A 24 ans, je suis fier d’être moniteur de plongée diplômé d’État ! L’eau a toujours été mon élément : pêche, apnée, chasse sous-marine, plongée bouteille… Impossible pour moi d’imaginer ma vie loin de la mer. Mon baptême de plongée à 8 ans a été le début d’une passion. J’ai gravi les échelons : niveau 1, 2, 3, 4, jusqu’au DEJEPS option plongée subaquatique au CREPS de Montpellier.

Cette formation, indispensable pour être moniteur rémunéré en France, représente un investissement conséquent. Heureusement, plusieurs options de financement existent : Pôle Emploi, CPF (compte personnel de formation), aides régionales, et le contrat d’apprentissage, que j’ai choisi.
L’apprentissage : une voie royale vers le monitorat
Motivé et déterminé, j’ai quitté mon emploi de cuisinier pour me consacrer pleinement à la plongée. J’ai validé le PSE1 (premiers secours en équipe) et le permis côtier, prérequis pour le DEJEPS plongée. Une fois inscrit, il fallait trouver un financement et un centre de plongée pour les stages, alternant CREPS et entreprise.

En 2020, au Salon de la plongée de Paris, j’ai rencontré l’équipe d’Espace Mer, à la Tour Fondue, presqu’île de Giens (Hyères – Var). Après avoir exposé mes motivations, ils m’ont proposé un stage de deux semaines pendant mes vacances d’été. Plongée, location de kayak, bateau taxi, découverte de Porquerolles et des îles d’Or en vieux gréement, circuit des îles d’Hyères, sorties cétacés… J’ai été séduit par la diversité des activités. Ils ont accepté de financer mon DEJEPS en contrat d’apprentissage. L’inscription aux tests de sélection et le début de la formation tant attendue étaient enfin possibles !

Les tests comportaient un entretien de motivation et un écrit. Le sujet ? « Pour vous, que représente le public jeune pour la plongée ? » J’ai traité des adaptations physiologiques chez l’enfant et de l’importance de fidéliser les jeunes plongeurs, futurs acteurs de notre discipline. L’entretien a mis en avant ma passion, ma motivation, ma connaissance du cursus et des unités de compétence (UC). Un conseil : évitez de parler de projets d’installation hors DROM-COM ou de cursus PADI, les besoins en métropole étant prioritaires. J’ai été accepté !
Plongée, pédagogie et gestion : le programme du DEJEPS
Les cours ont débuté en janvier par l’UC1/2, axée sur la création ou la reprise d’entreprise (au CREPS de Montpellier ), avec des modules sur la réglementation, la gestion et la comptabilité. L’examen ? Un dossier présenté sous forme de diaporama. J’ai choisi : « Le développement de la plongée Tek au sein de ma structure, avec reprise de parts ». Des modèles et des anciens dossiers sont disponibles, et les professeurs sont très disponibles. Ce sont des passionnés qui ne laissent personne de côté !

Fin mars, place à l’UC3/4 ! Enfin la plongée ! Alternance de théorie, entraînements de natation, réglementation et premières leçons de pédagogie : apprentissage des baptêmes, conduite de séances sous-marines et cours théoriques.
Mi-avril, passage du VEPMSP (vérification des exigences préalables à la mise en situation pédagogique), avec un baptême et une assistance à 25 m. La validation donne le statut de stagiaire pédagogique, permettant d’exercer en tant que moniteur pendant les stages en entreprise.
Immersion totale : dans la peau d’un moniteur
Pendant les vacances de Pâques, premier stage. Baptêmes, formation N1… L’expérience est incroyable ! On se sent enfin moniteur, du moins dans l’esprit des clients ! Au retour, examens UC3 et l’épreuve du mannequin, redoutée de tous ! Elle exige entraînement et maîtrise de la ventilation : 200 m de nage rapide, apnée pour récupérer le mannequin à 10 m, tractage sur 100 m en surface. Après la récupération physique, remontée assistée évolutive depuis 25 m. L’ambiance de la promotion est excellente, l’entraide est primordiale. On se soutient mutuellement, les formateurs nous encouragent.

