Un requin-baleine majestueux navigue à travers un banc de poissons, illustrant la richesse de la biodiversité marine.

Un Sardine Run aux Açores

Le Sardine Run, un événement fascinant où baleines, dauphins, requins et oiseaux se délectent de grands bancs de sardines, est connu pour offrir une expérience inoubliable. Si ce spectacle est souvent associé à l’Afrique du Sud et au Mexique, il est également possible d’en profiter à proximité, autour des îles portugaises des Açores, de mi-août à fin septembre.

Un spectacle à échelle réduite

Bien que l’échelle du phénomène soit différente dans l’Atlantique, les poissons étant plus petits que les sardines habituelles, le spectacle reste remarquable. Sur la petite île de Santa Maria, nous sommes guidés par Rainer, un expert ayant accumulé des années d’expérience en Afrique du Sud. Il travaille avec un centre de plongée local qui fournit bateaux et skippers, dont l’un possède un acuité visuelle impressionnante pour repérer la vie marine. Ensemble, ils parviennent à détecter les moindres signes à la surface de l’eau et à localiser les baitballs, où les prédateurs, affamés, se régalent des poissons.

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L’ancienne station baleinière sous le phare de Maia. Les ruines sont un témoignage des temps passés. Heureusement, c’est désormais l’observation des baleines qui est à l’ordre du jour. © Claudia Weber-Gebert

Découverte d’un archipel volcanique

Santa Maria, tranquille et charmante, est située au sud de São Miguel. L’île se caractérise par son origine volcanique, culminant à près de 600 mètres au Pico Alto. Cette géologie unique façonne des paysages à couper le souffle. Deux plages de sable, São Lourenço et Praia Formosa, jalonnent son littoral, tandis que le reste de la côte est bordé de falaises escarpées rendant l’accès à la mer limité. On y trouve également des colonnes hexagonales de basalte et des cendres rouges, témoignant de l’activité volcanique. Un plateau en périphérie de l’île freine les courants marins, en particulier le Gulf Stream, apportant une riche biodiversité marine.

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Des paysages volcaniques accidentés caractérisent le monde sous-marin. Il y a peu de végétation car les tempêtes hivernales l’empêchent. © Claudia Weber-Gebert

À la recherche des baitballs

La quête commence pour observer les baitballs, créées par des bancs de bécasses (snipefishes – Macroramphosus scolopax) cherchant protection dans la masse. Ce phénomène collectif leur permet de nager plus vite et offre une protection contre les prédateurs. Les boules de poissons oscillent et changent de direction, attirant mouettes et prédateurs marins. Sous l’eau, les thons et bonites sont souvent les premiers à faire leur apparition, provoquant une agitation incroyable à la surface. Nous passons plusieurs heures en mer à rechercher ces scènes vibrant de vie.

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En général, les thons sont les premiers parmi les banc de poissons. Ils les font remonter à la surface et l’eau semble bouillir. © Claudia Weber-Gebert

Émerveillement avec les dauphins et cachalots

Lors de nos sorties, les dauphins sont nos compagnons réguliers. En neuf jours, nous observons trois espèces différentes : grands dauphins, dauphins tachetés de l’Atlantique et dauphins communs. Leur curiosité est évidente lorsqu’ils nous entourent, nagent à toute vitesse et sautent hors de l’eau. Une expérience sublime, même si nous manquons de temps pour les suivre. Nous apercevons aussi des cachalots au loin, dont l’un exécute de majestueux sauts. Bien que nous ayons des permis pour nager avec eux, ils restent prudents, nous offrant seulement la possibilité de les observer de notre bateau.

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Des cachalots peuvent être observés autour de Santa Maria toute l’année. Pour les photographier sous l’eau, il faut disposer d’un permis. © Claudia Weber-Gebert

L’héritage des baleines

La région des Açores est historiquement associée aux baleines. En témoignent les ruines d’une ancienne station baleinière près du phare de Maia, où l’on peut encore voir les vestiges des chaudrons qui servaient à transformer la graisse des baleines. Ce lieu, bien que chargé d’histoire, est maintenant un symbole de conservation, témoignant d’une époque où la chasse à la baleine était monnaie courante. Aujourd’hui, l’observation de ces animaux marins génère bien plus de profits.

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Les grands mérous qui aiment fréquenter les plongeurs, sont typiques des sites de plongée autour de Formigues. © Claudia Weber-Gebert

Retour à la chasse

Lorsque nous repérons une scène de chasse au loin, nous nous glissons délicatement dans l’eau avec palmes, masque et tuba, évitant de perturber la surface. En restant silencieux, nous avons la chance d’observer un spectacle incroyable, semblable à ceux vus en Afrique du Sud ou au Mexique. Les prédateurs plongent dans les baitballs, provoquant une agitation frénétique. Nos expériences se font principalement en snorkeling, car la rapidité de l’action ne nécessite pas d’équipement de plongée complexe. Si une baitball se dissout, il faut immédiatement remonter sur le bateau pour rejoindre la prochaine opportunité.

