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Les ordinateurs de plongée sont des outils essentiels pour garantir la sécurité des plongeurs. Cependant, leur logiciel n’est pas certifié, malgré le marquage « CE » qui peut prêter à confusion. Ce marquage se limite en réalité aux capteurs de pression et de mesure du temps. Examinons de plus près les réglementations qui encadrent ces dispositifs.
Le règlement UE 2016/425 impose le marquage « CE » pour les équipements de protection individuelle (EPI) commercialisés, prêtés ou loués au sein de l’Union Européenne. Cette réglementation vise à garantir la santé et la sécurité des utilisateurs tout en assurant la libre circulation des EPI conformes. Les États membres ne peuvent pas entraver la mise à disposition de ces équipements.
Les profondimètres et les instruments combinant la mesure de la profondeur et le chronométrage automatique sont considérés comme des accessoires de plongée, soumis à la norme NF EN 13319. Les exigences de précision sont strictes :
Les instruments de plongée mesurent la pression (pression atmosphérique + pression de l’eau) grâce à un capteur piézo-électrique. Ce processus implique plusieurs facteurs :

Prenons un exemple avec une pression de 6 bars :
Ainsi, pour une même pression, la profondeur affichée par un ordinateur de plongée peut varier de 1 à 2 mètres. Cela souligne l’importance de ne pas se fier aveuglément aux lectures des appareils.
La norme NF EN 13319 précise que toute information relative aux obligations en matière de décompression est exclue de son domaine d’application. Les logiciels des ordinateurs de plongée ne sont donc pas normalisés, ce qui peut entraîner des variations significatives dans les résultats d’un appareil à l’autre.

Le modèle de Haldane, utilisé par la plupart des ordinateurs de plongée, est conçu pour une plongée par 24 heures. Pour les plongées multiples, c’est au fabricant de déterminer l’algorithme à appliquer. Les ordinateurs de plongée se divisent en trois catégories :
Les remontées rapides, les plongées yo-yo et les interruptions de paliers augmentent le risque d’accidents de désaturation, mais ces situations ne sont pas modélisées. Les plongeurs doivent donc être vigilants et suivre les protocoles appropriés en fonction de leur formation.
L’absence de normalisation des calculs de désaturation doit inciter les plongeurs à s’interroger sur le choix de leur ordinateur de plongée et sur les procédures à adopter, en restant toujours responsables de leur sécurité.
Cet article, initialement écrit par Alain Foret pour notre édition papier, a été adapté pour le web.
Photos : Nicolas Barraqué.
Sources
Art. 7, règlement UE 2016/425.
A. A. Bühlmann, E. B. Vollm, P. Nussberger, Tauchmedizin, Springer-Verlag Berlin Heidelberg 1990, 1993, 1995, 2002, p. 165 dans l’édition de 2002.
Norme NF EN 13319.
Haldane J.-S. et coll., The Prevention of decompression air Illness, J. Hyg., 1908, pp. 369-370.
A. A. Bühlmann, Behavior of dive computer algorithms in repetitive dives: experience and needed modifications, in Hamilton R. W., The effectiveness of dive computers in repetitive diving, Undersea and Hyperbaric Medical Society, Inc, 1995.
Manuel d’utilisation Sirius (Mares), p. 13.
Foret A. et Frasquet E., Ordinateurs de plongée et absence de surpénalisation des plongées successives, Worldivers, ResearchGate, déc. 2023.
Voir la série des livres de formation Plongée Plaisir, A. Foret, Éditions GAP.