Un cormoran plonge au cœur d'un banc de poissons, illustrant la beauté dynamique de la biodiversité marine.

Identifier, classer et sauvegarder ses photos : Le guide essentiel pour plongeurs photographes

Capturer la beauté du monde sous-marin à travers la photographie est une passion enrichissante. Mais après l’excitation de la plongée et la satisfaction d’avoir pris de superbes clichés, vient une étape cruciale : la gestion de ces précieuses images. Savoir identifier, classer et sauvegarder vos photos est essentiel pour pouvoir les retrouver facilement, les partager et les conserver intactes au fil du temps. Cet article vous guide à travers les outils et méthodes pour organiser votre patrimoine photographique numérique.

Comprendre les bases : formats d’image, dimensions et résolution

Une bonne gestion de vos photos repose sur la compréhension de quelques notions techniques clés. Tout commence avec l’appareil photo numérique (APN) que vous utilisez et se poursuit avec les supports informatiques qui vont traiter et afficher vos images.

Les formats d’images : RAW, DNG, JPEG et TIFF

Les APN utilisent principalement différents formats d’images, chacun ayant ses spécificités :

  • Fichier RAW : le négatif numérique. Imaginez le fichier RAW comme le négatif de l’argentique. C’est un fichier brut, non compressé, directement issu du capteur de votre appareil. Il contient toutes les informations captées, sans aucun traitement. Chaque fabricant d’APN a son propre format RAW, ce qui explique la multitude de formats existants.
    • Avantage : Offre une liberté maximale en retouche photo, permettant des ajustements précis et une qualité d’image optimale.
    • Inconvénients : Fichiers très volumineux (plus de 100 Mo par image pour les appareils récents), nécessitant un logiciel spécifique pour les « développer » et les visualiser.
  • Fichier DNG : le RAW universel ? Créé par Adobe, le DNG (Digital Negative) est un format RAW ouvert et standardisé. L’objectif était de proposer une alternative universelle aux nombreux formats RAW propriétaires. Bien qu’il gagne en popularité, il reste principalement utilisé par les smartphones haut de gamme et certains fabricants d’appareils photo comme Pentax, Samsung et Leica.
    • Avantage : Qualité d’image équivalente au RAW, potentiel d’universalité.
    • Inconvénient : Fichier lourd nécessitant également un post-traitement.
  • Fichier JPEG : le format universel et compressé. Le JPEG (Joint Photographic Experts Group) est le format d’image numérique le plus répandu. Il est compatible avec presque tous les appareils et logiciels. Sa compression, ajustable, entraîne toujours une perte de qualité, plus ou moins visible, mais définitive.
    • Avantage : Lisible partout, compression adaptable.
    • Inconvénient : Perte de qualité irréversible due à la compression.
  • Fichier TIFF : la qualité professionnelle. Le TIFF (Tag Image File Format) est privilégié par les professionnels pour sa compression sans perte ou presque. Il supporte les calques et est compatible avec les principaux systèmes d’exploitation, ce qui en fait un excellent choix pour la retouche avancée.
    • Inconvénient majeur : Fichiers très lourds, gourmands en espace de stockage.
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Sur ces deux images agrandies, on constate nettement la perte de qualité sur celle à 72 ppi.

Dimensions des images : taille et ratios

Les dimensions de vos photos, qu’elles soient destinées à l’écran ou à l’impression, sont cruciales et doivent être adaptées à leur utilisation.

  • La taille : Exprimée en centimètres (cm) ou en pouces (2,54 cm), elle correspond à la largeur et la hauteur de votre image.
  • Les ratios : Le rapport largeur/hauteur définit le format de votre image. Les ratios les plus courants sont :
    • 4/3 : Format de certains appareils compacts et des anciens écrans de télévision.
    • 2/3 : Format classique issu de l’argentique 24×36.
    • 16/9 : Format standard des écrans d’ordinateur et téléviseurs modernes, également largement utilisé en vidéo.
    • Ratios panoramiques (18/9, 21/9 et plus) : Principalement utilisés par les smartphones récents et les écrans gaming.

