Un plongeur explore l'épave majestueuse d'un navire englouti, témoin silencieux des mystères sous-marins. #Épave

Épaves de Sous-Marins : Plonger au Cœur de l’Histoire et de l’Émotion

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EXTRAIT

Des centaines de sous-marins reposent au fond des océans, de la Méditerranée au Pacifique, en passant par les eaux de l’Atlantique. Certains de ces colosses en métal, parfois remarquablement bien conservés, sont accessibles à la plongée. Leur exploration, entre histoire et tragédie humaine, suscite toujours fascination et émotion.

Rôle des sous-marins dans les guerres mondiales

Dès la Première Guerre mondiale, les sous-marins s’imposent dans les batailles navales, notamment lors de la première bataille de l’Atlantique en 1917. Pendant la Seconde Guerre mondiale, leur utilisation se généralise, avec plus de 2 500 unités naviguant entre 1939 et 1945. Ces machines deviennent des atouts stratégiques pour les nations en guerre, attaquant tant les navires militaires que les transports d’approvisionnement. Les pertes humaines sont dramatiques : parmi les 78 sous-marins français en service en 1939, seule une douzaine survivront au conflit. Des milliers de submersibles sont détruits, principalement en Atlantique.

Chaluts plongeurs
Issue : c’est par là que Jhon Capes et trois de ses camarades parviendront à quitter le sous-marin. Lui seul survivra.

La découverte d’épaves sous-marines

Aujourd’hui, des historiens passionnés et des plongeurs expérimentés continuent de redécouvrir ces épaves. Par exemple, en juillet 2023, le HMS Triumph, un sous-marin d’attaque de la Royal Navy, est localisé en mer Égée à 203 mètres de profondeur après près de vingt ans de recherches. En mai 2024, l’USS Harder, réputé pour avoir coulé le plus de navires japonais pendant la guerre du Pacifique, est découvert au nord des Philippines. Les progrès technologiques dans le domaine de la recherche sous-marine laissent présager d’autres découvertes à venir.

Plongées mystérieuses et chargées d’émotion

Beaucoup de sous-marins reposent à des profondeurs inaccessibles à la plongée autonome. Leur exploration se limite alors à des observations virtuelles via des ROV (drones sous-marins). Certains sites, bien que plus accessibles, requièrent des plongeurs techniques. D’autres, moins profonds, permettent à des plongeurs d’explorer ces vestiges historiques.

Nous vous présentons ici quelques épaves de sous-marins, parfois disparus lors de la dernière guerre, coulés volontairement ou devenus cibles d’exercices militaires. Ces structures métalliques, impressionnantes même à la surface, évoquent souvent un sentiment troublant, amplifié par le fait qu’elles peuvent être des sépultures. Pendant des décennies, les familles ont cherché des réponses sur le sort de leurs proches, qu’il s’agisse d’un père, d’un mari ou d’un grand-père. La découverte du Protée, en 1995 au large de Marseille, a suscité une profonde émotion, alors qu’il reposait avec son équipage de 74 hommes. Chaque plongée sur un sous-marin, quelle que soit son histoire, génère une expérience émotionnelle unique.

Le HMS Perseus en Grèce

Un rescapé exceptionnel

Karen doody
Crédit photo : karen Doody

Le HMS Perseus, épave située à 50 mètres de profondeur au large de l’île Céphalonie en Grèce, est l’un des rares sous-marins pour lesquels un survivant a pu témoigner. Blessé, John Capes réussit à remonter à la surface après le naufrage. Nous allons explorer son histoire fascinante.

La tragédie du 6 décembre 1941

Ce jour-là, allongé sur un lit de fortune près des tubes lance-torpilles, John lit de vieilles lettres en écoutant les annonces optimistes à bord. Les torpilles tirées avaient atteint leur cible, et l’ambiance était à la fête. En route pour Alexandrie, John n’appartenait pas à l’équipage, mais était à bord pour rejoindre son propre bâtiment. Soudain, un grondement terrifiant résonne. Les parois du sous-marin tremblent, et John est projeté contre une cloison. La panique s’installe alors que les cris fusent et que des étincelles jaillissent. Ils ont heurté une mine. 

Le sous-marin se penche, et à l’instant de l’explosion, le kiosque est ouvert. L’eau envahit rapidement les compartiments. En quelques secondes, le Perseus, presque totalement inondé, s’enfonce, emportant avec lui 61 marins.

