Des milliers de navires se reposent sur les fonds marins. Parmi ceux accessibles à la plongée sous-marine, certains se distinguent par leur taille, leur état de conservation et leur histoire. Ces épaves ont gagné un statut mythique, devenant des objectifs de rêve pour tout passionné de plongée. Découvrons-les à travers les océans !

Des merveilles sous-marines
Majestueuses, impressionnantes, émouvantes et foisonnantes de vie, les épaves fascinent les plongeurs depuis des générations. Qu’il s’agisse de la mer Rouge ou du Pacifique, de la Méditerranée aux Caraïbes, ces sites attirent les explorateurs marins.
Beaucoup de ces épaves sont des victimes de guerres, ayant participé aux conflits mondiaux comme le Fujikawa Maru ou ayant été coulées par accident, comme le Donator. D’autres, comme le Ghiannis D, ont subi des naufrages accidentels. Certaines épaves, comme le sous-marin Rubis, ont été intentionnellement coulées selon les lois locales.

Certaines épaves exigent des compétences avancées en plongée en raison de leur profondeur et des forts courants. Cependant, beaucoup sont accessibles à tous, leur structure émergeant parfois à seulement quelques mètres de la surface.
Les écrins de biodiversité
Nous allons explorer quelques-unes de ces épaves emblématiques, bien qu’il en existe tant d’autres, certaines célèbres, d’autres presque inconnues, chacune offrant une nouvelle dimension à l’expérience de plongée.
Chaque épave est devenue un récif artificiel, abritant une multitude d’espèces marines, servant de lieu de vie et de reproduction. La nature reprend ses droits, recouvrant ces vestiges de gorgones et de coraux. Malheureusement, certaines commencent à montrer des signes de vieillissement, leurs structures s’effondrant lentement. Espérons que de nouvelles épaves viennent enrichir l’expérience des futures générations de plongeurs.
Le Donator
Un récif artificiel fascinant
Incontournable pour les passionnés d’épaves méditerranéennes, le Donator est situé à environ cinquante mètres au sud-est de Porquerolles. Cet ancien pinardier est devenu un habitat vibrant de vie, colonisé par des gorgones rouges et des bancs de poissons.

Construit en 1931 en Norvège, le Donator a eu une carrière courte. Coule par une mine en 1945, ce navire puissant de 78 mètres était capable de naviguer à près de 15 nœuds. La compagnie propriétaire, Schiaffino, a perdu tous ses vaisseaux pendant la guerre. Le Donator a notamment été appelé Prosper Schiaffino à l’époque de son naufrage.
Le 11 octobre 1945, il part d’Algérie avec une cargaison de vin, mais à proximité des îles d’Hyères, il rencontre un champ de mines. Le capitaine, par précaution, évite de passer par la petite passe de Porquerolles, mais une mine explose, coupant le navire en deux en moins de cinq minutes. Les survivants se jettent à l’eau et doivent attendre des secours pendant quatre heures.
Une faune marine riche
L’épave, bien que vieillissante, est l’une des plus belles de la région. Le mât, autrefois emblématique, s’est effondré en 1999, mais des gorgones pourpres recouvrent toujours de nombreux éléments de l’épave. Poissons-barbiers, sars, dorades, dentis et sérioles y nagent.

Son exploration est réservée aux plongeurs confirmés : la proue est à 48 mètres et l’hélice à 51 mètres. Les courants peuvent être particulièrement violents, rendant l’accès difficile.
- Point GPS : 42° 59’ 57’’ N – 006° 16’ 43’’ E
- Profondeur : 35 à 51 mètres
- État de conservation : bon, malgré des signes de dégradation
- Visibilité : variable
- Niveau requis : confirmé
- Accès : sorties organisées par tous les clubs locaux
Le Roraima
Témoin d’une tragédie
Le Roraima est une épave chargée d’histoire, résultant de l’éruption de la montagne Pelée en 1902, qui a détruit Saint-Pierre et provoqué la mort de plus de 30 000 personnes. L’épave, surnommée par Jacques Cousteau, n’a été redécouverte qu’en 1974.

Après l’explosion, le Roraima a brûlé pendant trois jours avant de sombrer à 60 mètres de profondeur. Les signes de l’éruption étaient présents : secousses, colonnes de fumée, mais aucun ordre d’évacuation. Le 8 mai, la catastrophe a été fulgurante.
Une beauté sous-marine
Aujourd’hui, le Roraima repose sur un fond de sable, colonisé par des coraux et des gorgones. Avec ses 120 mètres de long et 15 mètres de large, il nécessite plusieurs plongées pour explorer ses mystères. Les superstructures ont subi des dommages, mais la proue reste imposante.

Les plongeurs peuvent visiter divers lieux à bord, y compris la salle de bains du commandant et la cuisine. Caution est de mise, car la visibilité peut être compromise par les cendres et la vase.
- Point GPS : 14° 44′,300 N – 61° 11′,050 W
- Profondeur : 60 mètres
- État de conservation : excellent
- Visibilité : moyenne
- Niveau requis : confirmé
Le SS President Coolidge
Le géant englouti
Le 26 octobre 1942, le SS President Coolidge coule près de Espiritu Santo. Long de 200 mètres, c’est l’une des plus grandes épaves de la Seconde Guerre mondiale, reposant entre 20 et 80 mètres de profondeur.

Bâtie pour le luxe, cette embarcation a été réquisitionnée pour transporter des troupes. Le 26 octobre, alors qu’il navigue vers Luganville, le navire heurte un champ de mines. Après une série d’explosions, le capitaine parvient à évacuer des milliers de soldats avant que le navire ne sombre.
Plongée accessible à tous
Actuellement, le President Coolidge est en excellent état de conservation et accessible à tous, avec des profondeurs variant de 21 à 73 mètres. Les plongeurs peuvent plonger depuis la plage pour découvrir l’immense épave.
- Point GPS : 15° 31’ 27’’ S – 167° 14’ 07’’ E
- Profondeur : 21 à 73 mètres
- État de conservation : excellent
- Visibilité : bonne
- Niveau requis : accessible à tous selon les zones
Cet article, initialement écrit par Isabelle Croizeau, Brigitte Rives et Emmanuel Bernier pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.



