Un plongeur explore une épave mystérieuse, éclairée par sa lampe, révélant les secrets cachés des profondeurs marines. #Av...

Plongées Extrêmes en Méditerranée : À la Découverte des Trois Épaves Légendaires du Var

À la découverte de trois épaves profondes au large des Oursinières

Situé à quelques kilomètres de Toulon, le charmant port des Oursinières, au Pradet, offre aux amateurs de plongée profonde un accès privilégié à trois épaves remarquables. À seulement quelques minutes de navigation, plongeurs aguerris et passionnés d’histoire sous-marine peuvent partir à l’exploration de vestiges exceptionnels, chacun ayant sa propre histoire fascinante.

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Trois épaves, trois histoires singulières

Un immense cargo, une épave d’avion exceptionnellement bien conservée et un ancien remorqueur de l’US Navy reposent autour des 100 mètres de profondeur. Témoins directs de la Seconde Guerre mondiale pour les deux premières, et d’une époque plus récente pour la dernière, ces épaves font partie des plongées incontournables de la région varoise. Elles promettent, au-delà de l’envoûtement de la découverte, une expérience riche en émotions et en biodiversité.

Le Guyane : Cargo aux mille vies

Parmi les trois sites, l’épave du Guyane est la plus profonde. Ce cargo frigorifique de 95 mètres de long et 13 mètres de large a connu un destin mouvementé. Construit en 1934 à Copenhague sous le nom de Dora, il est rapidement acquis par la Compagnie Générale Transatlantique (CGT), rebaptisé Guyane, et affecté au transport de fret entre la Martinique et la Normandie.

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En 1943, les Italiens le saisissent et le renomment Acqui. Après un sabordage, l’épave est renflouée par les Allemands, transformée en mouilleur de mines sous le nom de Niedersachsen. Sa dernière mission consiste à installer des mines au large de Toulon pour contrer un éventuel débarquement allié. Mais le 25 février 1944, le sous-marin britannique Upstart déjoue les filets anti-sous-marins et lance trois torpilles. Une seule frappe le cargo à l’avant tribord, causant la mort de douze marins. Le reste de l’équipage, dont le commandant, est secouru par les navires escortes.

Un habitat foisonnant à 100 mètres de profondeur

Accessible uniquement aux plongeurs expérimentés équipés pour des descentes engagées, l’épave du Guyane gît à environ 100 mètres de fond. Dès le palier, les plongeurs sont émerveillés par la vie qui investit ce colosse : bancs de poissons, filets et câbles ornent la silhouette du navire penché légèrement sur tribord. Les portiques, le mât de charge, la coque entièrement tapissée d’huîtres, les canons et équipements militaires subsistent, témoignant de la richesse historique du lieu.

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L’obscurité quasi permanente enveloppe le site, rendant chaque plongée unique. Sylvain, plongeur aguerri de l’expédition, confie : « Je reste toujours en admiration devant la dimension de l’épave, la quantité d’anthias et de castagnoles autour des canons dressés, les gorgones multicolores dans les coursives et le long de l’étrave ». Son compagnon, Jean-Christophe, partage cette fascination : « Magnifique épave, dont les contours se dessinent dans la pénombre et que des bancs de poissons habitent en permanence ».

L’épave du Heinkel He 111 : un bombardier presque intact

Plonger sur l’épave d’un avion est déjà exceptionnel ; le faire sur un Heinkel He 111 dans un tel état de conservation relève du privilège ! Ce bimoteur, produit en série à partir de 1934, constitue l’un des fleurons de la Luftwaffe. Conçu pour le transport de passagers, il se convertit clandestinement en bombardier grâce à une motorisation Junkers de 1 350 chevaux.

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Plus de 6 500 exemplaires seront construits durant la Seconde Guerre mondiale, rendant le Heinkel He 111 omniprésent sur tous les fronts européens. L’épave, posée à plat à 84 mètres de profondeur, témoigne d’un amerrissage d’urgence en fin de conflit. Seul à bord, le pilote n’a pas survécu et sera retrouvé du côté de Carqueiranne, d’abord pris à tort pour Saint-Exupéry par les villageois.

Une immersion magique dans l’histoire

Long d’environ 16 mètres pour 22 mètres d’envergure, l’appareil repose légèrement incliné sur son aile gauche, magnifiquement préservé. La première plongée, avec une visibilité exceptionnelle et sans courant, amène les plongeurs à proximité de l’empennage, pour une découverte inoubliable du fuselage, du poste de mitrailleur dorsal et surtout du cockpit – véritable vitrine de l’avion, verrière métallique, instruments et sièges encore en place. Le nez abrite une mitrailleuse MG 15 d’origine.