Définition : le nombre de pixels

La définition d’une image correspond au nombre total de pixels qui la composent. Elle s’obtient en multipliant le nombre de pixels en hauteur par le nombre de pixels en largeur. Par exemple, une image de 6000 pixels de haut et 4000 pixels de large a une définition de 24 millions de pixels, soit 24 mégapixels.

Il est important de comprendre qu’un pixel n’a pas de taille fixe. Sa taille varie en fonction de l’écran sur lequel vous visualisez l’image. Sur un écran de smartphone récent avec une haute définition, les pixels seront très petits et nombreux. À l’inverse, sur un grand écran de faible définition, les pixels seront plus gros et moins nombreux.

Résolution : la densité de pixels

La résolution, souvent confondue avec la définition, est la densité de pixels sur une surface donnée. Pour les écrans, elle s’exprime en ppp (pixels par pouce) ou ppi (pixels per inch). Une résolution de 96 ppi signifie qu’il y a 96 pixels sur une longueur de 2,54 cm. Plus la résolution est élevée, plus l’image affichera de détails sur un écran de taille identique.

Pour l’impression, on utilise le dpi (dots per inch), qui désigne le nombre de points d’encre par pouce. Pour une impression de qualité, une résolution de 250 à 300 dpi est recommandée. Pour l’affichage écran, 96 ppi est un minimum, mais 120 ppi ou plus est préférable pour les écrans modernes.

Attention à la confusion : Le terme « résolution » est souvent utilisé à tort pour désigner la « définition », même par les fabricants d’écrans ! La valeur de 72 ppi, autrefois associée aux écrans d’ordinateur, est obsolète et correspondait aux anciens écrans CRT. Les écrans actuels, comme un écran 27″ QHD (2560 x 1440 px) ont une résolution d’environ 109 ppi, et les smartphones peuvent dépasser les 400 ppi (460 ppi pour l’iPhone 12 par exemple). Les écrans de réalité virtuelle atteignent même des résolutions supérieures à 1500 ppi.

Les APN produisent généralement des images avec une résolution de 180 à 300 ppi, la valeur la plus courante étant 300 ppi. La définition, elle, varie considérablement en fonction du capteur, allant de 12 à plus de 60 millions de pixels pour les capteurs plein format. La course à la définition des capteurs entraîne une augmentation constante du poids des fichiers images.

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Les informations données par les « exils » sont donc primordiales pour analyser ses images et determiner si les réglages utilisés étaient pertinents ou non.

Les informations cachées de vos photos : EXIF et IPTC

Vos fichiers images contiennent bien plus que ce que vous voyez à l’écran. Les données EXIF et IPTC sont des mines d’informations précieuses pour l’organisation et la gestion de vos photos.

Les données EXIF : l’ADN de la prise de vue

L’EXIF (Exchangeable Image File Format) est un fichier de métadonnées intégré automatiquement à chaque image lors de la prise de vue. Il enregistre des informations techniques essentielles, telles que :

  • La date et l’heure de la prise de vue.
  • Les réglages de l’appareil : vitesse d’obturation, ouverture du diaphragme, sensibilité ISO, mode d’exposition, etc.
  • La géolocalisation GPS si l’appareil en est équipé.
  • Le modèle de boîtier et d’objectif, y compris les numéros de série.
  • Les informations de copyright et de droits d’auteur si vous les avez paramétrées dans votre appareil.

Les données EXIF sont cruciales pour analyser vos photos, comprendre les conditions de prise de vue et évaluer la pertinence de vos réglages. La plupart des appareils photo et logiciels permettent de consulter ces informations.

