Depuis mon plus jeune âge, la vie sous-marine me fascine. C’est à 12 ans que j’ai fait mes premiers pas dans l’univers de la plongée sous-marine. Aujourd’hui future niveau 3 et candidate au titre de plongeuse professionnelle avec l’obtention prochaine d’un DEJEPS* (Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport), j’ai souhaité enrichir ma formation avec un stage de plongeur biologiste de Niveau 1. Ce stage a été une véritable révélation, m’apportant une multitude de connaissances inédites sur le monde marin.

Lier passion, formation et projet professionnel
Dans ma valise, j’emporte déjà une licence de biologie, assortie d’une option éco-guide scientifique PACA. Mon objectif professionnel est clair : fusionner mes deux passions, la plongée et la biologie, pour m’engager dans la préservation et la conservation du milieu marin, notamment par le biais de suivis faunistiques. C’est au Centre de Plongée du Pradet, niché sur le port des Oursinières, que j’ai découvert la possibilité de suivre la formation PB1 (Plongeur Biologiste Niveau 1). Ce cursus, alliant cinq cours théoriques et quatre plongées, est proposé à un tarif très abordable : une occasion à saisir !

Chaque matin, sous la houlette d’Éric Flores de la Commission Bio Var, nous sommes huit à plonger dans les mystères de la Méditerranée autour d’un café et de croissants. Les cours abordent des thèmes variés : généralités de la physique maritime, découverte des biotopes, identification des grandes familles de la faune et de la flore méditerranéennes, le tout illustré d’exemples concrets et regroupés par « tribus » d’espèces.
Observer sous l’eau ce que l’on apprend sur terre
Chaque après-midi, ou le lendemain, nous partons en quête des espèces étudiées, armés des précieux enseignements reçus le matin. Par exemple, pour repérer les flabellines (des mollusques), nous recherchons également les hydraires (cnidaires), base de leur alimentation. Pour observer les planaires (vers plats aquatiques très colorés), nous partons à la recherche de clavelines, une espèce de tuniciers.

Avant chaque plongée, Éric nous informe sur le site à explorer et nous remet tout le matériel nécessaire : loupe, plaquette immergeable des espèces et lampe torche. Ces outils sont indispensables pour identifier la faune fixée sur divers biotopes, du tombant coralligène aux fonds sableux, entre 3 et 30 mètres de profondeur.
Des sites de plongée exceptionnels
À bord de l’Arlésienne, le bateau du club, nous parcourons quatre sites d’une grande diversité : la Fourmigue de Hyères, le tombant des Deux Frères (mon préféré), l’Anse au Blé et Sainte-Marguerite. Aux Deux Frères, nous avons eu la chance d’observer une murène lovée dans une gorgone, de nombreux poulpes et même des barracudas. La grotte de Sainte-Marguerite m’a également séduite ; dans ce type de site, nous prenons garde à limiter nos bulles pour ne pas perturber la faune fixée sous les surplombs.

Après chaque immersion, retour à bord pour recenser les espèces aperçues, leur famille, leur biotope. Au club, un bilan collectif est organisé : chaque palanquée inscrit ses observations sur le grand tableau. En cas de doute sur une espèce, nous consultons ensemble les guides faunistiques de la Méditerranée, pour en savoir plus.

Apprendre à observer le vivant
Ce stage m’a considérablement enrichie sur la connaissance des espèces marines. Pour protéger efficacement le milieu marin, il est essentiel de bien connaître les espèces, leur mode de vie, leur écologie. Le stage PB1 apporte toutes ces bases et conduit à porter un regard neuf sur la biodiversité sous-marine. Avant ce stage, je n’avais jamais croisé de nudibranches ; à présent, je les repère à chaque plongée et découvre leur incroyable variété de couleurs. Les éponges aussi m’ont surprise par leur diversité de formes et de nuances.

Désormais, lorsque j’utilise mon quadrat sur un tombant, je ne m’arrête plus à l’identification des espèces ; j’observe leurs interactions, qui est prédateur, qui se camoufle… L’un des temps forts reste la découverte des cnidoblastes d’anémones jaunes encroûtantes (“mimosas de mer”) à la loupe, lors de la deuxième plongée. Les détails sont fascinants ! La Méditerranée est bien plus riche et diverse qu’on ne le croit, pour peu que l’on sache l’observer.

Vers le niveau 2 de plongeur biologiste ?
Je réfléchis déjà à poursuivre avec le niveau 2, où l’accent est mis sur l’anatomie interne des espèces, avec des séances en laboratoire qui me rappelleront mes cours de biologie ! À la fin du stage PB1, nous recevons la carte de plongeur biologiste de niveau 1 FFESSM. Cette carte est délivrée en contrôle continu, sans examen, sur la base de la participation, de l’attention portée aux cours, et du respect d’un comportement écoresponsable en plongée.
Il s’agit notamment de ne pas palmer dans la posidonie (plante essentielle à la faune méditerranéenne), d’éviter de s’accrocher dans les gorgones, d’utiliser la lampe avec parcimonie dans les grottes pour ne pas perturber les espèces sciaphiles (sensibles à la lumière)… Des gestes de bon sens qui protègent notre environnement marin.
Participer à un stage de plongeur biologiste : à qui s’adresser ?
Ces stages sont organisés par les Commissions régionales environnement et biologie subaquatiques de la FFESSM. Selon votre région (Méditerranée, Atlantique, Outre-mer), le contenu sera adapté au territoire, mais les fondamentaux de sensibilisation et de préservation du milieu marin restent les mêmes où que vous soyez.
*DEJEPS : Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport
Cet article, initialement écrit par Esther Decaux pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web. Photos : Jean-Michel Riondet et Clément Leca.