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Le moteur tribord manque à l’appel, tandis que celui de bâbord a perdu ses hélices. Des gorgones s’accrochent à l’extrémité des ailes ; de nombreux chapons et quelques langoustes imposantes se sont installés dans cette épave à l’atmosphère singulière. Même Sylvain, peu amateur habituellement d’avions, reconnaît le caractère exceptionnel du site : « Ils sont rarement si bien conservés ». À quelques coups de palmes, une autre épave attend d’être découverte, mais ce sera pour une autre aventure !

Le Sally of New York : Remorqueur US aux allures de jouet

Pour beaucoup, le Sally of New York évoque le souvenir de leur première épave profonde. Ce remorqueur de l’US Navy, type YTL de 20 mètres de long pour 6 mètres de large, fut reversé à la France après la guerre et rebaptisé Cap Gros. Le port du Havre abrite d’ailleurs un modèle jumeau, le USST 488, transformé en musée flottant.

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C’est au large de l’Escampobariou – un secteur réputé pour ses vents et ses courants – que le Cap Gros, ex-Sally of New York, est englouti le 9 février 1995 lors d’une tempête, alors qu’il était remorqué. La rupture de l’aussière l’entraîne rapidement par le fond, sans faire de victime fort heureusement.

Une épave à taille humaine dans le courant

Reculée par 85 mètres de fond, l’épave est idéale pour une exploration complète en une plongée. Dès l’arrivée sur site, le courant met les plongeurs à l’épreuve. Bruno Germain, du centre Seatools, lance la gueuse et annonce le défi : « Aujourd’hui, ça va être sportif ! ». Après une descente exigeante, on distingue le remorqueur posé bien droit sur sa quille, le poste de pilotage et la timonerie toujours en place, même si la barre a disparu.

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La coque recouverte de concrétions et de coquilles d’huîtres abrite de nombreuses langoustes, tandis que des bancs de poissons investissent l’épave. Sylvain commente : « On pourrait croire qu’il suffirait de le renflouer pour le voir repartir fendre la Tamise ou le Potomac ! ».

Au terme de la plongée, il est temps de remonter, le cœur et l’esprit emplis d’images inoubliables et de rêves de futures explorations.

Plongées tek personnalisées avec Seatools

Pour organiser ces plongées profondes et techniques, l’équipe s’est appuyée sur l’expérience de la structure Seatools, dirigée par Bruno Germain, instructeur CCR (Closed Circuit Rebreather ou recycleur en circuit fermé). Plongeur depuis 1980 et ancien plongeur de bord de la Marine nationale, Bruno Germain a poursuivi après l’armée une carrière de plongeur professionnel (classe 3B). Il partage aujourd’hui son expertise à l’École nationale des scaphandriers (ENS) et propose via Seatools, fondé en 2017, des sorties « tek » personnalisées, en circuit ouvert ou recycleur Submatix.

Découvrez toutes les offres et l’équipe sur : www.seatools-var.fr

Questions pratiques à Bruno Germain

Quelle est la meilleure période pour plonger sur ces épaves ?
La période idéale s’étend de la mi-juin à la fin octobre : l’eau y est plus chaude et la visibilité optimale.

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Faut-il prendre des précautions particulières ?
Concernant le Sally, la plongée requiert une grande vigilance du fait des forts courants à proximité des passes de Giens. Au Guyane, attention à la pose de la bouée, des filets demeurent accrochés sur l’épave et l’arrière s’enfonce davantage dans la vase. Sur le Heinkel, la clarté de l’eau, certains jours, fait oublier la profondeur d’environ 80 mètres. Pour toutes ces immersions, il est indispensable d’être en excellente condition physique, de bien s’hydrater avant et après, et de respecter les consignes de sécurité pour ce type de plongée profonde.

Ressources et remerciements

À lire pour aller plus loin :

  • 100 Épaves en Côte d’Azur, Anne et J-Pierre Joncheray, Éditions Gap
  • Secrets d’épaves, Anne et J-Pierre Joncheray, Éditions Belin

Un grand merci à Bruno Germain du centre Seatools au Pradet.
Merci également à tous les compagnons de plongée pour leur confiance et leurs témoignages : Bruno Gaidan, Sylvain Compan, Jean-Christophe Pinard.
Merci aux partenaires matériels : BigBlue Dive Lights et Neoline WaterSport.

Cet article, initialement écrit par Marc Langleur pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

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