Les champs IPTC : enrichir vos photos avec des métadonnées

Les champs IPTC (International Press Telecommunications Council) permettent d’ajouter des informations textuelles (métadonnées) à vos fichiers images. Ces champs standardisés (jusqu’à 33 !) facilitent l’identification, le classement et la recherche de vos photos. Les données IPTC fonctionnent comme une légende ou un texte d’accompagnement intégré directement au fichier image.

Vous pouvez renseigner des informations telles que :

  • La légende de la photo.
  • Le nom de l’auteur.
  • Le lieu de la prise de vue (plus précis que la géolocalisation GPS).
  • Une description détaillée de la photo.
  • Des mots-clés pertinents pour faciliter la recherche.

Remplir les champs IPTC peut sembler fastidieux, mais c’est un investissement payant pour organiser efficacement votre photothèque et retrouver facilement vos clichés, même des années plus tard. La plupart des logiciels de retouche photo permettent de modifier les champs IPTC, image par image ou par lots.

Sauvegarder vos photos : la sécurité avant tout

La sauvegarde est une étape non négociable pour tout photographe numérique. Disques durs, clés USB, cartes mémoire… tous ces supports peuvent tomber en panne, être endommagés, perdus ou volés. Perdre des années de souvenirs photographiques à cause d’un défaut de sauvegarde serait un crève-cœur !

La règle d’or : la sauvegarde multiple. Le minimum est d’avoir au moins une sauvegarde de vos photos. L’idéal est de combiner une sauvegarde physique (disque dur, SSD) avec une sauvegardeExternal des données (cloud).

Les supports de sauvegarde physiques

  • Disques durs 3,5 pouces : le stockage massif et économique. Les disques durs 3,5″ offrent la plus grande capacité de stockage (jusqu’à 18 To) au meilleur prix par Mo. Ils sont parfaits pour les gros volumes de données et constituent une solution économique pour la sauvegarde à domicile. Ils nécessitent une alimentation électrique externe et sont moins transportables. Préférez les modèles avec une vitesse de rotation de 7200 tr/min pour un accès plus rapide aux données.
  • Disques durs 2,5 pouces : compacts et portables. Plus petits et plus légers que les 3,5″, les disques 2,5″ offrent une capacité jusqu’à 5 To et sont facilement transportables. Certains modèles sont renforcés pour résister aux chocs. Leur prix reste abordable.
  • Disques SSD : la vitesse et la robustesse. Les disques SSD (Solid State Drive) utilisent la mémoire flash, offrant des vitesses de lecture et d’écriture bien supérieures aux disques durs mécaniques. Ils sont plus rapides, plus silencieux, moins énergivores, plus légers et plus résistants aux chocs. Leur capacité peut atteindre 4 To, mais ils restent plus chers que les disques durs classiques, bien que les prix baissent progressivement.
  • NAS (Network Attached Storage) : le serveur de sauvegarde personnel. Un NAS est un boîtier équipé de plusieurs disques durs, conçu pour centraliser et sécuriser vos données en RAID (redondance des données). Configuré comme un serveur domestique, il permet d’accéder à vos photos depuis n’importe quel appareil de votre réseau local et à distance via internet. Initialement destinés aux professionnels, des modèles plus abordables sont désormais disponibles pour les particuliers. Le coût d’un NAS est plus élevé car il faut ajouter le prix des disques durs. C’est une excellente solution pour les photographes ayant un volume important de photos à sauvegarder et souhaitant un accès centralisé et sécurisé.

Les supports de sauvegarde virtuels : le cloud

La sauvegarde en ligne, ou « cloud », offre une solutionExternal pratique et accessible. De nombreux services proposent des offres gratuites ou payantes.

