestueux flotte paisiblement dans les eaux cristallines, symbole de la biodiversité marine.

Les poissons-lunes de Californie

Un rassemblement impressionnant


Au large de la baie de Monterey, en Californie, des poissons-lunes se réunissent parfois par dizaines. Ces créatures majestueuses tirent parti des eaux riches en plancton pour se nourrir et, dans le même temps, deviennent la proie de prédateurs comme les otaries, qui ciblent principalement les juvéniles.

Le roi des poissons osseux

Avec un poids pouvant atteindre près de deux tonnes, le Mola mola est reconnu comme le poisson osseux le plus lourd au monde. Présent dans les eaux tropicales et tempérées à travers le globe, il est en réalité très commun. Il est surprenant de constater qu’au début et au milieu des années 90, peu d’images ou de vidéos du Mola mola circulaient, les rencontres sous-marines étant relativement rares. Cependant, grâce à l’augmentation du nombre de plongeurs et de plaisanciers dotés d’appareils photo et à l’exploration accrue de leurs habitats, les observations se sont multipliées.

Photographe
Pour les approcher au plus près, il est indispensable de le faire lentement et calmement. Si l’animal perçoit la moindre menace et assimile le plongeur à un prédateur, il s’éloigne immédiatement. S’il se sent au contraire en sécurité, il laisse au photographe tout le loisir de profiter de sa présence.

Les lieux d’observation privilégiés

Bien que le Mola mola soit observé dans divers endroits, notamment les Açores, la Méditerranée et les côtes américaines, les deux principaux sites de rencontre restent la haute mer au large de la Californie et les récifs de Bali. Les abords des forêts de kelp, ainsi que les secs et les tombants, sont des zones clés où cet animal pélagique s’aventure près des côtes. C’est souvent durant ces incursions qu’il atteint les stations de nettoyage, où de petits poissons l’aident à se débarrasser de ses nombreux parasites.

Une alimentation spécifique

Le Mola mola se nourrit principalement de zooplancton gélatineux. Grâce à sa petite bouche, remplie de plaques osseuses, il écrase sa nourriture avant de l’avaler. Son taux de croissance est impressionnant ; un spécimen observé à l’aquarium de Monterey a pris 440 kilos en seulement quinze mois. Bien que cet individu ait été nourri de calmars, ce qui accélère sa croissance, la quantité de salpes et de méduses nécessaires pour un Mola mola dans la nature est considérable. Bien que ces poissons soient rarement vus en train de se nourrir activement, lorsqu’ils se retrouvent en présence de millions de minuscules méduses, comme les « voiles du vent » (Velella velella), ils montrent une voracité étonnante.

Banc de poisson
Les Mola Nola sont souvent porteurs de parasites, tant externes qu’internes. Un grand copépode s’est sur ce juvénile photographié au large de San Diego.

Les prédateurs naturels

Malgré sa taille, le Mola mola est peu attaqué par les prédateurs. Occasionnellement, des requins, des orques ou des otaries le prennent pour cible. La question se pose alors : pourquoi ces prédateurs n’attaquent-ils pas plus souvent un poisson qui nage lentement ? Une partie de la réponse réside dans la constitution corporelle du Mola mola, qui possède des cartilages épais protégeant ses entrailles. Ainsi, les prédateurs ne semblent le cibler que lorsqu’ils sont à la recherche de nourriture en période de pénurie.

Otarie
Une otarie de Californie (Zalophus californianus) en train de dévorer un jeune individu, dans la baie de Monterey.

Les attaques opportunistes

En période de stress alimentaire, des otaries peuvent s’attaquer au Mola mola. C’est ce qui a été observé lors des épisodes de réchauffement des eaux de 2015 et 2016, où les stocks de poissons fourrages avaient fortement chuté. L’attaque est souvent brutale : l’otarie secoue le poisson à la surface et déchire son ventre. Quant aux juvéniles, mesurant à peu près la taille d’une assiette, ils sont particulièrement vulnérables lorsqu’ils cherchent des stations de nettoyage près de la côte, devenant des proies faciles pour les otaries.

Plongée sous les algues

Il est plus facile de rencontrer un Mola mola en plongée lorsque celui-ci se trouve sur une station de nettoyage. Dans une telle situation, le poisson est souvent accessible, permettant aux plongeurs de se rapprocher à quelques mètres. Les gros spécimens, nageant tranquillement en pleine mer, peuvent également être peu farouches, tant que l’approche est effectuée calmement et lentement. Des rencontres mémorables se produisent sous les grandes algues, telles que les laminaires géantes (Macrocystis sp.), où jusqu’à vingt poissons peuvent être vus en train de se faire nettoyer par le poisson demi-lune (Medialuna sp.).

Algue
Certaines des plus belles rencontres ont lieu sous les algues qui dérivent au large, tout au long de la côte californienne.

Accéder à ces merveilles

Les centres de plongée en Californie ne proposent pas de sorties spécifiques pour rencontrer le Mola mola sur les stations de nettoyage, comme c’est le cas à Bali. Néanmoins, il existe deux options pour observer cette créature fascinante. La première consiste à plonger depuis la plage de Breakwater dans la baie de Monterey, tandis que la seconde implique de rejoindre un centre local (Monterey, San Diego, Los Angeles ou Santa Barbara) pour plonger dans la forêt de kelp, surtout en fin d’automne et au début de l’hiver.

Surface
Avec sa bouche minuscule par rapport à son corps, ce spécimen s’apprête à capturer une velelle (Velella velella), qui dérivent surface au gré des courants, au large de San Diego.

Sorties d’observation des baleines

Pour explorer la haute mer au large de la côte californienne, les sorties d’observation des baleines sont une excellente option. Ces excursions accueillent de petits groupes et utilisent des semi-rigides, facilitant la prise de photos avec des caméras GoPro. Toutefois, il convient de noter que ces sorties ne permettent pas de se mettre à l’eau.

Cet article, initialement écrit par Richard Herrmann pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

Images © Richard Herrmann.

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