Depuis quelques années, je suis avec intérêt le parcours de mon fils dans une discipline méconnue et peu médiatisée : le hockey subaquatique. Ses entraînements, ses compétitions, le plaisir qu’il y trouve et les liens tissés avec ses coéquipiers et les encadrants m’ont donné envie d’en savoir plus. Aujourd’hui, je me lance à l’eau pour vous faire découvrir ce sport étonnant et totalement addictif !
Le Hockey Subaquatique : Un Sport Méconnu
Le hockey subaquatique reste un sport confidentiel, dont les compétitions et championnats sont rarement mis en avant. L’idée même de jouer au hockey sous l’eau peut paraître surprenante. Pourtant, ce sport a vu le jour dans les pays anglo-saxons entre 1954 et 1960, bien que ses règles aient mis du temps à se stabiliser.
Au début, certains essayaient de reproduire les mouvements du hockey sur glace avec une crosse à deux mains, sans succès. D’autres ont rapidement opté pour une crosse plus petite, maniable à une seule main. L’objectif est resté le même : deux équipes s’affrontent pour la possession d’un palet qu’il faut amener dans le but adverse.

L’Équipement : Léger et Adapté
Oubliez l’image d’un équipement lourd et encombrant comme celui du hockey sur glace ! Le matériel nécessaire pour le hockey subaquatique est bien plus simple. En tant que plongeur habitué aux bouteilles, j’ai dû adapter mon équipement de base pour cet entraînement :
- Masque : Le même que pour la plongée.
- Bonnet : Un bonnet de water-polo avec protège-oreilles.
- Tuba : Un tuba souple avec protège-dents externe.
- Palmes : Des palmes courtes, plus réactives que les palmes de plongée classiques.
- Crosse : L’outil essentiel pour manier le palet.
- Gant : Un gant renforcé pour protéger la main qui tient la crosse.
Chaque joueur possède deux crosses dans son sac : une noire et une blanche, correspondant aux couleurs de son équipe. Un repère visuel indispensable pour s’y retrouver sous l’eau !
Échauffement : Préparation Physique et Technique
L’heure de la mise à l’eau a sonné. Un échauffement est nécessaire pour préparer le corps à l’intensité de l’effort. Au programme : quelques longueurs de nage libre, suivies d’exercices d’apnée en binôme. L’efficacité de la reprise de souffle, déterminante dans ce sport, est particulièrement travaillée.