  • Offres gratuites : limitées mais utiles. Les offres gratuites sont généralement limitées à quelques Go (5 Go en moyenne), ce qui peut être insuffisant pour sauvegarder l’ensemble de votre photothèque. L’offre « no limit » d’Amazon Photos pour les abonnés Amazon Prime est une exception notable.
  • Offres payantes : le stockage évolutif. Les géants du web comme Microsoft (Microsoft OneDrive), Google (Google Photos), Apple (iCloud) proposent des abonnements mensuels ou annuels pour des capacités de stockage allant de 1 To à plusieurs To. Le prix se situe généralement autour de 100€ par an pour 1 à 2 To.
  • Joomeo : le cloud français dédié aux photographes. Joomeo est un service français spécialisé dans le stockage et le partage de photos, appartenant au groupe Exacompta-Clairefontaine. Avec ses serveurs situés en France, Joomeo se positionne comme une alternative intéressante aux solutions américaines, en mettant l’accent sur la confidentialité et la performance pour les photographes.

Classer et organiser vos photos : l’art de s’y retrouver

Une fois vos photos sauvegardées, l’étape suivante est de les classer et de les organiser pour pouvoir les retrouver facilement. Un bon classement commence par une arborescence logique sur votre disque dur principal.

Créer une arborescence de dossiers efficace

Définissez une structure de dossiers et de sous-dossiers qui correspond à votre façon de travailler et aux types de photos que vous prenez. Vous pouvez classer vos photos par :

  • Ordre chronologique : Par année, puis par mois, puis par événement ou sortie plongée.
  • Thématique : Par type de sujet (faune marine, épaves, paysages sous-marins, portraits de plongeurs…).
  • Lieu géographique : Par destination de plongée (Mer Rouge, Indonésie, Méditerranée…).
  • Combinaison de critères : Par exemple, année/lieu/thème.

Conseils pour un classement optimal :

  • Téléchargez rapidement vos photos : Dès que possible après votre plongée, transférez vos photos de votre carte mémoire vers votre ordinateur pour éviter toute perte accidentelle de données sur la carte.
  • Triez et nommez vos photos : Faites le ménage ! Supprimez les photos ratées, floues ou inexploitables. Renommez vos fichiers et dossiers de manière claire et descriptive. Idéalement, faites ces opérations sur les fichiers originaux pour que toutes les copies dérivées conservent vos informations.
  • Exploitez les champs IPTC : Pour un classement encore plus précis et une recherche facilitée, remplissez les champs IPTC avec des mots-clés, le lieu, les espèces photographiées, etc. Ces informations seront précieuses pour retrouver des photos spécifiques, même longtemps après la prise de vue.
  • Utilisez des logiciels de recherche performants : Pour retrouver rapidement des photos dans votre photothèque, utilisez des logiciels de recherche rapides comme « Everything » (pour Windows).
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Les albums imprimés permettent de profiter agréablement de ses images.

Optimiser vos photos pour différents usages

Si vous retouchez vos photos, travaillez toujours à partir du fichier natif (RAW ou JPEG pleine définition) et créez systématiquement une copie pour la retouche. Conservez les fichiers originaux intacts pour d’éventuelles impressions futures de qualité maximale.

Pour un usage web ou un visionnage sur écrans 4K, vous pouvez créer des copies optimisées de vos photos :

  • Photos en 4K pour écrans modernes : Créez un sous-dossier « 4K » et enregistrez des copies de vos photos recadrées au format 16/9, en définition 3840 x 2160 pixels et résolution 120 ppi. Ces images seront moins lourdes que les fichiers pleine définition (1 à 4 Mo) et parfaitement adaptées à l’affichage sur écrans 4K.
  • Albums photos : le partage convivial. Pensez à créer des albums photos physiques avec vos meilleurs clichés. La qualité d’impression est aujourd’hui remarquable et les prix abordables. C’est une façon chaleureuse de partager vos photos avec vos proches, bien plus conviviale que de les regarder sur un écran de smartphone.

En suivant ces conseils, vous serez en mesure d’identifier, classer et sauvegarder efficacement vos photos sous-marines, pour en profiter pleinement et les partager avec le monde entier !

Cet article, initialement écrit par Dominique Barray pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.

Images © Dominique Barray

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