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Les bécasses sont capables de créer des boules parfaites semblables à des nuées d’oiseaux. © Claudia Weber-Gebert

Invités exceptionnels : les requins-baleines

Les requins-baleines, bien que rarement vus autour de Santa Maria, étaient en nombre lors de notre visite. C’est le point le plus au nord de l’Atlantique où ils peuvent être observés. Grâce à l’œil aguerri de notre capitaine, nous avons pu les approcher et nous immerger avec eux. En nageant avec leur bouche ouverte, ils aspirent tout autour d’eux, laissant peu de chances aux petites proies qui tentent de fuir. Au terme de ce festin, il ne reste que quelques bécasses, errant seules à la recherche de leur banc.

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Une fois que le requin-baleine a traversé la baitball, les petits poissons essaient de rester près de lui pour éviter d’être mangés à leur tour ! Il traîne ce qu’il reste du banc derrière lui comme une voile. © Claudia Weber-Gebert

À la recherche des requins bleus

Une journée de notre expédition est dédiée à la recherche des requins bleus. Nous nous aventurons au large pour placer un tonneau rempli de morceaux de poisson, espérant les attirer vers nous. Bien que nous croisions des thons massifs, les requins se font désirer, et seules quelques mobulas font une apparition. Après plusieurs heures dans l’attente, nous devons accepter que la nature ne garantit rien, ni la présence des requins ni la météo.

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La côte rocheuse offre des spots de plongée aussi beaux que nombreux. © Claudia Weber-Gebert

Les mobulas du mont Ambrosio

En plus de la chasse aux baitballs, nous découvrons des paysages sous-marins époustouflants lors de nos plongées en bouteille. Les origines volcaniques des Açores sont omniprésentes, et malgré l’absence de flore fixée, la faune y est riche. Le site Ambrosio, un mont sous-marin à 65 mètres de profondeur, nous offre un moment inoubliable en été, avec des raies mobulas dont les danses aquatiques émerveillent. Ce spectacle, où plus de 50 mobulas évoluent en harmonie, reste gravé dans nos mémoires.

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Les mobulas se retrouvent sur le sport d’Ambrosio. Il n’y a, à chaque fois, qu’un seul bateau de plongée sur le site, ce qui permet de profiter pleinement de leur présence. © Claudia Weber-Gebert

Un voyage inoubliable

L’aventure à Santa Maria est salie par la beauté de la vie sauvage, tant sous l’eau que sur terre. Cependant, pour ceux recherchant l’effervescence de la « grande vie », cet endroit pourrait sembler trop tranquille. Les horloges y tournent lentement, une qualité bienvenue après des journées bien remplies en mer.

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Les îles des Açores sont comme une oasis : l’abondance de poissons autour des iles de l’Atlantique est énorme. © Claudia Weber-Gebert

Pratique

  • Saison : de mi-août à fin septembre.
  • Décalage horaire : – 2 heures toute l’année.
  • Voyage : vols vers Santa Maria depuis Lisbonne et/ou São Miguel.
  • Température de l’eau : 22 à 25 °C en surface, 18 à 20 °C en plongée.
  • Expérience : pour les plongées bouteilles, une expérience des courants est requise.
  • Budget : estimation hors vol d’environ 3900 Euros.
  • Organisation : pas de voyages régulièrement planifiés.
  • Pour en savoir plus : weber-gebert@design-buero.org.
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Les mobulas, curieuses, s’approchent tout près des plongeurs et semblent apprécier leurs bulles. © Claudia Weber-Gebert

La tête hors de l’eau

Les villes en altitude sont souvent enveloppées de brouillard, alors que la côte est illuminée par le soleil. Cela permet à l’île d’être verdoyante et riche en végétation. Il est possible de faire le tour de l’île en voiture en deux heures, mais de nombreux panoramas invitent à s’arrêter. À Maia, une cascade à deux niveaux atteint environ 150 mètres de hauteur. La partie inférieure est impressionnante, tandis que la cascade supérieure ne peut être vue qu’en hauteur. Les anciennes terrasses de vignes, entourées de murs en pierre, témoignent d’une agriculture laborieuse autrefois répandue, mais négligée aujourd’hui.

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© Claudia Weber-Gebert

Cet article, initialement écrit par Claudia Weber-Gebert pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

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