La lutte pour la survie

Dans l’obscurité totale, John ne ressent plus que l’eau qui envahit le sous-marin. Lorsqu’il touche le fond, il réalise que la partie arrière est encore à peu près intacte. Évaluant ses blessures, il retrouve une lampe de poche grâce à laquelle il explore la salle des machines. Il découvre des corps sans vie mais parvient à secourir trois marins gravement blessés. À cet instant, le complexe de compartiments commence à subir la pression d’une explosion. La porte étanche qui se ferme est leur unique espoir.

Il leur faudra une demi-heure pour rejoindre le panneau d’évacuation d’urgence. L’eau monte dangereusement, et la température baisse rapidement. Leur situation devient critique.

Pour ouvrir le panneau, ils doivent inonder complètement le compartiment afin d’égaliser la pression. John se rend compte que leur profondeur actuelle, environ 82 mètres, menace leur survie. L’oxygène qu’ils respirent n’est pas conçu pour de telles profondeurs.

Remontée et sauvetage

John trouve une valve pour équilibrer la pression, mais la poignée est tordue. Il parvient à inonder le compartiment, ce qui permet d’évacuer. Avec douleur, il pousse les marins à l’extérieur, s’élançant en dernier. Grâce à l’appareil DSEA, ils remontent à la surface, mais John doit slalomer entre des mines sous-marines.

Une fois en surface, il est seul, après avoir nagé pendant huit heures dans des eaux glacées sur environ 8 km. Epuisé, il s’effondre sur la plage et est secouru par des Grecs, cachés en raison de l’occupation italienne. Après 18 mois, il parvient à quitter Céphalonie à bord de l’Evangelistria.

La plongée sur l’épave

À 30 mètres de profondeur, les contours de l’épave se dessinent, et à 40 mètres, le kiosque du Perseus émerge, intact. Les torpilles restent sur leurs racks, témoins silencieux d’un passé glorieux. 

Arrivant à la poupe, John et ses compagnons sont évoqués. Le trou de 50 cm de diamètre et le panneau d’évacuation ouvert rappellent la tragédie. Bien que l’épave repose à 52 mètres, la question de la survie de John demeure. En théorie, son corps aurait mis du temps à saturer en oxygène, lui permettant de vivre jusqu’à 75 ans, avant son décès en 1985. Récompensé pour son héroïsme, il reçut la British Empire Medal. En 1997, le plongeur Kostas Thoctarides retrouva l’épave sous les coordonnées 37° 54′ 00” N / 020° 54′ 00” E, avec le panneau d’évacuation laissé tel quel.

(*) DSEA : Davis Submerged Escape Apparatus (créé par Sir Robert Davis en 1910).


L’USS Apogon : Une Épave Historique dans l’Atoll de Bikini

Découvrez l’histoire de l’USS Apogon sur YouTube. Ce sous-marin fait partie des 122 submersibles de la classe Balao, conçus pour l’US Navy à partir de 1942. Capables de plonger plus profondément et de parcourir de plus longues distances que leurs prédécesseurs, chacun de ces submersibles porte le nom d’un poisson. Mais l’USS Apogon a une histoire singulière, car il repose désormais dans l’atoll de Bikini, où il a été utilisé comme cible lors d’essais atomiques.

Début de la Carrière Militaire

Mis en service en 1943, l’USS Apogon commence immédiatement ses missions militaires. Après un court séjour au large de la côte du Maine pour tester ses performances, il rejoint la flotte du Pacifique à Pearl Harbor en septembre 1943. Il effectue des patrouilles à la recherche de navires ennemis, couvrant des zones stratégiques des îles Mariannes, de l’archipel des Marshall, des Philippines, de Midway et des îles Kouriles. Sa huitième mission coïncide avec la capitulation du Japon, le 15 août 1945, après quoi il regagne sa base.

Mission Finale : L’Opération Crossroad

Après avoir été officiellement mis hors service le 1er octobre 1945, l’USS Apogon participe à une ultime mission, l’opération Crossroad. Ce programme d’essais atomiques réunit une flotte de cuirassés, porte-avions, destroyers et croiseurs, où l’USS Apogon et huit autres sous-marins déclassés servent de cibles. En mai 1946, ces submersibles arrivent sur les lieux des essais. Le premier essai, baptisé Able, a lieu le 2 juillet 1946. Bien que l’USS Apogon soit touché, il reste à flot. En revanche, lors du deuxième essai, Baker, le 25 juillet, il est placé sous la surface et coule suite à l’explosion d’une bombe sous-marine.

