Anilao, tout comme son homologue indonésien de Lembeh, s’est fait une réputation dans le domaine de la muck dive. Cette destination est connue pour sa richesse en espèces marines rares et étonnantes, s’étalant sur une cinquantaine de sites de plongée.

Un Festival Sous-Marin
Plonger à Anilao, c’est plonger sur un fond de sable gris parsemé de sédiments, où une multitude de créatures attendent d’être découvertes. Parmi elles, on trouve des poulpes mimétiques, des poulpes noix de coco, des seiches flamboyantes, des poissons-crapauds et des poissons-feuilles.

Selon Erik Goossens, photographe belgo-suisse et habitué du Buceo Anilao Beach & Dive Resort, « après deux ans de restrictions dues à la pandémie, les sites sont particulièrement riches et présentent une impressionnante variété de nudibranches, avec près de 600 espèces différentes. » Parmi celles-ci, le mélibe fantôme, observé aussi à Lembeh, est rare en dehors de ces deux destinations.

Préserver les Écosystèmes
Actuellement, une quarantaine de resorts s’étalent le long des 35 kilomètres de côtes de la presqu’île d’Anilao, partageant quotidiennement une cinquantaine de sites de plongée, tels que Sammy’s Point, nommé d’après le célèbre guide local Sammy Mendoza, et Secret Bay, véritable réservoir de trésors marins.

Cependant, la pression sur les écosystèmes est bien réelle. Pour minimiser l’impact des ancres, certains resorts ont commencé à installer des bouées d’amarrage et à coordonner leurs activités afin de réduire le nombre de palanquées plongées au même endroit. « Nous débutons chaque sortie par un briefing pour souligner l’importance de maîtriser sa flottabilité et d’éviter de toucher le milieu marin », explique Erik.

Même si cela peut être complexe, les guides sont formés pour dire non à des demandes qui pourraient nuire aux espèces. Lors des concours de photographie, des juges veillent également à la bonne conduite des plongeurs. Erik conclut : « Il est crucial de réfléchir à la préservation de nos écosystèmes. »
Au Fil des Saisons
La plongée à Anilao est possible toute l’année, mais certains mois sont plus favorables. Erik indique qu’en novembre et décembre, même si l’eau est plus fraîche (23°-24°), c’est la période de reproduction, la plus fascinante pour l’observation des comportements animaliers.

Les guides jouent un rôle essentiel dans la qualité des plongées. En plus de leur connaissance des courants et des zones abritées, leur mission est de dénicher les animaux recherchés par les plongeurs. Erik explique que « les plongeurs arrivent souvent avec une liste d’espèces à photographier. Tous nos guides sont philippins et échangent des informations entre les différents resorts. »

Les guides encouragent les visiteurs, qu’ils soient photographes ou non, à se renseigner sur les espèces et leurs habitats avant de plonger, surtout pour les séjours axés sur la muck dive. Apprendre sur ces animaux permet de devenir un acteur de la recherche marine et de ne pas simplement cocher des noms sur une liste. Connaître leurs habitudes permet de voir les fonds marins sous un nouveau jour et d’intensifier l’expérience de recherche.
La Tête Hors de l’Eau
Anilao est une destination prisée des Philippins, en particulier des habitants de Manille qui s’y rendent souvent le week-end. En plus de la plongée, on peut y pratiquer diverses activités nautiques, telles que des balades en bateau, du jet-ski ou de la planche à voile. Pour ceux qui ont un peu plus de temps, explorer Manille ou les rizières de Banaue, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, constitue une belle extension de voyage.
Informations Pratiques
- Meilleure Saison : de mars à mai pour une visibilité optimale, et en novembre/décembre pour observer les comportements animaliers.
- Niveau Requis : accessible à tous.
- Température de l’Eau : environ 28 °C.
- Voyagistes : tous les voyagistes proposent des séjours.
- Tarifs : environ 2500 euros pour une semaine et une quinzaine de plongées.
Témoignage
Martine, plongeuse PADI avancée, partage son expérience à Anilao : « La Muck Dive, c’est un peu comme une chasse au trésor. On découvre des espèces incroyables, souvent très petites, cachées dans des endroits improbables. Ces petites bestioles m’inspirent, car leur vie est fascinante et unique. Mes plus belles émotions de plongée sont survenues lors d’explorations en muck dive, une passion dévorante qui m’accompagne depuis 18 ans. »
Cet article, initialement écrit par Isabelle Croizeau, pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.
Images © Dominique Barray



