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Des amphores antiques reposent silencieusement sur le fond marin, témoignant d'un riche passé maritime. #ArchéologieSousMa...

A 2500 mètres de profondeur, l’épave intacte d’un navire du XVIe siècle

La Marine nationale a récemment découvert au large de Ramatuelle (Var), à plus de 2500 mètres sous la surface, l’épave la plus profonde jamais référencée en France. Il s’agit très probablement d’un navire marchand du XVIe siècle, dont la cargaison de céramiques est quasiment intacte. Cette découverte offre une occasion unique d’étudier, à une telle profondeur, le chargement et la structure d’un navire de commerce de l’époque moderne.

Camarat 4 © marine nationale (1)
Photo Marine nationale

Découverte par une équipe du CEPHISMER

L’épave a été localisée par hasard le 4 mars dernier, lors d’une opération militaire de maîtrise des fonds marins, par une équipe du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (CEPHISMER) de la Marine nationale. La Préfecture Maritime de la Méditerranée s’est alors rapprochée du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines afin d’expertiser ce bien culturel maritime d’exception.

Le repérage a eu lieu dans les eaux territoriales françaises grâce à l’AUV grands fonds A18D (autonomous underwater vehicle) de la société Exail, déployé depuis le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) Loire.

Camarat 4 © marine nationale (7)
Photo Marine nationale

Analyse des images sonar : la première révélation

Après une plongée opérationnelle, les opérateurs ont analysé les données sonar et détecté la présence d’une épave non cartographiée. Absente des cartes marines, celle-ci a immédiatement suscité un examen visuel via la caméra de l’AUV. Les images obtenues ont été transmises au Drassm pour une première expertise.

Quelques semaines plus tard, lors de la mission CALLIOPE 25.2, une seconde descente a été réalisée sur la zone. Cette fois, un ROV (remotely operated underwater vehicle) de Louis-Dreyfus Travocean, capable d’opérer jusqu’à 4000 mètres de profondeur, a été utilisé. Mis en œuvre depuis le bâtiment Jason, ce ROV a permis de collecter des images et vidéos en couleur d’une qualité exceptionnelle, sans perturber l’intégrité du site.

Une cargaison exceptionnelle de céramiques ligures

Baptisée Camarat 4, car il s’agit du quatrième bien culturel maritime inventorié dans ce secteur, l’épave mesure 30 mètres de long sur 7 mètres de large, témoignant d’une unité de navigation conséquente. Les indices recueillis laissent penser à un navire marchand du XVIe siècle, transportant principalement des céramiques.

L’épave renferme environ 200 pichets en faïence polychrome, dont une partie demeure enfouie sous les sédiments. Ces pichets globulaires à bec pincé et à anse rubanée sont décorés de motifs variés : monogramme du Christ « IHS », ornements végétaux ou géométriques, ceinturés d’un double filet—autant d’éléments caractéristiques des productions ligures du XVIe siècle. On y trouve aussi une centaine d’assiettes, probablement de la même origine.

Au-delà de la cargaison, d’autres objets ont été repérés : ancres, canons, ainsi que deux chaudrons. De nombreux vestiges, partiellement enfouis sous le sable, attendent encore une étude approfondie.

Un potentiel scientifique inédit

C’est la première fois qu’un bien culturel maritime est répertorié à une telle profondeur dans les eaux françaises. À cette profondeur, l’épave a été préservée des dégradations humaines, notamment du pillage. Ce site offre ainsi une chance inédite pour la recherche archéologique subaquatique.

Un groupe pluridisciplinaire d’experts sera mobilisé : archéologues, céramologues, spécialistes de l’architecture navale, de l’artillerie, de la conservation ou de la restauration. Camarat 4 viendra enrichir un corpus déjà dense d’épaves du XVIe siècle, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Un jalon majeur pour l’archéologie sous-marine et la protection du patrimoine

Camarat 4 s’impose comme une découverte extraordinaire par sa profondeur et son état de conservation. Ce nouveau terrain d’étude permet à la Marine nationale et au Drassm de renforcer leur expertise et marque une avancée majeure dans l’exploration des abysses sous juridiction française.

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