Une Épave Bien Préservée

L’USS Apogon se repose maintenant à 48 mètres de profondeur, bien droit sur le fond. Fait surprenant, il a subi peu de dommages visibles. L’onde de choc générée par l’explosion a provoqué des dégâts aux joints étanches, entraînant une rapide infiltration d’eau qui l’a fait sombrer. Aujourd’hui, l’épave est accessible aux plongeurs, sa profondeur variant de 43 à 48 mètres.

Un Trésor à Explorer

La coque de l’USS Apogon est en excellent état, attirant de nombreux plongeurs. Son kiosque, intact avec sa baignoire, ainsi que le pont toujours en place, offrent une plongée fascinante. 

Détails à Découvrir :

  • Jumelles de Repérage : Toujours présentes sur la passerelle extérieure, utilisées pour surveiller les ennemis.
  • Munitions Anti-Aériennes : Exposées sur le pont, déplacées là pour être observées.
  • Hélices : En parfait état et ornées d’éponges colorées, elles attirent l’œil.

La Vie Marine autour de l’Épave

L’USS Apogon est également un refuge pour la vie marine. Un impressionnant banc de poissons-hachettes nains (Parapriacanthus ransonneti), connus sous le nom de glass fishes, s’est établi sur l’épave. Leur présence contribue à camoufler certaines parties de la structure, ajoutant une dimension vivante à l’exploration de cette épave chargée d’histoire.

Le Souffleur : Épave Historique au Large de Beyrouth

Texte de Marc Langleur, photos d’Erwan Savin

Visionnez l’histoire du Souffleur sur YouTube.

Une Tragédie Sous-Marine

Torpillé au large de Beyrouth durant la Seconde Guerre mondiale, le sous-marin Le Souffleur fait partie des nombreux submersibles naufragés qui sont devenus des sépultures pour leur équipage. Le 25 juin 1941, seuls quatre des 51 membres d’équipage réussirent à rejoindre la côte.

En avril 1941, ce sous-marin appartenait à la force navale du Levant, sous le commandement du régime de Vichy, dans le cadre de la campagne en Syrie. Au début des hostilités, tous les sous-marins de cette flotte avaient pour mission de patrouiller les côtes. Le Souffleur avait pour objectif d’opérer dans le secteur sud pour attaquer les navires britanniques, avec l’ordre d’appareiller le 24 juin pour relever le Caïman au large de Ras Damour, une route habituelle pour les alliés.

Vestige
Vestige : La découverte d’objets comme sur toutes les épaves, rend plus émouvante encore l’exploration du sous-marin.

La Dernière Patrouille

Le 25 juin, le Souffleur navigue à environ trois milles nautiques de Beyrouth. Malheureusement, il souffre d’un problème majeur : ses batteries ne tiennent pas la charge, l’obligeant à faire surface fréquemment pour utiliser ses moteurs diesel pour la recharge.

Cette vulnérabilité le rend facilement repérable par le sous-marin britannique Parthian, qui lance quatre torpilles. Bien que les marins aperçoivent le sillage, il est déjà trop tard pour éviter l’impact. Une torpille frappe le bâtiment, le scindant en deux. La déflagration est violente, et le navire coule immédiatement. Parmi les 51 membres d’équipage, seul quatre, des hommes de quart, survivent et réussissent à atteindre la plage après quatre heures de nage.

Un Oubli Prolongé

Après la fin du conflit, le Souffleur sombre dans l’oubli pendant des décennies. Des pêcheurs accrochent souvent leurs filets à l’épave. Dans les années 1990, un scaphandrier professionnel remonte certains éléments de l’épave, dont des ossements. Toutefois, le silence se rétablit sur cette sépulture marine. En 2017, avec Erwan Savin, nous avons exploré l’épave afin de faire renaître son histoire. Après de longues démarches, l’été 2020 a vu l’inhumation des restes de l’équipage au cimetière militaire français de Beyrouth.

