Dragons couverture

Les dragons d’Australie-Méridionale

Moins connues que la Grande Barrière de corail, les eaux tempérées du continent australien offrent une biodiversité exceptionnelle et des paysages sous-marins époustouflants, où s’entrelacent des forêts de kelp doré et des jardins d’éponges multicolores. Bienvenue dans le Grand Récif méridional, foyer de l’une des créatures marines les plus élégantes et rares sur notre planète : le dragon de mer feuillu.

Dragons (2)
L’éclairage au flash révèle de subtiles différences de couleurs entre la robe du dragon et les algues environnantes. © Nicolas Remy

Le Grand Récif méridional

Le Grand Récif méridional (Great Southern Reef) désigne, depuis 2015, une superficie de 71 000 km² de récifs tempérés longeant la moitié sud de l’Australie, de Brisbane à Kalbarri, en passant par Sydney, Melbourne, Adélaïde et Perth. Deux espèces de dragons de mer, appartenant à la famille des syngnathidés, y résident. Le dragon de mer commun, ou dragon de mer phylloptère (Phyllopteryx taeniolatus), peut être aperçu le long de toute la côte sud, y compris en Tasmanie. Il est même possible de le rencontrer à Sydney, malgré sa population de 5 millions d’habitants. En revanche, le dragon de mer feuillu (Phycodurus eques) est limité à l’Australie-Méridionale et au sud de Perth, en Australie-Occidentale.

Dragons (3)
Un plongeur évolue parmi les algues dans les eaux cristallines d’Ewen Ponds. © Kerrie Burow

Un camouflage extraordinaire

Le dragon de mer feuillu tire son nom d’un camouflage sophistiqué : des excroissances en forme de feuilles émergent de son corps, lui permettant de se fondre parmi les algues de son habitat. Sa couleur dépend de la profondeur et de son régime alimentaire. La plupart des plongeurs le rencontrent en eaux peu profondes (moins de 12 mètres), autour des trois péninsules d’Australie-Méridionale, où il peut être vert pâle, jaune ou orangé. En revanche, à des profondeurs plus importantes (jusqu’à 50 mètres), sa teinte devient brune, et certains chanceux ont même aperçu un dragon à la robe rouge bordeaux. À maturité, ces dragons peuvent atteindre 40 centimètres de long.

Dragons (8)
L’élégance du dragon des mers feuillu ne doit pas faire oublier ses redoutables qualités de prédateur. © Nicolas Remy

Le dragon feuillu est un nageur plutôt lent et maladroit en raison des plaques osseuses et de la rigidité de sa peau. Il se déplace à l’aide de petites nageoires translucides situées à l’arrière de sa tête, n’utilisant sa queue que comme gouvernail. De plus, sa vessie natatoire lui permet de réguler sa flottabilité. Ses mouvements fluides imitent ceux des algues, renforçant son camouflage. En raison de sa singularité, le dragon de mer feuillu est une attraction prisée pour de nombreux plongeurs en Australie-Méridionale. Il est souvent considéré comme le favori de Sir David Attenborough, célèbre narrateur de documentaires animaliers.

À leur recherche dans les trois péninsules

L’Australie-Méridionale possède une superficie presque deux fois plus grande que celle de la France. Cependant, les dragons de mer se rencontrent principalement le long des trois péninsules au sud-est de l’État. Les plongées se font à partir du bord, souvent près des jetées où la vie marine est riche, dans des eaux peu profondes (rarement plus de 12 mètres).

Dragons (1)
Un banc de « old wives », Enolosus armadas, rencontre typique du Grand Récif méridional. © Nicolas Remy

Péninsule Fleurieu

La péninsule Fleurieu, proche d’Adélaïde, offre la plus vaste sélection de sites pour chercher les dragons de mer. La jetée de Rapid Bay est le site le plus fréquenté, avec des escaliers aménagés permettant d’accéder facilement à l’eau. Il n’est pas rare d’y apercevoir jusqu’à 4 dragons en un week-end, dans des profondeurs maximales de 12 mètres. À proximité, la plage de Second Valley, avec ses 6 mètres de profondeur, est un autre bon spot. En cas de houle d’ouest, la ville de Victor Harbour, sur la côte est, représente un bon abri, où il est aussi possible d’observer les dragons.

Péninsule de Yorke

Pour ceux qui se dirigent vers la péninsule de Yorke, la jetée d’Edithburgh, datant de plus de 150 ans, est l’endroit le plus recommandé. Ses piliers sont ornés de concrétions d’éponges colorées, attirant une faune sous-marine riche.

Dragons (7)
La nuit Les crabes décorateurs sortent s’alimenter sous la jetée d’Edinburgh. © Nicolas Remy

Péninsule d’Eyre

Enfin, la péninsule d’Eyre est la moins accessible mais attire les plongeurs pour plusieurs raisons. Port-Lincoln, à la pointe sud, est le point de départ des croisières vers les Neptune Islands pour plonger en cage avec des grands requins blancs. De plus, en hiver, les seiches géantes australiennes (Sepia apama) se rassemblent par milliers pour se reproduire près de la tranquille ville.

Cet article, initialement écrit par Nicolas Rémy pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

Images © Nicolas Remy

Partagez cette publication

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *