L’apnée est un art qui demande technique et précision. Stéphane Mifsud, apnéiste de renom, partage son expertise sur un geste fondamental : le canard. Que vous soyez novice ou plongeur aguerri, maîtriser cette action est essentiel pour optimiser vos performances sous l’eau.
Qu’est-ce que le canard ?
Le canard est le mouvement qui permet de passer de la position horizontale à la position verticale pour s’immerger. Malgré l’équipement sophistiqué, notre efficacité dans l’eau reste limitée comparée aux mammifères marins. Prenons exemple sur le rorqual, un géant des mers de 50 tonnes, qui, après 60 millions d’années d’évolution, exécute un canard parfait, sans éclaboussure, avec grâce et efficacité.
Pourquoi réussir son canard ?
Le canard est souvent négligé par les plongeurs, qu’ils soient apnéistes, pêcheurs sous-marins ou snorkelers. Un canard raté entraîne une dépense énergétique excessive pour sortir de la zone de flottabilité, située entre 0 et 5 mètres. Cela augmente le rythme cardiaque et réduit le temps d’apnée, provoquant une détresse d’oxygène qui peut mettre en danger le plongeur.
Un exercice révélateur
Pour comprendre l’impact d’un canard mal exécuté, essayez cet exercice : montez rapidement un escalier de 10 marches, puis faites une apnée. Votre rythme cardiaque augmentera après l’effort, ce qui diminuera votre temps d’apnée. À l’inverse, une montée douce et maîtrisée vous permettra de mieux gérer votre respiration.
Les étapes d’un canard réussi
- Ventilation calme : Utilisez votre tuba pour respirer de manière contrôlée.
- Placement stratégique : Anticipez la zone à atteindre en tenant compte du courant.
- Visualisation : Imaginez les gestes à effectuer pour une immersion fluide.
- Prise d’élan : Accumulez de l’énergie pour le mouvement.
- Pré-compensation : Équilibrez vos oreilles pour éviter la gêne.
- Positionnement : Les mains pointent vers la destination, le dos s’arrondit.
- Contrôle de la verticalité : Une jambe reste en appui sur l’eau pour stabiliser le plongeur.




La propulsion
Le poids de la jambe verticale agit comme un lanceur, tandis que la seconde jambe prend le relais. Les bras doivent tirer l’eau avec force, en maintenant une accélération constante. N’oubliez pas de compenser vos oreilles, que ce soit pendant le canard ou juste après.

Les erreurs fréquentes des débutants
Un canard mal exécuté peut avoir plusieurs conséquences :
- Désorientation : La tête en hyperextension peut perturber l’équilibre.
- Dépense d’énergie excessive : Palmage trop précoce augmente le rythme cardiaque.
- Mauvaise position : Empêche un palmage équilibré entre traction et propulsion.

Astuce pour une meilleure verticalité
Fixez votre regard sur un point stable sans hyperextension de la tête. Plonger le long d’un tombant ou se servir d’éléments en suspension dans l’eau peut aider à garder le cap. Rappelez-vous, votre tête est votre gouvernail.
Le canard : clé des profondeurs et des apnées prolongées
Pour un plongeur de 75 kg avec une combinaison de 5 mm, un lest de 5 à 7 kg est idéal pour évoluer entre 10 et 15 mètres. Le point de flottabilité neutre doit se situer vers la mi-profondeur. Trop de lestage peut rendre la descente trop rapide, compliquant la compensation et entraînant des difficultés au fond.
Les conséquences d’un lestage excessif
- Difficulté à remonter : Un excès de poids rend le retour à la surface ardu.
- Stress accru : Cela peut engendrer un essoufflement et un rythme cardiaque élevé.
- Impact sur l’environnement : Un plongeur trop lourd risque de frotter sur le fond, nuisant à la faune et à la flore.
Conclusion
Le canard est le point de départ de chaque plongée. Maîtriser ce geste est essentiel pour garantir une expérience sous-marine agréable et sécurisée. En perfectionnant votre technique, vous optimiserez vos apnées, réduirez votre consommation d’énergie et vous intégrerez mieux dans le milieu marin. Pour toute question ou échange sur ce sujet, n’hésitez pas à me retrouver sur mes réseaux sociaux : Instagram, Facebook, LinkedIn, YouTube.
Cet article, initialement écrit par Stéphane Mifsud pour notre édition papier, a été adapté pour le web.
Photos : Hervé Colombini, Yann Valton.



