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« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »
Cette citation célèbre est d’Antoine de Saint Exupéry.
Elle nous invite à réfléchir sur la manière d’inspirer et de mobiliser les autres en rappelant les deux façons opposées de conduire un projet et d’atteindre un objectif.
La première méthode est directive, efficace, mais elle a des limites. Donner des ordres, expliquer chaque étape, c’est une manière assez classique de diriger un projet. Elle garantit une certaine efficacité. Elle repose sur une organisation claire et sur la discipline. Pourtant, elle a des limites. Elle ne stimule ni la créativité ni l’initiative. Les personnes exécutent mécaniquement, parfois à contrecœur, en risquant de perdre tout intérêt pour l’objectif final. Le bateau sera construit mais il ne portera aucune flamme et encore moins celle d’une véritable passion.
L’autre possibilité s’appuie sur l’inspiration. Elle cherche à susciter chez les individus un désir, une vision, une motivation intérieure. Ici, il ne s’agit pas seulement d’exécuter des tâches, mais de trouver du sens et de s’approprier l’objectif. Quand une personne est animée par un désir profond, elle devient autonome, créative et persévérante. Elle n’agit pas parce qu’on le lui impose, mais parce qu’elle en ressent la nécessité intime. Le désir devient le moteur de l’action. Mis au service d’un collectif, cela inspire une équipe et contribuer à fixer un cap commun.
Ainsi, pour mobiliser des énergies humaines, il faut d’abord parler au cœur avant de parler à l’intellect. Créer un désir puissant (ici la mer) rend possible la réalisation du projet concret (le bateau). Finalement, le moteur de l’action humaine ne réside pas seulement dans l’obéissance, mais dans la force du désir et du sens. Elle nous interroge sur la manière de mobiliser des personnes autour d’un projet, non pas par la contrainte ou la peur, mais par l’inspiration. Cette réflexion, qui dépasse le cadre de la simple construction matérielle, trouve une résonance particulière dans notre monde actuel, marqué par les grandes urgences collectives comme celle qui concerne la crise écologique.
Aujourd’hui, nous faisons face aux effets du changement climatique. Nous devons nous adapter au mieux. Pour certains, c’est une question de survie. Or, donner uniquement des ordres (« réduire sa consommation », « trier ses déchets », « ne pas prendre l’avion ») peut sembler contraignant et démobilisateur. En revanche, si l’on parvient à susciter le désir d’un monde plus vivable, plus juste, plus respectueux de la nature, alors l’action devient un choix volontaire et collectif. C’est sans doute ce que nous n’arrivons pas encore à réaliser collectivement.
Alors, il y a le colibri qui lui, chaque jour, goutte après goutte fais ça part de travail sans être certain d’ailleurs que son action sera un réel facteur de changement. D’ailleurs il ne se pose pas la question. Il avance. Et parfois, il sort de son cadre pour proposer un cap et inviter les autres à le suivre. Comme le fier Hippocampe de la lagune du Brusc qui nous invite à poursuivre la restauration écologique de ce site emblématique de Méditerranée. A découvrir ce week-end, Hippo-Campus, un festival immersif pour sensibiliser à la protection de la lagune du Brusc (https://lebru.sc/hippo_campus/)
Construire un bateau, ce n’est pas donner des ordres, c’est donner envie de la mer.

Texte Pierre Boissery
Photo Dominique Barray