Bien choisir son objectif, notamment sous l’eau, est essentiel pour réussir vos photographies. Voici un guide pour vous aider à faire le bon choix.
Introduction
Avant de plonger, rappelons quelques fondamentaux de l’optique et de la photographie. Mes échanges avec des photographes, qu’ils soient novices ou expérimentés, m’ont sidéré : beaucoup ignorent les principes élémentaires qui régissent l’optique, surtout en photographie sous-marine.

Caractéristiques des objectifs
Les deux caractéristiques majeures d’un objectif sont la focale (ou plage de focale pour les zooms) et l’ouverture du diaphragme. En raison de la faible visibilité sous l’eau (généralement quelques mètres), l’utilisation de gros téléobjectifs devient superflue. Il est préférable d’opter pour des focales qui permettent de se rapprocher du sujet, quelle que soit sa taille. L’objectif est d’obtenir le maximum de définition et de couleur, souvent en utilisant un flash ou un phare.

La focale
La focale (ou distance focale) est la distance entre le centre optique de l’objectif et le foyer de l’image sur le capteur, exprimée en millimètres. C’est ce paramètre qui détermine principalement l’angle de champ.
Focale réelle et équivalente
Aujourd’hui, avec la diversité des formats de capteurs numériques (compacts, hybrides, reflex, smartphones), chaque format requiert des focales spécifiques, rendant les comparaisons compliquées. Par convention, les focales sont souvent exprimées en équivalent 24 x 36 mm, référence des temps argentiques.
Par exemple, une focale standard de 50 mm offre un angle de champ de 47°. Les grand-angles sont en dessous, les téléobjectifs au-dessus. En photo sous-marine, la diffraction due à la transition air-verre-eau impacte également cet angle. Pour préserver l’angle d’origine, un dôme sphérique est requis. Les hublots plans, souvent utilisés pour les optiques macro, modifient le grossissement visuel, réduisant l’angle de champ.
En tenant compte de la taille du capteur, un coefficient multiplicateur est nécessaire pour établir la focale équivalente. Prenons l’exemple de l’Olympus TG5 : son capteur de 1/2,3″ (28,5 mm²) avec un zoom de 4,5 à 18 mm équivaut à une focale de 25-105 mm en surface. Sous l’eau, avec son hublot plan, cela se traduit par 35-140 mm, moins adapté pour la photo sous-marine.
L’ouverture
L’ouverture régule la quantité de lumière qui atteint le capteur via le diaphragme. Elle se mesure par un nombre, représenté par « f » suivi d’un chiffre. Un diaphragme complètement ouvert a un nombre d’ouverture faible (f/1.4) – plus le nombre est petit, plus l’ouverture est grande. À l’inverse, un diaphragme fermé présente un nombre élevé (f/22), signifiant une petite ouverture.
C’est un concept source de confusion. En résumé :
- Petit nombre = grande ouverture
- Grand nombre = petite ouverture
Il est crucial de comprendre que la valeur de l’ouverture affecte la composition et la qualité de l’image, notamment la profondeur de champ. Une grande ouverture (f/2.8 à f/5.6) réduit la profondeur de champ, tandis que de petites ouvertures (f/16 et plus) l’augmentent. Pour la photographie sous-marine, où la mise au point est souvent proche, cela est particulièrement pertinent.
Un objectif lumineux à grande ouverture (inférieure à f/2.8), permettant de capturer des images en faible luminosité, est généralement complexe, ce qui augmente son prix et son poids.
Les objectifs courants pour la photographie sous-marine
Les objectifs les plus adaptés à la photo sous-marine sont les grand-angulaires, car ils permettent de s’approcher tout en offrant un large angle de champ. Les zooms offrent polyvalence et adaptation. Les objectifs macro sont idéaux pour des sujets très petits.
Les fisheyes
Avec une focale courte (15-16 mm), les fisheyes fournissent un angle de champ près de 180°, ce qui crée des effets saisissants en s’approchant des sujets. Parfaits pour photographier des épaves ou des requins-baleines, leur mise au point minimale est d’environ 15 cm.

Avantages :
- Angle de champ large
- Prise de vue tout près du dôme
- Profondeur de champ importante à diaphragme légèrement fermé
Inconvénients :
- Déformations visibles (lignes courbes)
- Nécessité de se rapprocher pour un cadrage optimal
L’ultra grand-angle
Focales entre 10 et 20 mm, ces objectifs sont rectilinéaires, offrant des angles de champ de 90° à 135°. Les zooms, avec des plages autour de 16-35 mm, sont couramment utilisés.

Avantages :
- Angle de champ important, idéal pour l’ambiance
- Déformation limitée
- Distance minimale de mise au point réduite
- Polyvalence des zooms
Inconvénients :
- Prix et taille des objectifs à grande ouverture (f/2.8)
Les grand-angles
Ces objectifs possèdent des focales de 24 à 35 mm, produisant des angles de champ de 63° à 85°. Les zooms (type 24-70 mm) sont excellents pour capturer l’ambiance et les portraits animaliers.

Avantages :
- Coût plus abordable
- Adapté à la photographie animalière
Inconvénients :
- Mise au point minimale plus éloignée
- Profondeur de champ moins étendue
- Moins polyvalent que les ultra grand-angles
Les objectifs « macro »
Conçus pour rapprocher le photographe du sujet, ces objectifs permettent un rapport de grossissement jusqu’à 1/1. Par exemple, un sujet de 1 cm se projette à la même taille sur le capteur.
Macro le 60 mm
Cet objectif est souvent le plus abordable, offrant une qualité garantie, avec une mise au point minimale autour de 18 cm et une ouverture maximale de f/22 à f/32.

Avantages :
- Rapport qualité/prix excellent
- Polyvalence pour portraits et photos de poissons
Inconvénients :
- Nécessité de s’approcher à moins de 20 cm pour un grossissement maximum
Un petit téléobjectif peut également réaliser des images au rapport 1/1, avec une distance de mise au point d’environ 30 cm.
Macro le 105 mm
Ce petit objectif permet de réaliser des images avec le rapport 1/1 et une qualité optique excellente. La distance minimale de mise au point est de 30 cm et le diaphragme peut fermer jusqu’à f/32.

Avantages :
- Distance de prise de vue plus large pour approcher les sujets timides
- Positionnement d’éclairages facilité dû à la distance
Inconvénients :
- Prix, encombrement, et poids élevés (environ deux fois plus qu’un 60 mm)
Les compléments optiques
Pour les appareils photo numériques compacts, il existe diverses solutions pour modifier la focale. Les compléments optiques, fixés sur les caissons ou vissés sur les hublots, permettent de transformer un grand-angle de 24 ou 28 mm en fisheye ou ultra grand-angle, tout en conservant la possibilité d’utiliser le zoom.
Cet article, initialement écrit par Dominique Barray pour l’édition papier de PLONGEZ!, a été adapté pour le web.


