La rentrée rime souvent avec bonnes résolutions, et pour les passionnés d’apnée, cela signifie souvent retourner au bord de mer ou aux bassins d’eau chlorée pour (re)plonger sous la surface. Mais où s’initier ou se perfectionner en fonction de ses aspirations ? Faisons un tour d’horizon des multiples possibilités offertes aujourd’hui dans cet univers sans bulles, qui a beaucoup évolué ces dernières années.
Une activité bousculée, mais pleine d’espoir
Après une nouvelle année difficile marquée par la crise sanitaire, qui n’a pas encore dit son dernier mot, il est légitime d’espérer que la pratique sportive se normalise. Pour beaucoup de licenciés en clubs associatifs, la fermeture rapide des bassins en juin a été une vraie frustration, obligeant à reposer les palmes peu après leur réouverture. Les plus chanceux ont pu profiter de l’été pour se rapprocher de la mer, plonger en carrière ou partir à l’aventure dans des contrées exotiques, alternant immersion et tests PCR. Quoi qu’il en soit, la majorité d’entre nous attend avec impatience la reprise de la pratique, que ce soit en milieu urbain ou en bord de mer, en club associatif, entre amis ou en solo, avec des sorties en piscine après le travail.

Ce contexte est idéal pour faire un point sur les évolutions récentes du monde de l’apnée encadrée, riches et nombreuses ces cinq dernières années.
Un engouement croissant pour l’apnée
Avec plus de 24 000 licenciés, la Commission Apnée de la FFESSM est aujourd’hui la seconde commission en termes d’effectifs, juste après celle de la plongée en scaphandre. Ce succès s’explique non seulement par un regain d’intérêt pour les activités en pleine nature, accentué ces 18 derniers mois, mais aussi par la visibilité accrue grâce à des images sous-marines spectaculaires dans des documentaires, publicités ou films. Ces productions montrent des paysages sous-marins exceptionnels, des rencontres avec des animaux mythiques, ou des mises en scène ludiques transposant des situations terrestres sous l’eau.

Cet univers magique, où le dépassement de soi est au cœur de la pratique, tout en respectant le milieu marin, attire un public toujours plus large et hétérogène. En effet, si l’apnée sportive est souvent associée aux records de profondeur et de durée, la pratique loisir a connu un essor tout aussi remarquable.
De plus en plus de jeunes, actifs et seniors découvrent l’apnée avec des motivations diversifiées : recherche d’aisance aquatique, sécurité, exploration de la faune sous-marine, quête de sérénité et d’harmonie corps/esprit, ou encore exercice physique doux.

Ce boom se traduit par une forte demande de créneaux piscine pour les clubs, la création de nouvelles sections d’apnée dans des comités d’entreprise ou des clubs de plongée bouteille. Par ailleurs, des alternatives à l’apnée classique – statique, dynamique ou en profondeur – émergent : apnée sous glace, scooter sous-marin, mermaiding, entre autres.
Les destinations proposées sont tout aussi variées, des plongées en cénotes mexicains (eaux souterraines) aux expéditions polaires pour observer les orques en Norvège. L’offre s’étend des séances sportives intensives et coaching d’athlètes aux pratiques associant apnée et yoga pour plus de zenitude, avec aussi des activités adaptées aux enfants et des exercices de respiration, répondant ainsi à tous les profils et goûts.
La diversification de l’apnée professionnelle
Si vous trouvez désormais facilement des activités d’apnée à proximité, toutes ne sont pas proposées par les mêmes types de structures. Le marché professionnel français s’est profondément transformé. Là où, il y a dix ans, les clubs professionnels d’apnée se comptaient sur les doigts d’une main et étaient essentiellement concentrés sur la côte méditerranéenne près de la frontière italienne, ils sont aujourd’hui nombreux et présents le long de tout le littoral français, y compris sur la côte Atlantique.

Ces structures existantes se sont grandement développées, offrant désormais du matériel de qualité en location, des vestiaires, douches, gueuses et salles de cours, tout en diversifiant leurs offres avec du yoga, formations techniques, exploration ou photo sous-marine.
Jusqu’en 2017, enseigner l’apnée en France nécessitait un Brevet d’État d’éducateur sportif option plongée subaquatique (en scaphandre), ce qui freinait l’émergence d’un enseignement spécifique à l’apnée, appréciée justement pour sa simplicité et son côté libre. Ensuite, les enseignants devaient trouver un emploi salarié ou travailler en freelance.

L’apparition du BPJEPS et du DEJEPS « plongée hors scaphandre » a peu à peu ouvert la porte à une nouvelle génération d’encadrants, de nouvelles méthodes pédagogiques et spécialisations. L’enseignement ne se limite plus aux structures professionnelles classiques : des formules « volantes », gérées par des indépendants, se sont multipliées, proposant des cours en bord de mer, en lac ou carrière, souvent adaptés à des pratiques spécifiques (par exemple, apnée senior, apnée pour le surf, pêche sous-marine).
Si ce modèle offre plus de souplesse géographique, il peut néanmoins impliquer moins de confort matériel : absence de vestiaires, matériel de location limité, sorties souvent directement du bord sans bateau.
L’apnée en club associatif : un pilier incontournable
Les clubs associatifs rassemblent des membres vivant généralement à proximité du lieu d’entraînement. Ils sont parfaits pour pratiquer régulièrement toute l’année, en général en piscine couverte, même si certains proposent aussi des sorties en mer depuis un bateau. Ces clubs offrent un cadre structuré avec des horaires fixés annuellement, et un encadrement assuré par des Moniteurs Entraîneurs Fédéraux (MEF1 ou MEF2) bénévoles.

