Un groupe de majestueux cachalots nage paisiblement dans les profondeurs bleues, illustrant la splendeur de la vie marine.

Se déplacer dans l’océan


Nager, se laisser porter, voguer au gré des courants… Les animaux marins évoluent avec aisance dans l’élément liquide, qui est pourtant 800 fois plus dense que l’air. Que ce soit un poisson, un crustacé ou un mammifère marin, chacun développe ses propres adaptations pour se déplacer.

Nudibranche
Les nudibranches rampent sur le substrat grâce à leur pied musculeux, garni de petits cils vibratiles et de glandes sécrétant un mucus. Celui-ci facilite la reptation par glissement de l’animal. © Dominique Barray.

La locomotion des animaux marins

Le milieu marin est un challenge pour les organismes qui y vivent. La densité de l’eau, variant selon la salinité et la température, nécessite des efforts supplémentaires pour nager, entraînant une dépense énergétique plus élevée. Toutefois, cette même salinité facilite également la flottaison, réduisant ainsi le coût énergétique de la navigation.

Se déplacer est crucial pour les animaux marins. Cela leur permet de :

  • Rechercher et capturer des proies
  • Échapper aux prédateurs
  • Explorer de nouveaux habitats
  • Se reproduire
  • Migrer

Les nageoires et leurs spécificités

La majorité des poissons fusiformes possèdent des nageoires qui leur assurent un déplacement fluide dans l’eau. 

  • Nageoire caudale : Située à la queue, elle est essentielle pour la propulsion et le changement de direction. 
  • Nageoires pectorales : Situées sur les flancs, elles aident à manœuvrer, accélérer et freiner.
  • Nageoires pelviennes : En tandem avec les pectorales, elles stabilisent le poisson.

La nageoire dorsale et la nageoire anale jouent le même rôle qu’une quille de bateau en assurant la stabilité directionnelle.

Marteau
Les requins-marteaux sont pourvus de nageoires charnues, fixes et rigides, la nageoire caudale servant à la propulsion.

Chaque espèce présente des variations dans leur organisation. Par exemple, les raies, qui sont aplaties, n’ont pas de nageoire anale mais possèdent des nageoires pectorales très développées, leur conférant une grâce particulière en propulsion.

Les chondrichtyens, comme les requins, disposent de nageoires charnues et rigides, tandis que les poissons osseux, comme le mérou et le poisson-perroquet, ont des nageoires composées de rayons osseux liés par une membrane.

Poulpe
Afin d’échapper rapidement à un prédateur, les poulpes se déplacent grâce à un véritable système de propulsion à réaction.

Locomotion chez les mammifères marins

Les mammifères marins, comme les baleines, possèdent un corps hydrodynamique optimisé pour la nage. Leur nageoire caudale est orientée horizontalement, souvent divisée en deux lobes, agissant comme un puissant moteur. La baleine à bosse, par exemple, nage généralement à 8 km/h, mais peut atteindre 30 km/h en pointe.

Les pinnipèdes, tels que les phoques et otaries, se déplacent différemment. Sur terre, le phoque se déplace en rampant, tandis qu’en eau, il utilise ses membres postérieurs pour se propulser, tandis que les membres antérieurs aident à la stabilisation.

Astuce de vitesse : le marsouinage

À mettre en marge
Saviez-vous que certains mammifères marins adoptent un mode de propulsion unique, le marsouinage, qui consiste à alterner des grandes nages en surface avec des sauts à l’horizontale ? Ce n’est pas seulement une méthode pour les marsouins. Des dauphins et des loutres de mer utilisent également cette technique, permettant de réduire la résistance de l’eau et de gagner en vitesse.

Se déplacer sur le fond marin

Une moule fixée à son rocher, c’est ce que l’on pense, mais en réalité, elle peut se déplacer, contrairement à l’huître. Les bivalves comme les pétoncles peuvent rompre leur byssus pour se déplacer. Ils claquent alors leurs valves, ce qui leur permet de se déplacer sur de courtes distances et d’échapper à des prédateurs.

Chez les crustacés, la marche et la nage sont les deux modes de locomotion principaux. Les crevettes, crabes et langoustes évoluent sur le fond marin. Pour exemple, le crabe bleu américain, Callinectes sapidus, est connu pour ses longues migrations.

Adaptations uniques des espèces

Les oursins se déplacent grâce à des piquants et des pieds ambulacraires. Ces derniers, petits tubes flexibles, leur permettent de se déplacer même sur des surfaces abruptes.

Les nudibranches, quant à eux, se déplacent souvent en rampant comme les escargots. Leur pied musculeux, doté de cils vibratiles et de sécrétions muqueuses, facilite leur déplacement sur les fonds meubles.

Corb1
les poissons osseux comme ce corb, Sciaena umbra, possèdent différentes nageoires dont le rôle dans le déplacement de l’animal est bien déterminé.

Flottabilité et dérive

Pour économiser de l’énergie, de nombreux organismes planctoniques se laissent porter par les courants. Les méduses, par exemple, ont un corps composé à 96 % d’eau de mer, ce qui leur confère une flottabilité naturelle.

Les méduses utilisent une nage pulsatile pour se propulser dans l’eau, créant des tourbillons pour désorienter leurs proies.

Oeuf au plat
Les méduses, dont la méduse oeuf au plat, Cotylorhiza tuberculata, se déplacent en laissant porter par par les courants.

Autres modes de transport

Certains organismes marins, comme le poisson rémora rayé, Echeneis naucrates, profitent du transport en s’accrochant à des hôtes plus grands comme les raies ou les requins. Cela leur permet de se déplacer sans effort tout en se nourrissant des restes des repas de leur hôte.

D’autres, comme les anémones de mer, se fixent sur les coquilles des bernard-l’hermite, profitant ainsi du transport tout en protégeant leur hôte des prédateurs.

Salpes
Les salpes sont tuniciers planctoniques. Comme les autres organismes planctoniques, ils se déplacent sans effort en se laissant dériver au gré des courants. © Dominique Barray.

Musculature des thons

Apercevoir un thon, comme le thon rouge, Thunnus thynnus, en train de sauter est rare tant sa vitesse est impressionnante. Il peut atteindre 90 km/h grâce à une chaleur produite par la contraction de ses muscles, une adaptation similaire à celle des mammifères.

La locomotion des céphalopodes

Avec une musculature puissante, les céphalopodes sont les rois de la locomotion. À l’aide de l’hydropropulsion, le poulpe chasse l’eau dans son manteau pour se déplacer rapidement, tandis que les calmars utilisent leurs nageoires pour manœuvrer.

La vessie natatoire

La vessie natatoire des poissons osseux joue un rôle crucial dans le maintien de la profondeur. En régulant les gaz, elle leur permet de flotter sans effort, contrairement aux requins qui n’en possèdent pas.

Cet article, initialement écrit par Pascaline Bodilis-Guillemain pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

Photos © Nicolas Barraqué.

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