L’échauffement technique permet ensuite de se familiariser avec la crosse et l’inertie du palet. Ce dernier, d’environ 8 cm de diamètre et pesant 1,3 kg, a une dynamique particulière dans l’eau. Il faut apprendre à le saisir avec la crosse, le pousser, le subtiliser à l’adversaire, le conserver, le passer et, bien sûr, tirer au but.
Chacun partage ses astuces. La tenue du palet doit être précise pour le garder en sa possession, le temps de trouver un partenaire ou de tenter un but. Le hockey subaquatique reste un sport d’équipe. La position du bras est cruciale pour conserver une bonne allonge et changer rapidement de direction. Souplesse et vivacité sont de mise, car tout le corps peut être sollicité pour une feinte réussie. Qu’il s’agisse d’une feinte en S, en V, ou d’une « Benson sud-africaine », chaque technique doit être répétée à l’entraînement pour devenir un automatisme.
Le tir au but, qui paraît simple vu de la surface, exige en réalité une technique et une tonicité remarquables. Lors de mon premier essai, la distance parcourue par le palet était si courte que j’ai cru à une blague ! La position du bras, du corps et la maîtrise de la crosse sont indispensables pour un tir efficace.
Communication : Discrétion et Efficacité
Au-delà des compétences techniques individuelles, la communication entre les joueurs est primordiale. Contrairement à la plongée bouteille, où les signaux sont lents et précis, le hockey subaquatique exige une communication rapide, subtile et brève. Des signaux discrets et des automatismes sont la clé d’une communication efficace.
L’attention mutuelle entre les joueurs immergés et ceux en surface est essentielle pour relayer le porteur du palet de manière optimale. La répétition de ces échanges à l’entraînement, les allers-retours dans la ligne d’eau, la manipulation du palet et l’alternance entre jeu de fond et suivi en surface renforcent la compréhension et la cohésion de l’équipe. Un simple regard ou un signe de tête suffit à prolonger une action.
Le Match : Intensité et Adrénaline
La séance se termine par des matchs amicaux. En compétition, les équipes de 6 joueurs (plus des remplaçants) s’affrontent pendant deux mi-temps de 15 minutes. Ici, les équipes sont constituées par les encadrants en début de séance. Le coup de sifflet retentit et l’intensité du jeu prend toute sa dimension.
Pour mon premier match, je joue avec une crosse blanche et un joueur expérimenté me propose de l’imiter en tant que « poisson-pilote ». Je dois suivre ses déplacements et ses immersions au plus près. Au signal, c’est le sprint vers le palet au centre du terrain. En tant qu’ « ombre » de l’ailier, je plonge pour me joindre à l’action. C’est rapide, intense. J’aperçois le palet, mais impossible de l’atteindre. Je remonte prendre de l’air, puis redescends pour rejoindre mon « driver », qui, lui, n’a pas eu besoin de remonter respirer. Le palet s’éloigne, change de côté. Nouvelle remontée pour une bouffée d’air. J’observe le jeu depuis la surface, puis mon binôme repart à l’attaque. À deux contre un, nous parvenons à stopper l’adversaire.
Je touche enfin mon premier palet et tente une passe, tant bien que mal, à un coéquipier identifié grâce à la couleur de sa crosse. Les actions s’enchaînent à un rythme effréné, avec des phases d’immersion et de respiration très courtes. J’ai du mal à suivre et j’ai besoin d’une pause. Un coéquipier me rappelle alors une phrase que mon fils m’avait déjà dite : « Quand tu n’as pas le palet, regarde le palet. Quand tu as le palet, ne regarde pas le palet ! » Je garde ce conseil en tête et replonge dans le match. La vélocité des joueurs et leurs changements de direction sont impressionnants, même lors d’un simple entraînement.

Malgré ma fatigue, je parviens à participer à quelques actions et c’est un réel plaisir. Cependant, mon manque d’habitude à une telle intensité provoque rapidement des crampes et je dois ralentir le rythme. Le match se termine quelques minutes plus tard, clôturant la séance. Les joueurs rangent leur matériel dans une ambiance conviviale, commentant les actions et refaisant le match une seconde fois.
Un Sport Intense et Addictif
Cette première séance a été une révélation ! Je comprends mieux l’enthousiasme de mon fils pour ce sport qui combine dynamisme, tactique, technique, esprit d’équipe et dépassement de soi. L’ambiance positive est un facteur important qui encourage à s’investir. L’encadrement bienveillant permet de progresser rapidement et de prendre plaisir dans ce sport atypique et génial. Oui, je suis devenu accro ! J’ai également rencontré de jeunes passionnés, comme Marie-Lou et Léo, sélectionnés pour le championnat du monde en Malaisie, qui m’ont communiqué leur enthousiasme.
Alors, à mon tour, je vous invite à contacter la piscine ou l’espace nautique le plus proche pour savoir si un club de hockey subaquatique existe. N’hésitez pas à faire un essai ! Grâce aux nouvelles technologies, il est même possible de suivre des compétitions en direct sur les réseaux sociaux. Vous pourrez ainsi constater toute l’intensité de ce sport. Quant à moi, je crois que je vais délaisser les gradins cette saison pour aller faire chauffer mes palmes au fond du bassin…
Le Hockey Subaquatique en Chiffres
Le hockey subaquatique est géré par la FFESSM (Fédération française d’études et de sports sous-marins). On compte près de 5 000 licenciés en France. Le club H2SUB (Hyères Hockey Subaquatique), situé à Hyères-les-Palmiers dans le Var, est l’un des plus anciens et des plus importants clubs de France, avec plus de 100 adhérents. Les entraînements ont lieu plusieurs fois par semaine, répartis par groupes et niveaux (adultes et enfants). Il existe quatre divisions pour les compétitions adultes, ainsi que les catégories habituelles pour les jeunes (poussins, benjamins, minimes, cadets, juniors).
Cet article, initialement écrit par Fabien Valladier pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.
Images © Yann Valton



