Recevez nos articles exclusifs, conseils d'experts et nouvelles passionnantes directement dans votre boîte mail.
Inscrivez-vous à notre newsletter !
Recevez nos articles exclusifs, conseils d'experts et nouvelles passionnantes directement dans votre boîte mail.
Inscrivez-vous à notre newsletter !

La sole de Moïse, connue sous le nom scientifique Pardachirus marmoratus, est un poisson fascinant et unique. Contrairement à certaines idées reçues, il ne s’agit pas d’une moitié de poisson, mais plutôt d’un exemple remarquable d’adaptation évolutive à son environnement. D’où vient cette forme plate ? Pourquoi et comment a-t-elle évolué ?
Également appelée sole de lait, la sole de Moïse se distingue par sa forme comprimée et ovale, pouvant atteindre jusqu’à 25 cm de long à l’âge adulte. Comme toutes les espèces de poissons plats, elle fait partie de l’ordre des Pleuronectiformes, caractérisé par une compression latérale plutôt qu’une véritable aplatissement.
La coloration de son corps varie selon le type de substrat, oscillant entre des teintes de brun clair et foncé, en fonction du sable. Sa peau marbrée est ornée de taches claires, souvent bordées d’une zone plus foncée, avec des nuances de jaune. Les motifs s’étendent également sur ses nageoires, tandis que sa face ventrale est blanche, lui permettant de se fondre dans le fond marin.
Notons que la sole de Moïse ne possède pas de nageoires pectorales. À la place, ses nageoires dorsale et anale s’étendent sur toute la longueur de son corps, s’arrêtant juste avant la queue. De petites excroissances cutanées sont aussi visibles sur le bord de la tête.

À la naissance, les alevins de la sole de Moïse ressemblent à des poissons classiques, mais ils subissent des transformations au fur et à mesure de leur croissance. Le crâne se remodèle, et un œil migre vers un des côtés de leur corps. Pour les membres de la famille des Soleidae, cette migration se fait vers le côté droit. La forme adulte est ainsi asymétrique, avec un œil gauche ayant migré vers la droite. Cette disposition lui confère un champ de vision élargi.
L’évolution des poissons plats résulte d’une lente adaptation, soutenue par des fossiles de poissons plats vieux de 45 millions d’années. La sole de Moïse est donc un exemple parfait de cette adaptabilité, ayant su se camoufler efficacement dans son environnement.
La sole de Moïse se retrouve dans des eaux côtières peu profondes, préférant les fonds de sable et de vase à des profondeurs comprises entre 0 et 15 mètres. On l’observe fréquemment en mer Rouge et dans l’océan Indien, s’étendant du golfe Persique au Sri Lanka, jusqu’aux côtes australiennes et en Nouvelle-Calédonie.
Ces poissons se déplacent principalement sur le fond (organismes benthiques) et peuvent s’enfouir dans le substrat, laissant parfois dépasser uniquement leurs yeux. Ils adoptent une technique de chasse discrète, se nourrissant de petits poissons, crustacés, vers et autres invertébrés.
Un des atouts majeurs de la sole de Moïse est sa capacité à se camoufler. Sa forme plate et ses couleurs similaires à celles du sable lui permettent de se fondre dans son environnement, échappant ainsi à la vigilance des prédateurs et à celle de ses proies.

Le nom de genre, Pardachirus, vient du latin “pardus” désignant la panthère et “acheir”, faisant référence à l’absence de nageoires pectorales. Son nom d’espèce, marmoratus, évoque son apparence marbrée.
Le terme dextre indique que ses deux yeux sont positionnés sur son flanc droit, ce qui implique qu’elle se trouve sur son flanc gauche lorsqu’elle est au repos.
Pour se défendre, la sole de Moïse sécrète une substance ichtyotoxique, produite à la base des rayons de ses nageoires dorsale et anale. Cette substance agit comme un répulsif pour ses prédateurs.
La pardaxine, en combinaison avec d’autres substances chimiques, non seulement irrite les branchies des prédateurs mais agit également comme un puissant répulsif pour les requins.
Les Pleuronectiformes, étymologiquement l’ordre des “poissons aux côtés dissemblables”, regroupe une dizaine de familles, parmi lesquelles se trouvent les soles, flets, limandes, turbots et plies, totalisant plus de 700 espèces.
La sole de Moïse, comme d’autres espèces de soles, produit des substances toxiques qui agissent comme répulsifs contre ses prédateurs. En sécrétant une substance laiteuse ichtyotoxique, elle se défend efficacement, surtout contre les petits poissons.
Grâce à sa taille, la sole de Moïse ne représente aucun danger pour les plongeurs. Elle reste discrète et compte sur son camouflage pour échapper à l’attention. Si elle est repérée, elle a tendance à fuir.
Cet article, initialement écrit par Jean-Christophe Grignard pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.
Photos © Jean-Christophe Grignard, Illustration © Cyril Girard.