Si l’enseignement associatif ne permet pas toujours d’approfondir toutes les techniques avancées de l’apnée, il offre néanmoins la possibilité de valider les premiers niveaux, de maintenir une bonne condition physique et de s’impliquer à son rythme. Les séances, bien que peu individualisées, favorisent les échanges et le partage d’expérience entre adhérents.

Le grand nombre d’adeptes a parfois créé des difficultés pour l’accès, avec des clubs pris d’assaut et des places limitées. De nouvelles sections associatives liées à l’apnée voient le jour dans des clubs historiques de plongée bouteille, avec des spécialisations telles que tir sur cible, hockey subaquatique, ou même apnée pour enfants. Pour débuter, intégrer une section généraliste d’apnée permet d’avoir une vue d’ensemble, d’appréhender les diverses disciplines et de poser des bases solides avant de se spécialiser.
Choisir son milieu de pratique
- La piscine : idéale pour s’entraîner toute l’année en apnée statique et dynamique, avec un cadre sécurisé et indépendant de la météo.
- La mer : offre un cadre naturel extraordinaire, mais reste une pratique souvent saisonnière. Elle met l’accent sur la profondeur et la compensation.
- La fosse : compromis intéressant, elle permet d’entretenir les techniques de profondeur, même hors saison, et favorise le perfectionnement.
Club professionnel ou associatif : un duo gagnant
La meilleure option consiste souvent à combiner les deux : pratiquer régulièrement en club associatif pour maintenir son niveau et apprendre progressivement, tout en profitant ponctuellement d’une formation personnalisée en structure professionnelle pour accélérer sa progression, éviter la stagnation et affiner sa technique.
| Club Associatif | Club Professionnel |
|---|---|
| Horaires fixés à l’avance | Horaires adaptés, sur mesure |
| Pratique en groupe | Petits groupes ou cours particuliers |
| Encadrement moins individualisé | Programme personnalisé |
| Adhésion annuelle, coût modéré | Paiement à la prestation |
| Encadrants bénévoles (IE, MEF) | Encadrants rémunérés (BEES, BPJEPS, DEJEPS) |
Bien choisir sa structure d’accueil
Dans un secteur partagé entre associations et entités commerciales, il est important de rester vigilant face à certaines dérives. Voici quelques éléments essentiels à vérifier avant de vous engager dans une structure :
Le statut de la structure
Une association ne doit pas concurrencer le secteur marchand et doit respecter quatre conditions :
- Répondre à un besoin non ou mal satisfait par le marché.
- S’adresser à des publics spécifiques avec des avantages particuliers (chômeurs, personnes handicapées, etc.).
- Pratiquer des tarifs nettement inférieurs au marché, modulés selon la situation des clients.
- Ne pas diffuser une communication assimilable à de la publicité commerciale.
Dans le cas contraire, elle doit acquitter les mêmes impôts que les entreprises. Un statut flou peut être source de problèmes : prenez donc soin d’identifier précisément dans quel cadre vous pratiquez, pour garantir une immersion dans des structures sérieuses et assainies.
L’agrément et l’affiliation
Toutes les structures, qu’elles soient associatives ou professionnelles, doivent être affiliées à une agence reconnue telle que FFESSM, AIDA, PADI ou SSI, avec un certificat d’affiliation à jour. Par exemple, une structure professionnelle affiliée FFESSM doit être une « Structure Commerciale Agréée » (SCA) pour proposer ses formations.
Les qualifications des encadrants
En France, seul un éducateur sportif titulaire d’un diplôme officiel (BEES, BPJEPS, DEJEPS) et d’une carte professionnelle valide peut encadrer et percevoir une rémunération. Ces documents doivent être affichés clairement : n’hésitez pas à les demander.
Dans les clubs associatifs, ce sont les Moniteurs Entraîneurs Fédéraux (MEF) qui assurent l’encadrement, généralement bénévoles. Il est légal que certains éducateurs sportifs salariés soient employés par des associations.
Sécurité
Tout site d’apnée, qu’il s’agisse d’un bateau ou d’un bassin, doit assurer une sécurité minimale comprenant notamment :
- Kit d’oxygénothérapie
- Trousse de premiers secours
- Plan d’organisation des secours visible de tous
- Radio VHF fonctionnelle
Il est souhaitable que les sessions disposent de longes, d’un encadrement proportionné (idéalement un encadrant pour 4 élèves) et d’un briefing précis sur la sécurité. La vigilance constante sur chaque plongeur est primordiale.
Assurance
Avant de vous engager, assurez-vous que la structure détient une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant les prestations proposées. Une absence d’assurance peut mettre en jeu la responsabilité civile des présidents de club ou des participants en cas d’accident.
En résumé : préparer sa rentrée en apnée en toute sérénité
Un peu d’organisation administrative et un choix éclairé de votre structure vous garantiront une reprise sereine de l’apnée cet automne. Qu’il s’agisse de loisirs, de sport ou de découverte, l’important est de pratiquer en toute confiance, tout en respectant l’environnement et les règles de sécurité inhérentes à cette activité unique.
Texte initialement rédigé par Audrey Dubern pour l’édition papier de PLONGEZ!, adapté pour le web.