L’Épave Aujourd’hui

Reposant à 38 mètres de profondeur dans des eaux claires et tièdes, l’épave du Souffleur est située sur un fond de sable. L’explosion a séparé la partie avant, longue de 78 mètres, du reste du sous-marin. La proue, couchée sur le flanc, conserve son « coupe chaîne ». La partie principale, quant à elle, est relativement bien conservée après plus de 80 ans sous l’eau. 

  • Condition de l’Épave : Massive, légèrement inclinée sur le flanc tribord, elle présente un trou béant dans la zone de la cassure, permettant d’accéder à l’intérieur.
  • Accès et Faune Marine : Les sas d’accès de la passerelle et du kiosque sont ouverts. Des poissons-lions, des murènes et des raies pastenagues évoluent autour de cette épave emblématique.

Plongée et Découverte

Pour les plongeurs, Le Souffleur représente une opportunité fascinante d’explorer un morceau d’histoire immergé. Les conditions claires et la vie marine abondante rendent cette plongée unique.

L’U-171 : Épave Historique entre Lorient et l’île de Groix

Visionnez l’histoire de l’U-171 sur YouTube.

Un Naufrage Tragique

Le sous-marin allemand U-Boot 171 a été naufragé à 38 mètres de profondeur après avoir heurté une mine. Sa découverte par la Marine nationale n’est survenue qu’en 1982, lors d’un exercice de routine. Aujourd’hui, ce site est accessible pour les plongeurs de niveau 2, sous condition de météo favorable.

Contexte Historique

Le 9 octobre 1942, l’U-Boot 171 approche des côtes françaises après une mission de plus de 100 jours en eaux américaines. Naviguant entre Lorient et l’île de Groix, il se dirige vers sa base désignée, la 10e Flottille de combat, située sur la presqu’île de Keroman. La manœuvre se fait habituellement sous protection de navires démineurs. Pourtant, en raison d’un excès de confiance, le commandant choisit de continuer seul et heurte une mine, entraînant le naufrage du submersible quelques heures plus tard.

Survivants et Tragédie

Sur les 52 membres d’équipage, 27 survivent à l’explosion. Parmi eux, seuls 19, dont le commandant, réussissent à s’échapper de la coque en utilisant les trappes de chargement des torpilles. Le reste de l’équipage, pris au piège, disparaît dans les profondeurs, à environ 40 mètres.

Découverte de l’Épave

Ce n’est qu’en 1982 qu’un chasseur de mines de la Marine nationale découvre l’épave à la position 47° 39′ 00 » N / 003° 34′ 00 » W. Rapidement identifiée comme celle de l’U-171, l’épave est considérée comme une sépulture militaire. Il est donc interdit d’y pénétrer, bien qu’il soit possible d’observer l’extérieur, qui offre une plongée fascinante.

Exploration de l’Épave

Du Kiosque à la Poupe

La partie avant de l’U-171 est sérieusement endommagée à cause de l’explosion et de la neutralisation des munitions présentes à bord, réalisée par des plongeurs démineurs. Cependant, la structure est reconnue à partir du kiosque jusqu’à la poupe. 

  • Détails à observer :
    • L’embase du canon anti-aérien.
    • Les tubes d’aspiration d’air.
    • Les trappes de chargement des torpilles.
    • Les deux hélices encore en place.
    • Des restes de tubes lance-torpilles alentours.
    • La lentille du périscope, intacte.

Une riche faune marine, comprenant des congres et des homards, a établi ses quartiers dans cette épave.

Informations Pratiques pour la Plongée

Pour atteindre le site, comptez environ 45 minutes de navigation depuis le port de Lorient, à l’ouest de la pointe de Pen-Men à Groix. Bien que l’U-171 mesure plus de 75 mètres de long et 6 mètres de large, un sondeur est crucial pour le localiser. L’épave est peu affectée par les courants, mais la houle peut être forte. Soyez également vigilant aux cours d’eau voisins, qui peuvent réduire la visibilité en cas de pluie. Dans de bonnes conditions, la visibilité peut atteindre 20 mètres, rendant cette plongée à planifier soigneusement en fonction de la météo.de la météo. 

L’U-352 : Une Épave Légendaire de Caroline du Nord

Découvrez l’U-352 sur YouTube.

Une Épave Célèbre

L’épave de l’U-352 est probablement la plus célèbre de Caroline du Nord et l’une des plus accessibles pour les plongeurs. Située à environ 30 mètres de profondeur, elle offre un cadre idéal pour l’exploration sous-marine. En plus de son accessibilité, la richesse de sa faune, allant des rascasses volantes aux requins-taureaux, suscite un grand intérêt pour les plongeurs.

