Un homard majestueux explore les fonds marins sablonneux de Cornouailles, offrant aux plongeurs une rencontre inoubliable....

Un Appel à l’Aide pour Sauver les Homards de Cornouailles : L’Initiative de l’Écloserie Nationale

Préserver le homard européen : le défi de la National Lobster Hatchery

À l’approche de son 25e anniversaire, la National Lobster Hatchery (NLH) de Padstow, en Cornouailles, se positionne comme un pilier dans la préservation du homard européen (Homarus gammarus). À l’heure où la demande explose et où la surpêche menace les populations sauvages en Scandinavie comme en Méditerranée, la NLH multiplie les actions concrètes pour assurer l’avenir de cette ressource essentielle à l’économie locale – et au plaisir des plongeurs !

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Eurasian Lobster (Homarus Gammarus) walking over sandy seabed, between reefs. Has lost left limb/ claw. Lizard Peninsula, Cornwall, UK.

Un enjeu crucial pour l’économie et la biodiversité marine

Le homard européen est l’une des espèces les plus prisées des eaux britanniques. De nombreuses communautés côtières en dépendent, tant pour la pêche que pour le tourisme. Mais la surexploitation fait peser une lourde menace sur ces populations déjà fragilisées ailleurs en Europe.

  • La demande en homard européen est en forte hausse.
  • Les stocks en Scandinavie et en Méditerranée ont quasi disparu à cause de la surpêche.
  • Les mesures de la NLH viennent compléter les dispositifs officiels de gestion des pêches.
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Pour en savoir plus sur l’état des stocks de homard européen, consultez le Marine Biological Association.

Récolter et accompagner les futures générations

Des homards femelles récoltées auprès des pêcheurs

L’élevage débute avec la collecte de femelles pleines d’œufs : les pêcheurs locaux préviennent la NLH dès qu’ils en capturent une sur le point de pondre. Un technicien se déplace alors rapidement pour assurer le transfert vers l’écloserie, où la température de l’eau est adaptée pour maîtriser le moment de l’éclosion.

  • Une femelle porte de 2 000 à 45 000 œufs selon sa taille.
  • Seulement 1 œuf sur 5 000 atteint l’âge adulte en milieu naturel.
  • La gestation dure entre 9 et 12 mois, influencée par la température de l’eau.

Les œufs, généralement libérés la nuit pour limiter la prédation, sont recueillis à l’aube et pris en charge dès leur éclosion.

Imiter la nature pour maximiser les chances de survie

Durant leurs premières semaines de vie, les bébés homards sont des proies faciles, flottant au gré des courants marins. Pour éviter une forte prédation, la NLH prend le relais durant leurs trois premiers mois. Cet élevage en système aquacole permet de suivre précisément la salinité, la qualité et le pH de l’eau, reproduisant au plus près les conditions marines naturelles.

  • Les bébés homards sont surveillés pendant les 4 premiers stades de développement.
  • Ils atteignent environ 5 cm, taille idéale avant leur relâcher.
  • Des plateaux Aquahive® en forme de nid d’abeille séparent les individus et limitent le cannibalisme.
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Lobster eggs, freshly sampled from a female lobster are transfered to a test tubes where they will be stored and tested for DNA.National Lobster Hatchery, Padstow 07.2023

Chaque Aquahive® peut accueillir jusqu’à 4 000 homards, avec une capacité totale de plus de 24 000 individus à la NLH.

Relâcher les jeunes homards : trois méthodes adaptées

Après trois mois, les petits homards sont prêts à rejoindre la mer. La NLH utilise trois techniques complémentaires pour optimiser leur survie :

  • Relâcher à terre : dans des bassins rocheux à marée basse, souvent en public, idéal pour sensibiliser les jeunes générations.
  • Relâcher en mer : depuis les bateaux des pêcheurs, à l’aide d’une lance à homard qui aspire les juvéniles jusqu’au fond.
  • Relâcher par des plongeurs : entre 400 et 600 individus transportés et libérés directement sur les fonds marins adéquats.
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A scuba diver releasing baby lobsters for The National Lobster Hatchery, Padstow. Falmouth, Cornwall. 01.11.2024

Les méthodes sous-marines sont privilégiées : elles offrent davantage de chances de survie, puisque les homards trouvent plus aisément un abri.

Après leur introduction, ils demeurent dans la zone relâchée environ deux ans, jusqu’à atteindre la maturité sexuelle.

ADN : un suivi scientifique poussé pour évaluer l’impact réel

Pour prouver l’efficacité de ce travail, la NLH collabore avec des chercheurs de l’université d’Exeter qui ont développé une méthode d’identification génétique des homards. Depuis une dizaine d’années, mères et larves font l’objet de prélèvements systématiques, créant une base de données unique.

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Juvenile European Lobsters being relased from thier Aquahive containers in a rockpool. St.Michaels Mount, Marizion, Cornwall. 06.2023

L’objectif : comparer leur ADN à celui des homards capturés dans la nature plusieurs années après leur relâcher. Si les retours des pêcheurs sont très positifs dans les zones de lâchers, cette analyse génétique fournira une preuve irréfutable du succès du programme.

Les pêcheurs, partenaires essentiels de la préservation

Au-delà de l’approvisionnement en femelles, les pêcheurs locaux participent activement à la conservation grâce à la technique de l’encoche en V. Une encoche appliquée sur la queue des femelles pondeuses signale qu’elles ne peuvent être vendues tant que l’encoche subsiste, évitant ainsi leur exploitation excessive.

  • La technique de l’encoche en V existe depuis plus d’un siècle – utilisée dès 1917 dans le golfe du Maine.
  • Cela protège la capacité de pontes tout en maintenant un stock reproducteur.
  • Depuis 2000, il est interdit de débarquer des homards à V en Grande-Bretagne.

De plus en plus de pêcheurs cornouaillais adoptent ces pratiques, renforçant l’action de la NLH auprès des populations sauvages.

Mobiliser les restaurateurs et le public local

Pour impliquer la communauté, la NLH a aussi lancé le programme « Buy one set one free » : chaque achat de homard peut s’accompagner d’un petit don, fléché vers la préservation. En 2017, une seconde écloserie a vu le jour à Newlyn, et d’autres projets similaires sont en cours.

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L’objectif : nouer de nouveaux partenariats pour étendre la recherche, l’éducation et la sensibilisation à la préservation des océans.

Le homard : un animal fascinant venu du Jurassique

Le homard partage la planète avec l’homme depuis l’époque des dinosaures ! Ses caractéristiques uniques intriguent autant qu’elles étonnent :

  • Carapace bleu foncé aux reflets jaunes, blancs et rouges.
  • Deux pinces puissantes et des antennes rouges très longues.
  • Capacité à régénérer une pince perdue lors d’un combat.

Son cycle de reproduction est complexe : la femelle doit muer avant l’accouplement, ce qui la rend vulnérable. Le couple reste uni plusieurs jours, puis la femelle pond et oxygène ses œufs jusqu’à l’éclosion, en créant un courant d’eau par mouvement de nageoires.

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Le homard européen peut théoriquement vivre près de 100 ans. Certains spécimens atteignent des records, comme celui capturé à Fowey (Cornouailles) en 1931 : 9,3 kilos et 1,27 mètre de long, avec une pince avant de 1,2 kilo !

Pour découvrir davantage sur le cycle de vie du homard et sa biologie, visitez le site de la British Sea Fishing.

Cet article, initialement écrit par Lewis Jefferies, a été adapté pour le web. Photographe : Lewis Jefferies.

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