Né à Paris, Bastien Preuss ne semblait pas destiné à poser ses valises en Nouvelle-Calédonie. Pourtant, entre ses nombreuses passions et ses études spécialisées, il a su tracer un parcours hors du commun. De l’île bretonne de Hoedic à l’île d’Ouvéa, ce docteur en écologie marine et modélisation halieutique a progressivement évolué vers le monde de la plongée et de la photographie. Aujourd’hui, il se consacre à la protection du plus grand lagon du monde, alliant photographie, films en 360°, cartographie en 3D et partage d’expériences avec le grand public.
Des débuts prometteurs
> « Il était une fois, un Parisien tombé amoureux de la plongée… »

Pour Bastien, cette histoire commence effectivement avec la mer. Enfant, il passait ses étés sur l’île de Hoedic, développant très tôt un goût prononcé pour l’eau. À 16 ans, un baptême de plongée dans une piscine parisienne a été le déclencheur de sa passion. À 19 ans, il obtient son niveau 1, tout en poursuivant des études scientifiques.
L’attrait des profondeurs
Sa passion pour la plongée ne l’a jamais quitté. Chaque palier franchi était une invitation à aller plus loin. Son lien avec la nature s’est intensifié, dessinant un chemin professionnel profondément ancré dans la préservation de l’environnement. Progressivement, il a réussi à allier ses études à sa passion pour la plongée et la photographie.

Une carrière enrichissante
Bastien a eu la chance de travailler six ans à l’IRD et à l’IFREMER à Nouméa, tout en perfectionnant ses compétences en photographie sous-marine. Sa soif d’apprendre et d’explorer l’a conduit à participer aux Championnats de France de photo sous-marine à cinq reprises, représentant la Nouvelle-Calédonie avec fierté.
Une plongée déterminante
L’année 2000 a marqué un tournant : lors d’une plongée près de Wellington, en Nouvelle-Zélande, il ressent un véritable appel. L’eau froide et les paysages rocailleux lui font réaliser qu’il est temps d’explorer des horizons plus chauds, notamment ceux de la Nouvelle-Calédonie, un lieu qu’il avait toujours rêvé de visiter.

Un quotidien paradisiaque
Aujourd’hui, Bastien considère l’atoll d’Ouvéa comme son jardin. Il s’y est installé, découvrant des paysages similaires à ceux de son enfance. Le lagon, vaste et presque désert, est devenu son terrain de jeu. Plongeant environ 500 fois par an, il a cartographié près de 200 sites qu’il connaît par cœur. Sa mission est claire : utiliser ses compétences pour protéger cet écosystème unique.
La richesse du lagon néo-calédonien
Le lagon néo-calédonien se distingue par sa biodiversité exceptionnelle. Des mangroves aux récifs, chaque site offre des écosystèmes variés, abritant une faune marine riche : raies, mérous, dugongs, requins et même des cachalots. Ces eaux cristallines favorisent des rencontres infinies avec des espèces marines fascinantes.
La photo sous-marine comme art
Pour Bastien, le «Caillou» est devenu un véritable sanctuaire pour la photographie sous-marine. Les variations de lumière selon les saisons et les heures lui permettent de capturer la beauté du monde aquatique. Il ressent une connexion profonde avec la nature, cherchant à partager ses découvertes avec le monde. Au-delà de la simple pratique, il voit en ses photographies un moyen de sensibiliser le public à la fragilité de ces écosystèmes.
Sensibilisation et protection
L’objectif principal de Bastien est de mobiliser la communauté autour de la protection des eaux néo-calédoniennes. Il souhaite rendre les gens conscients des richesses de cette région et de leur nécessité de protéger ces trésors naturels. En éduquant les jeunes et en partageant ses expériences, il espère faire de chacun un gardien du lagon.
Projets futurs
En tant que photographe sous-marin, Bastien continue d’explorer de nouvelles techniques et d’améliorer son matériel. Il utilise une caméra à six objectifs capable de produire des images à 360° en 8K. À l’avenir, il aspire à intégrer des drones aériens et sous-marins à ses projets pour offrir aux futures générations une immersion totale dans cet environnement d’exception.
Dates clés
- 1983 : Naissance à Paris (14ème).
- 1999 : Baptême de plongée dans une piscine parisienne.
- 2009 : Obtention du niveau 3 (suivi des niveaux 4 et 5).
- 2012 : Thèse à l’université de Nouvelle-Calédonie sur les populations de poissons.
- 2017 : Installation à Nouméa et création de «Odyssey Diving».
- 2019 : Participation à ses cinquièmes championnats de France de photo sous-marine (meilleur résultat : 4ème en 2019).
Cet article, initialement écrit par Sophie Greuil pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.
Images © Sophie Greuil et Bastien Preuss