Contexte Historique

L’U-352, un sous-marin de la Kriegsmarine, a été affecté en janvier 1942 à la 3e Flottille de combat, basée au port de La Pallice (La Rochelle). Malgré son lancement en mai 1941, il n’a eu que peu d’occasions de se distinguer lors de ses deux premières patrouilles. En janvier et février 1942, il rejoint un Wolfpack en pleine Atlantique, mais ses contributions à la guerre sont nulles. En avril, l’U-352 se dirige vers les côtes de Caroline du Nord pour tenter d’endommager plusieurs navires, sans succès. Le 9 mai, il tire sur le garde-côte américain USCGC Icarus, probablement en le confondant avec un bâtiment marchand. Cette erreur conduit à sa destruction et à la perte de 15 membres de son équipage. Les 33 survivants sont capturés et internés au Canada. En 1974, George Purifoy, un passionné d’épaves, découvre l’épave à la position 34° 21′ 00 » N / 076° 34′ 59 » W.

Lieu de Plongée Attractif

Depuis sa redécouverte, l’U-352 est devenu une destination prisée dans la région des Outer Banks, qui abrite de nombreuses autres épaves. La Caroline du Nord est en effet au bord du « cimetière de l’Atlantique », où se trouvent près de 2 000 épaves des deux guerres mondiales.

Caractéristiques de l’Épave

L’U-352, avec ses 66 mètres de long, repose inclinée à 45 degrés sur son flanc tribord. Son point le plus haut émerge à 27 mètres, tandis que le fond atteint plus de 30 mètres. Cette configuration en fait une épave accessible à la plupart des plongeurs.

  • Points d’intérêt à explorer :
    • Les tubes lance-torpilles à l’avant.
    • La proue fissurée.
    • L’affût de canon.
    • Le kiosque.

Bien que l’écoutille de la cuisine soit ouverte, elle reste une sépulture militaire et l’accès est prohibé.

Biodiversité Étonnante

La richesse de la vie marine qui entoure l’épave constitue un attrait majeur. Au cours des plongées, il est fréquent de croiser des bancs de sérioles, des rascasses volantes, ainsi que des tortues, raies et mérous. Les requins-taureaux, bien que présents en nombre, sont généralement non agressifs envers les plongeurs, offrant ainsi une expérience palpitante. 

  • Faune à observer :
    • Bancs de sérioles.
    • Rascasses volantes.
    • Tortues et raies.
    • Mérous.
    • Requins-taureaux.

L’épave est également le foyer d’une biodiversité diversifiée, avec des éponges et quelques coraux qui colonisent la coque. Cependant, la visibilité varie considérablement, ne dépassant souvent pas 20 mètres, et parfois réduite à 10 mètres en cas de conditions défavorables. De plus, un courant léger est souvent présent, et la température de l’eau fluctue de 12 degrés en hiver à 26 degrés en été.

L’U-352 constitue une plongée incontournable pour les passionnés d’histoire et de vie marine. Son accessibilité, son histoire tragique et la biodiversité qui l’entoure en font un site exceptionnel à explorer. Pour les plus passionnés, une réplique de l’épave est même exposée dans un aquarium.

L’U-455 : Épave Mystérieuse de la Baie de Gênes

Découvrez l’U-455 sur YouTube.

Une Nouvelle Mission en Méditerranée

Après deux ans et demi de patrouilles en mer du Nord et dans l’Atlantique Nord, l’U-455 change de théâtre d’opérations en mars 1944 en rejoignant la 29e Flottille de combat à Toulon. Dès le mois suivant, il part pour sa dixième mission, naviguant vers les côtes d’Alger. En raison d’une menace imminente, le sous-marin demande à rejoindre les côtes italiennes. Cependant, alors qu’il entre en mer Ligure, la communication radio est brusquement interrompue, la dernière liaison remontant au 2 avril, quatre jours avant sa disparition.

Une Découverte Retardée

Ce n’est qu’en juillet 2008 que Lorenzo del Veneziano, Roberto Rinaldi et Aldo Ferucci, trois experts en plongée profonde, localisent l’épave au large de La Spezia, à 120 mètres de profondeur, précisément à la position 44° 18′ 06 » N / 009° 02′ 09 » E.

