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Un essaim de méduses Pelagia illumine les profondeurs méditerranéennes, offrant un spectacle fascinant pour les plongeurs.

Chronique méditerranéenne – Les dents de la Méditerranée


La chronique méditerranéenne de cette semaine se penche sur l’actualité. La Méditerranée serait devenue dangereuse !

Les barracudas menacent les baigneurs dans les calanques de Marseille, une retraitée a été attaquée par un mystérieux poisson, la galère portugaise (la physalie pour les puristes) entraîne la fermeture des plages, un requin blanc a été aperçu au large de Porquerolles, les poissons toxiques (Arothon nigropunctatus de son petit nom poisson-ballon à taches noires, poisson en principe absent en Méditerranée) prolifèrent à cause du réchauffement climatique, le baliste a mordu les fesses d’un baigneur à moins que cela soit une oblade ou un sar … Ces derniers jours, les articles et différents posts de journaux aux contenus très variés parfois sans aucun lien avec la réalité du monde marin se multiplient, parfois juste avec une accroche et une image évocatrice, montrant souvent un requin, la menace ultime en mer.

Chronique medit baliste barraque
Un baliste, espèce soupçonnée d’avoir mordu des baigneurs…

Ça pique, ça brûle et ça mord

L’été en Méditerranée, tout semble parfait : soleil éclatant, mer chaude et turquoise, sable chaud … jusqu’à ce que quelque chose vous pique, vous brûle ou bien vous morde ! Oui, la Méditerranée abrite de petits animaux capables de gâcher temporairement une baignade. Dans la plupart des cas, il n’y a rien de bien dangereux, mais souvent cela suffit pour surprendre, inquiéter ou faire mal.

La plus connue, la plus courante et la plus médiatique est la méduse Pelagia noctiluca. Souvent transparentes et difficiles à voir arriver, parfois violettes, elles se déplacent au gré de la houle et des courants. Le contact avec ses filaments provoque une sensation immédiate de brûlure, comme une décharge électrique, suivie de démangeaisons et de rougeurs. C’est très désagréable et suffisant pour vous faire prendre un peu distance durant quelques jours avec la baignade. Les causes d’apparition de Pelagia sont plurielles : la pollution, le changement climatique, la disparition des tortues. Dans les faits, sa présence sur nos plages est parfois aléatoire. Il y a des années à méduses et des années sans méduse. Et parfois, au lieu des méduses on a des physalies.

Pelagie, pelagia noctiluca
Méduse pélagie (Pelagia noctiluca). Photo Dominque Barray

Si vous mettez le pied sur la vive, un petit poisson discret qui s’enterre dans le sable près du rivage, vous allez vite constater que sa piqûre est foudroyante. Elle provoque une douleur intense et persistante, souvent comparée à celle d’un clou chauffé à blanc dans le pied. Cela reste tout de même plutôt rare. Les poissons ont tendance à fuir les zones de baignade où le bruit et la fréquentation importante les dérangent, mais cela est possible. Difficile de voir une vive enterrée dans le sable. C’est aussi pour cela qu’il est recommandé aux enfants et aussi aux adultes de porter des méduses, pas l’animal, mais les chaussures en plastique souvent transparente, pas très fun, mais très efficaces pour protéger ses pieds. Vous ne verrez pas la vive, mais vous ne ferez pas attention non plus aux oursins dissimulés dans les roches. Et oui, ils piquent aussi. Leurs piquants se cassent au contact de la peau provoquant une douleur supportable, mais peu agréable et s’ils ne sont pas retirés, cela peut entraîner une inflammation locale. Les crabes ou certains poissons peuvent aussi pincer ou mordre les curieux qui s’approchent trop. Des morsures de baliste ont été signalées à plusieurs reprises sans savoir avec certitude si ce poisson était vraiment responsable. 

Vive semi enterrée
Vive semi enterrée.

Du plancton aux requins

Et puis il y a le tout petit, l’invisible qui se déplace dans l’eau, le phytoplancton. Il peut être urticant avec une sensation de picotement généralisé. Il est possible d’ailleurs que le réchauffement régulier de l’eau nous rappelle dans les années à venir que l’invisible est parfois plus ennuyeux que le visible.

Quant aux requins, ces grands prédateurs, on en dénombre une cinquantaine d’espèces en Méditerranée comme le grand blanc, le peau bleu, le requin mako ou bien encore les roussettes dont la taille est plus petite. Depuis plus d’un siècle, 50 attaques de requin ont été recensées dans toute la Méditerranée dont moins de 20 ont été mortelles (source : Global Shark Attack File). Sur la côte française, très peu d’incidents ont été enregistré et aucune attaque mortelle. Mais les requins gardent une très mauvaise image, entretenue par des blockbusters très efficaces pour suggérer la peur du monde marin.

Chronique medit grandblanc barraque
Un grand requin blanc, une espèce particulièrement menacée et de plus en plus rarement observée.

Nager en Méditerranée reste une activité sûre. Et l’on n’est jamais à l’abri d’une rencontre moins agréable comme le scorpion, la vipère, les moustiques, les taons, les guêpes et les frelons, les abeilles, les tiques, les araignées, les fourmis, les chenilles urticantes, les blaireaux, les sangliers ou bien encore les chauves-souris. Finalement, la terre ne semble pas moins « dangereuse » que la mer.

Texte Pierre Boissery

Photos Nicolas Barraqué

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