Les épreuves se déroulent dans une atmosphère positive. Puis vient le grand stage d’été, la première saison de plongée. On exerce pleinement le rôle de moniteur, mettant en pratique les acquis : baptêmes, formations, cours théoriques, avec le soleil, la plage, l’eau à 24° et les poissons… L’émotion est palpable ! Quoi de mieux que de vivre de sa passion ? Quelle satisfaction de voir l’émotion et le sourire des clients après un baptême ? Une semaine de formation crée des liens, transformant des clients en amis.
Entre passion et fatigue : le quotidien d’un moniteur
La plongée est une aventure humaine, où passion et motivation sont indispensables, où l’on doit parfois se transformer en psychologue. C’est un métier qui exige d’aimer les gens, de transmettre son savoir et d’être pédagogue. Je vous ai fait rêver ? Attention ! La fatigue se fait sentir en fin d’été. C’est un métier de rêve, certes, mais aussi épuisant, demandant une concentration constante et une vigilance de tous les instants pour assurer la sécurité de tous. Si le vacancier voit le moniteur bronzé, en août, nous ressemblons plus à des zombies bronzés… Mais ça vaut la peine !
Il restait une épreuve en fin de saison : l’UC4. Comment s’entraîner en travaillant ? Durant le stage d’été, nage matinale pour l’endurance ; jours de repos consacrés à l’entraînement au mannequin sur les bateaux du centre et à la préparation des supports de cours théoriques. Les séances sous-marines étaient supervisées par mon tuteur, avec des débriefings constructifs. J’ai été très bien encadré chez Espace Mer ! Les moniteurs étaient disponibles et l’autonomie et la confiance accordées m’ont permis de progresser énormément.
La saison terminée, retour aux cours et examen UC4 ! La pédagogie plongée est évaluée par une séance technique sous l’eau et un cours théorique en salle. Les sujets ? Pratique : « Incidents rencontrés en plongée pour un niveau 2 » ; Théorie : « Dissolution des gaz pour un niveau 2 ». Deux thèmes parfaitement maîtrisés grâce à l’entraînement !

Diplômé et prêt pour une nouvelle aventure
Après des rattrapages, des moments de stress, de joie et de doute, je suis enfin diplômé ! Le sésame pour encadrer, réaliser des baptêmes et former jusqu’à 40 m, avec rémunération (en France).
Pour réussir cette formation, le choix de la structure est crucial. Il faut privilégier une structure habituée à recevoir des stagiaires et dont l’équipe a du temps à consacrer à la formation ! Les saisons sont intenses et le temps est précieux ! Chez Espace Mer, l’équipe de moniteurs est suffisamment importante pour qu’il y ait toujours quelqu’un de disponible. On apprend à gérer le gonflage des bouteilles, le matériel, les briefings, les baptêmes et les formations, préparant ainsi efficacement aux examens finaux ! C’est aussi un centre de plongée qui valorise les stagiaires auprès des clients, des salariés et des partenaires. On y gagne rapidement en expérience et en autonomie. La vie et le travail se confondent, transformant les collègues en amis.
Mon diplôme en poche, je suis toujours chez Espace Mer, qui m’a proposé un emploi pour la prochaine saison. Logique : ils savent ce que je vaux ! En attendant, l’hiver est consacré au carénage et à diverses tâches de support. Eh oui, le métier de moniteur de plongée implique aussi un travail manuel : entretien des bateaux et du centre pendant la saison morte, développant ainsi la polyvalence !
En conclusion, allier travail et passion est une source d’épanouissement incomparable. Franchir le pas en valait vraiment la peine !
Cet article, initialement écrit par Lucas Cotard pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.