Identification et Hypothèses

L’épave est confirmée comme étant celle de l’U-455 grâce aux frères Braeuer, passionnés de l’histoire des U-Boote. Bien que les circonstances précises de son naufrage restent mystérieuses, les dommages subis suggèrent fortement une collision avec une mine. Comme pour de nombreux sous-marins naufragés, il est probable que les 51 membres d’équipage soient restés à bord.

Un Sous-Marin Dressé vers la Surface

L’U-455 présente une position inhabituelle : éventré par l’arrière, il a sombré rapidement, sa proue désormais dirigée vers la surface. Certains occupants ont peut-être vécu une agonie prolongée, piégés dans le sous-marin, rejoignant ainsi la liste des 30 000 sous-mariniers allemands décédés durant la guerre.

Exploration de l’Épave

Perspective
crédit photo Reinhard Dirscherl. Le pont du sous-marin colonisé par les éponges et les coraux, est toujours surmonté par la tour d’observation. Au premier plan, des restes de canon antiaérien.

Lorsque les conditions de plongée sont favorables, la proue de l’U-455 devient visible à partir de 70 mètres, offrant un spectacle unique. À mesure que l’on approche, des milliers d’huîtres plates sauvages, d’éponges et de gorgones recouvrent le bâtiment. L’épave abrite également de nombreux barbiers communs, ajoutant de la vie à l’environnement austère.

Le kiosque est en excellent état, le périscope de veille étant partiellement sorti, suggérant une possible explosion lors de la navigation en surface. Les mitrailleuses de 8 mm à l’arrière restent orientées vers le ciel.

Conditions de Plongée

Bien que la visibilité puisse être excellente, notamment grâce à la clarté de l’eau, le site présente des défis. De nombreux cordages et filets de pêche entourent l’épave, conséquence d’accrochages avec des chalutiers locaux. L’exploration de l’U-455 est réservée aux plongeurs expérimentés, capables de gérer les profondeurs et les conditions météorologiques clémentes.

Préparation à la Plongée

Nous recommandons de faire appel à des centres de plongée spécialisés tels que Centro Sub Tigullio ou Libeccio Tek Diving pour préparer votre expédition et bénéficier de leur expertise. Ils pourront également vous faire découvrir d’autres épaves fascinantes dans la baie de Gênes, comme celle du MT Haven.

1 – Le Protée, entre Toulon et Marseille

Sépulture et épave mythique

En 1995, une zone bien précise du plateau des Blauquières, entre Marseille et Toulon, attire l’attention des pêcheurs, qui accrochent régulièrement leurs filets. Intrigué, Henri-Germain Delauze, PDG de la Comex et passionné d’épaves, mène l’enquête. Des relevés sonar confirment la présence d’une forme spécifique. Le 6 avril, à bord de son submersible bi-place, le Remora 2000, il descend à 128 mètres de profondeur et découvre un sous-marin reposant à plat. Bien que le kiosque soit endommagé, l’épave est étonnamment bien conservée.

Le Protée, parti en patrouille au large de Marseille, a disparu le 18 décembre 1943, emportant avec lui 74 membres d’équipage. Lancé en juillet 1930, ce sous-marin océanique de 1 500 tonnes, d’environ 92 mètres de long, a effectué de nombreuses missions depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. Après l’armistice, il a rejoint la Force X à Alexandrie et a continué à agir au profit de l’armée française de la Libération. Les archives allemandes ne laissant aucune trace de son naufrage, il est probable qu’il ait heurté une mine en faisant surface.

La découverte de l’épave provoque une grande émotion au sein de la Marine nationale. Les membres de l’équipage sont restés à l’intérieur, permettant aux familles d’apprendre enfin ce qu’il est advenu de leurs proches après 52 années d’incertitude. Déclaré sépulture maritime, l’accès à l’épave est interdit. Pourtant, quelques plongeurs techniques ont pu explorer le site, et l’état remarquable de conservation du Protée, ainsi que la vie marine qui l’entoure, en font une épave légendaire.

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Armé : Le canon antiaérien du sous-marin est intact.

2 – Le Rubis, au large de cap Camarat

Un grand classique dont on ne se lasse pas !

Le Rubis est l’une des épaves les plus iconiques de la Méditerranée, régulièrement visitée par les clubs de plongée locaux. Toutefois, sa profondeur et les conditions de visibilité parfois médiocres imposent cette plongée aux plongeurs expérimentés, en bonne condition physique. La taille impressionnante du sous-marin peut également engendrer un certain stress.

Ce sous-marin mouilleur de mines, appartenant à la classe Saphir, a été lancé le 30 septembre 1931. Il fait partie d’une série de six bâtiments, dont tous sauf lui seront détruits durant la Seconde Guerre mondiale. Bien qu’il ait échappé à la destruction, il a été retiré du service en 1957 après une carrière honorable, dont un passage au sein des Forces navales françaises libres. Le 31 janvier 1958, il est volontairement immergé au large du cap Camarat, à 40 mètres de profondeur, servant de cible sonar pour la Marine nationale.

Malgré le démantèlement nécessaire pour le couler, l’épave a conservé sa structure. Les panneaux ouverts permettent d’apercevoir l’intérieur, et se tenant sur le sable à l’avant, les plongeurs peuvent avoir l’impression que le Rubis est encore en navigation.

3 – L’I-169 « Shinohara », à Truk

Un naufrage tragique qui aurait pu être évité

L’I-169, unique épave de sous-marin dans le lagon de Truk, mérite d’être mentionné. Avec une profondeur de 38 mètres, il est accessible sans difficulté majeure et ne constitue pas une sépulture de guerre, car les restes des membres de l’équipage ont été ramenés au Japon en 1973, peu après sa découverte. Toutefois, son histoire est poignante.

Lors d’une alerte aérienne, l’officier de quart, en l’absence du commandant, ordonne une plongée immédiate alors que le sous-marin est en plein ravitaillement. Les panneaux de pont ouverts et une soupape d’admission non fixée entraînent une inondation rapide du submersible, qui sombre avant que toute tentative de renflouage ne puisse être mise en œuvre. Les 32 membres de l’équipage restent piégés à bord.

4 – Les sous-marins suicides

Un fiasco pour l’armée impériale japonaise

Ces sous-marins de poche, conçus autour de la torpille type 93, étaient armés d’une charge explosive d’une tonne et demie, trois fois plus qu’une torpille classique. Utilisés par la marine impériale japonaise en fin de guerre, seuls 45 « kaiten » seront lancés, causant des pertes minimes à l’ennemi. En revanche, les pertes chez les pilotes, dues à des opérations ratées, des attaques aériennes avant le lancement et même des suicides, font de ce projet un échec retentissant.

5 – Le HMS Olympus et le HMS Stubborn, à Malte

À réserver aux spécialistes des épaves profondes

Parmi les nombreuses épaves maltaises, le HMS Olympus est particulièrement réservé aux plongeurs techniques, car il repose à 130 mètres de profondeur, à sept milles de La Valette. Heurté par une mine en 1942, le sous-marin a perdu 89 des 98 membres d’équipage, les neuf survivants ayant dû nager jusqu’à Malte. 

Sa découverte a été revendiquée en 2008, mais ce n’est qu’en 2011 que son identification a été confirmée. Le sous-marin est relativement bien conservé malgré son naufrage, et une plaque commémorative y a été installée pour rendre hommage aux victimes.

Le HMS Stubborn, coulé volontairement par la Royal Navy en 1946 pour servir de cible, est légèrement plus accessible à 57 mètres de profondeur, mais reste une plongée pour plongeurs expérimentés.

6 – L’Ariane, à Saint-Mandrier-sur-Mer

Un petit sous-marin français en zone militaire

L’épave de l’Ariane, située en zone militaire, nécessite une autorisation de la Marine nationale pour plonger. Ce petit sous-marin de 400 tonnes est posé à 30 mètres de profondeur, ce qui facilite son exploration externe. L’Ariane fait partie d’une série de sous-marins de la classe Aréthuse, lancée entre 1957 et 1958.

Après avoir été utilisé comme cible de tir, l’Ariane a été immergée près de la presqu’île de Saint-Mandrier, servant à des fins d’entraînement. Bien que l’épave soit en bon état, elle présente des marques de son passé militaire, comme une brèche dans la coque.

Cet article, initialement écrit par Isabelle Croizeau, Martin Strmiska, Marc Langueur pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.



Texte : Marc Langleur, Isabelle Croizeau et Martin Strmiska

Images : Erwan Savin, Henri-Pierre Planson, Tanya Houppermans, Aldo Ferrucci

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